Worklife 2020 – Edition spéciale Covid 19 – Vague 2 : Comment travailler à l’heure de la pandémie

Un état d’esprit des salariés français qui s’améliore un peu dans la perspective d’une sortie du confinement, la reprise d’activité laissant toutefois émerger de nouvelles craintes... et de nouveaux espoirs

Il y a une vingtaine de jours, nous réalisions une 1ère vague d’enquête qui était à la fois rassurante – les salariés s’acclimataient plutôt bien aux nouvelles situations de travail et étaient plutôt positifs sur les actions et communications de leur entreprise – et inquiétante – la productivité et l’engagement étaient significativement en baisse, les salariés à travers le monde faisaient part de leurs fortes inquiétudes pour l’avenir, et un tiers d’entre eux déclaraient que leur état de santé, aussi bien physique que psychologique, était dégradé.

Nous avons voulu lancer une 2ème vague d’enquête, alors que le confinement se poursuit dans les différents pays, afin de savoir si les résultats allaient se stabiliser ou évoluer, approfondir des sujets qui nous sont apparus essentiels en vague 1 et aborder, déjà, la perspective du retour au travail. Cette note se concentre cette fois-ci sur les salariés français alors que le Président de la République a annoncé un déconfinement progressif à partir du 11 mai.

 

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Des salariés en télétravail toujours aussi nombreux et qui s’adaptent de mieux en mieux

 

  • 37% des salariés français interrogés travaillent toujours depuis leur domicile (proportion identique à notre 1re vague), 29% se rendent aujourd’hui sur leur lieu de travail habituel (soit 5 pts de plus qu’il y a 2 semaines). Les autres, un peu moins nombreux qu’au début du confinement, sont pour la plupart en situation d’arrêt de travail en raison de la pandémie (32% ; -5 pts).

 

  • Les salariés en situation de télétravail semblent s’être progressivement adaptés à leurs nouvelles conditions de travail. En effet, après plus d’un mois de confinement, 77% (+12 pts) d’entre eux indiquent être confiants dans leur capacité à travailler avec moins d’interactions avec leur manager, une même proportion de répondants (77% ; +8 pts) déclarent être à l’aise pour communiquer avec leurs collègues via des outils à distance plutôt qu’en face à face. En outre, une proportion moindre de salariés (16% ; – 12 pts) jugent que leur nouvel environnement de travail est moins bon que celui auquel ils étaient habitués, quand 45% le jugent aussi bon (+6 pts) et 40% meilleur (+6pts).

 

  • S’ils sont aussi positifs sur leur nouvelle situation de travail, c’est peut-être parce qu’ils déclarent plutôt bien suivre la plupart des recommandations associées au télétravail (échanger régulièrement avec leurs collègues : 88% ; prendre des pauses régulièrement : 85% ; aménager le poste de travail de manière à être bien installé : 77%), exception faite de ne pas consulter leurs emails en dehors des horaires de travail et de prévenir leurs collègues lors des moments de connexion/déconnexion, recommandations suivies par moins d’un répondant sur deux (seuls 44% le font). Au total, ¾ des salariés en situation de télétravail déclarent faire preuve aujourd’hui d’autodiscipline, soit 9 pts de plus que lors de notre première mesure.

 

 

Des managers qui jouent un rôle essentiel, entre relais d’information, animation d’équipe et soutien individuel

 

  • Un travail à distance qui, pour gagner en efficacité, doit également être facilité par le manager dont les missions doivent se poursuivre à distance. Durant cette période de crise, ils sont encore plus que d’habitude une courroie de transmission entre l’entreprise et les salariés, souvent privés du « bouche-à-oreille » habituel sur le lieu de travail. Dans ce contexte, les salariés français attendent principalement de lui qu’ils les tiennent au courant des différentes décisions prises par l’entreprise, par exemple sur le recours au chômage partiel, la date de reprise de l’activité… (51%, soit au moins 10 pts de plus que dans tous les autres pays). Relevons d’ailleurs que 40% des répondants français sont positifs sur les communications émanant de leur manager (+4pts par rapport à la V1), contre 24% qui sont critiques et 36% neutres.

 

  • Ce rôle d’information se double d’un rôle d’animateur d’équipe : les attentes exprimées ensuite sont en effet qu’il répartisse équitablement la charge de travail entre tous les membres de l’équipe (44%) et qu’il organise régulièrement des réunions d’équipes à distance, même si cette attente est moins forte que dans les autres pays (37%… vs 51% en UK, 53% aux US ou 49% en Italie).

 

  • Enfin une partie des salariés attendent un appui plus quotidien, avec un manager toujours disponible (34%) et qui mène des points quotidiens individuels (29%), voire qui définisse les missions et la to-do-list du salariés (20%).

 

Une productivité, un niveau d’engagement et un état de santé moins durement impactés que lors de la vague 1, sans qu’on puisse parler toutefois de « retour à la normale »

 

  • Nous mesurions il y a 2 semaines, qu’une majorité relative de salariés français estimaient que leur productivité avait baissé, au même titre que leur charge de travail. Le constat est toujours vrai, même si on observe une amélioration en la matière: 42% déclarent aujourd’hui que leur productivité a baissé (vs 48% en vague 1) et 40% que leur charge de travail est inférieure à « leur norme » (vs 44%).
  • On relève en parallèle un niveau d’engagement qui repart à la hausse (55% ; + 6 pts) bien que ce niveau d’engagement demeure toujours inférieur à celui que nous mesurions avant la crise (62% – étude Worklife de septembre 2019).
  • Les choses ont également tendance à s’améliorer sur la perception que les salariés français ont de leur état de santé, qu’il soit physique (ce dernier s’est dégradé selon 32% des salariés français vs 43% il y a 2 semaines) et mental (35% de dégradation vs 44% il y a 2 semaines).
    • Ceux qui indiquent se porter moins bien physiquement qu’en temps normal incriminent surtout le manque d’activité physique (59%) et une alimentation moins saine (36%). Un quart dit avoir augmenté sa consommation de cigarettes.
    • Ceux qui se sentent moins bien psychologiquement font part de leurs angoisses, globalement à l’égard du Covid (45%) et de l’avenir (45%), mais aussi et surtout pour leur propre santé et celle de leurs proches (48%). Peu de salariés français se disent angoissés par l’idée de perdre leur emploi (18%), en tout cas par rapport à ce que l’on peut observer dans les autres pays notamment en Espagne (41%), en Australie (38%) ou aux Etats-Unis (34%).

 

  • Sur l’ensemble de ces points, notons que ces jugements plus positifs positionnent les Français à des niveaux plus proches voire similaires de ceux que l’on observe dans les autres pays, ce qui n’était pas le cas au début du confinement où ces deniers étaient proportionnellement plus nombreux à avoir davantage « accusé le coup ».

 

L’état d’esprit s’améliore donc, au fur et à mesure que les Français entrevoient les esquisses d’une sortie de confinement (31% pensent pouvoir retourner au travail dans moins d’un mois, soit 3 fois plus qu’il y a 2 semaines), mais nous sommes toujours assez loin de conditions de travail normalisées, propices à une efficacité retrouvée.

 

La communication interne mise en place par son entreprise demeure bien jugée mais le besoin de réassurance existe toujours et commence à migrer vers la situation post-confinement

 

  • 70% et plus des répondants français évaluent plutôt positivement (en tout cas pas de manière négative) les communications faites par l’entreprise sur la pandémie et ses conséquences sur le business, que ce soit la communication émanant de la direction, des ressources humaines, de l’IT ou du management. Des résultats qui tendent même à se consolider, signe que toutes les parties-prenantes stratégiques de l’entreprise ont pris conscience de la nécessité de communiquer en temps de crise. Sur le sujet, les salariés français demeurent toujours un peu moins positifs que leurs homologues étrangers, qu’ils soient européens ou pas.
  • Si les attentes d’informations demeurent fortes concernant la santé des collègues (40%), ou sur les manières de travailler efficacement dans la période (31%), les Français sont à présent nombreux à souhaiter que l’entreprise leur donne concrètement des informations pratiques sur comment va se passer le retour au travail (39%).
  • Vis-à-vis de cette perspective du retour au travail, les Français affichent d’abord du soulagement (pour 39%), mais également pour une partie non-négligeable d’entre eux de la nervosité ou de la peur (29%), rendant nécessaire une communication de réassurance. Relevons que comme pour la gestion de crise, une majorité de salariés dit avoir confiance en son employeur pour organiser au mieux la reprise de l’activité de tous sur le lieu de travail (64%), contre 11% qui n’ont pas confiance et 23% qui affichent une position neutre. Notons que ce niveau de confiance est inférieur à celui que l’on observe parmi les salariés américains (83%), australiens (80%), britanniques (74%) et allemands (73%), mais supérieur à celui des salariés espagnols (58%) et italiens (53%).

 

Les niveaux d’inquiétude sur les situations sanitaire et économique tendent à se résorber légèrement, la sortie de crise étant porteuses d’espoirs (digitalisation) et de craintes (pression accrue)

 

  • Une prédominance du sentiment de soulagement et une confiance majoritaire dans la capacité de l’entreprise à bien organiser le retour au travail qui s’accompagnent d’une baisse de l’inquiétude (qui reste toutefois élevée) sur la majorité des sujets:
    • notamment s’agissant de la santé des collègues : leur santé (48% d’inquiets ; -15 pts), leur état psychologique (43% d’inquiets ; -17 pts),
    • mais également, dans une moindre mesure, sur les perspectives économiques à venir, tant d’un point de vue personnel qu’au niveau de leur entreprise : survie de leur entreprise (46% d’inquiets ; -9 pts), succès commerciaux dans les 6 prochains mois (39% d’inquiets ; -4 pts), situation économique personnelle (46% d’inquiets ; -4 pts).

 

  • Si on observe une décrue de l’inquiétude en France sur les sujets mesurés en Vague 1, nous avons intégré de nouvelles questions sur les changements susceptibles d’intervenir dans le monde du travail alors que le déconfinement se profile en France. Les salariés sont capables d’entrevoir des bénéfices pour l’entreprise lorsque les choses seront revenues « à la normale », aux premiers rangs desquels des changements positifs en matière de propreté des locaux et d’hygiène des salariés (changements en positif pour 47%), de recours facilité au télétravail (positif pour 44%) et d’utilisation accrue des outils de réunions à distance et des outils collaboratifs en interne (positif pour 39%) ou en externe (33%). Précisons que rares sont les salariés déclarant que ces différents aspects vont évoluer en négatif (la plupart estimant que les choses n’évolueront pas) et que, comme souvent, les salariés français se montrent moins enthousiastes que ceux des autres pays sur ces éléments de prospective, à l’instar des salariés allemands, eux-aussi plus prudents.

 

  • Enfin, si des bénéfices sur le travail sont à attendre en sortie de confinement, notons que 3 salariés français sur 10 pensent qu’ils auront davantage de pression et de charge de travail qu’avant le confinement, et 1 sur 5 craint un accroissement des licenciements, proportion toutefois nettement moindre que celle que nous relevons auprès des salariés espagnols (46%), ou australiens (35%).

 

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Sur le modèle de cette enquête, ITWP propose aux entreprises, à des prix très réduits, de conduire une enquête auprès de leurs collaborateurs pour garder le lien et prendre les bonnes décisions en interne durant cette période inédite.  Si votre entreprise est intéressée, vous pouvez contacter :

Delphine Martelli-Banégas
Directrice du département Corporate
dmartelli-banegas@harrisinteractive.fr
01 44 94 60 66

 

LE POINT DE VUE DE L’EXPERT :

« Cette deuxième vague d’enquête est rassurante : les salariés français semblent s’acclimater de mieux en mieux à la situation et font état de moins de critiques et préoccupations que lors de la vague 1. Les sentiments positifs, entre enthousiasme et soulagement, prédominent à l’idée de retourner bientôt au travail. Tout se passe donc comme si la perspective du déconfinement avait remis un peu de baume au cœur aux salariés. Mais nous sommes encore loin des niveaux d’engagement et de productivité habituels et il reste beaucoup à faire, pour tous les acteurs de l’entreprise, et notamment pour les managers, afin d’assurer une reprise d’activité la plus sereine et efficace possible.” Delphine Martelli-Banégas, Directrice du Département Corporate.

 

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