Réactions à l’intervention d’Emmanuel Macron le 22 juin 2022

Enquête Harris Interactive pour LCI

Enquête réalisée en ligne le 22 juin 2022, après l’intervention du Président de la République.
Échantillon de 1 205 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 23 juin,

 

Suite à l’intervention d’Emmanuel Macron, mercredi 22 juin 2022 à 20h00, Harris Interactive a été sollicité par LCI pour sonder les réactions des Français aux propos du Président de la République.

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

Notons tout d’abord que 6 Français sur 10 déclarent avoir au moins entendu parler de cette intervention soit un écho un peu moindre que les précédentes interventions du Président. A titre de comparaison, dans des circonstances bien différentes, 3/4 des Français déclaraient avoir suivi l’intervention d’Emmanuel Macron le 2 mars dernier suite au début du conflit en Ukraine.

 

Dans le fond cette intervention a été peu perçue comme étant convaincante pour les Français. Moins d’1/3 déclarent avoir été convaincus par les propos du Président de la République, un niveau faible qui traverse l’ensemble des électorats à l’exception des proches de Renaissance (84% de convaincus). L’électorat cible du Président (les sympathisants LR) n’apparait convaincu qu’à hauteur de 29%. Il faut remonter à la conférence de presse organisée à l’issue du Grand Débat national le 25 avril 2019 pour retrouver un niveau plus faible de Français convaincus (28%).

 

Dans le détail, Emmanuel Macron bénéficie néanmoins de certains qualificatifs positifs : « dynamique » (56%), « représente bien la France à l’étranger » (55%) ou encore « sachant faire preuve d’autorité » (54%) et « courageux » (50%). Néanmoins à l’issue de cette allocution une faible part de Français estiment qu’Emmanuel Macron est un Président « capable de tenir ses engagements » (34%), « rassurant » (32%) et capable de « comprendre les préoccupations des Français » (27%). Sa structure d’image – hors crise internationale – ne varie que peu.

 

L’ouverture politique proposée par Emmanuel Macron dans le cadre de son allocution est ressentie différemment selon les publics interrogés. En première approche, observons que – comme toujours – c’est la société civile qui est le mieux accueillie d’un point de vue d’opinion pour intégrer le gouvernement. 62% des Français se prononcent en faveur de l’arrivée de telles personnalités et ce quelle que soit la proximité politique des électeurs.

 

L’analyse selon la proximité politique des répondants montre des approches ouvertes et à certains égards surprenantes :

  1. Les proches de Renaissance verraient bien un arc allant de ministres socialistes (61% favorables) aux Républicains (83%) intégrant évidemment des membres de la formation soutenue par le Président. Ils sont en outre rétifs à l’arrivée de ministres tant RN que FI. Notons, malgré tout, que 20% ne s’opposeraient pas à de telles personnalités ce qui est pour le moins contre-intuitif ;
  2. Le gouvernement imaginé par les sympathisants de la France Insoumise intègre les quatre formations de la NUPES. Ni plus, ni moins. Avec, là aussi, une personne sur cinq favorables à l’arrivée de ministres RN ;
  3. Qu’en est-il des proches du Rassemblement National ? Oui à un gouvernement RN, Reconquête ! et Debout la France. Ouvrir à la France Insoumise ? Comme au sein des autres camps politiques, un cinquième s’y déclare favorable ;
  4. C’est du côté des Républicains que certaines tensions d’opinion se font jour : si 87% souhaitent que le prochain gouvernement comporte des personnalités issues de leur formation politique (ce qui est logique) 6 proches sur 10 de la formation de droite apprécieraient la présence de ministres Renaissance et RN. S’il ne s’agit pas des mêmes personnes, on voit bien ici les regards stratégiques – mais également idéologiques – qui traversent les sympathisants de cette formation politique ;

 

Au final, on le voit, les passerelles entre le centre et les formations politiques les plus à gauche et les plus à droite sont faibles. Tout comme entre électeurs FI et RN. Il faudra voir si les possibilité de nettement dépasser les clivages politiques souhaités par un cinquième de chacun de ces électorats s’accroit ou pas.

 

Outre l’ouverture gouvernementale, le Président a proposé la construction de majorités soit autour d’un contrat de gouvernement, soit autour de votes projet loi par projet de loi. Qu’en est-il d’un point de vue d’opinion ?

Deux tiers des Français sont favorables à ce que chacune des formations politiques votent au moins certaines lois présentées par le gouvernement. Dans le détail, 27% des proches de la FI indiquent qu’ils souhaitent une opposition systématique de la part de leur formation politique, 19% des proches d’EELV se positionnent de la sorte, 15% du PS, 6% des Républicains et 22% du RN.

 

Relevons en outre :

  1. Que « seuls » 79% des proches de Renaissance et même 69% des électeurs d’Emmanuel Macron indiquent qu’ils souhaitent que les députés de la formation politique majoritaire votent tous les projets de loi présentés par la majorité présidentielle ;
  2. Que 30% des électeurs LR assignent à « leurs » députés de voter toutes les lois.

 

Ainsi, après l’intervention du Président, l’appétence des Français à ce que les formations politiques – hors Renaissance – soutiennent et appuient tous les projets de loi est faible. Faut-il pour autant une opposition systématique ? Non, semblent dire les personnes interrogées. Même si, on le voit, les lignes de résistance se manifestent plus à gauche qu’à droite.

 

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