Quel impact des plateformes de locations meublées en ligne sur la vie des Parisiens ?

Comment les Parisiens perçoivent-ils le développement de logements meublés loués sur des plateformes numériques ?

Enquête réalisée en ligne du 25 février au 3 mars 2016. Échantillon de 1 000 personnes, représentatif des habitants de Paris  âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et quartier d’habitation de l’interviewé(e).

Depuis quelques années, le secteur de l’hébergement touristique est affecté en profondeur par l’offre des plateformes numériques de meublés touristiques, dont la plus emblématique est la firme californienne AirBnB. Ces sites, qui proposent à leurs utilisateurs de louer des logements meublés sur une courte durée, ont connu un essor particulièrement important à Paris, destination touristique majeure.

À la demande de l’AhTop (Association pour un Hébergement et un Tourisme professionnels), Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Parisiens sur leur perception des plateformes numériques de locations meublées. Il s’agissait notamment d’identifier les conséquences attribuées à cet essor sur la vie à Paris, que ce soit en termes de sécurité, de voisinage ou d’attractivité économique.

Que retenir de cette enquête ?

  • Les plateformes numériques de locations touristiques constituent un objet bien identifié par les Parisiens (92% en ont entendu parler), disposant d’une bonne image globale (79% bonne image) mais associées à des représentations ambivalentes : offrant certes un bon rapport qualité-prix (85%) et attentives à leur visiteurs (81%), les personnes louant leur logement par ce biais apparaissent moins respectueuses du voisinage (50%) et de la réglementation (45%).

 

  • Les personnes proposant ces locations meublées en ligne sont identifiées majoritairement par les Parisiens comme des particuliers (72%), même si la présence de professionnels n’est pas écartée pour autant (7% majorité de professionnels ; 21% autant de particuliers que de professionnels) : au final, les habitants de la capitale associent le plus souvent cette activité à un nombre peu important d’emplois (65% pas important).

 

  • À l’échelle de la ville de Paris, les habitants estiment que le développement des plateformes numériques permettra certes d’augmenter le nombre de touristes (80%), mais risque d’aggraver la situation de l’immobilier, que ce soit en termes de logements disponibles (74% jugent que cela va en réduire le nombre) ou de montants des loyers (66% pensent que cela va les augmenter).

 

  • À l’échelle de leur quartier, les Parisiens anticipent majoritairement que ce développement change le profil social des habitants du quartier (64%) et que cela diminue l’implication des citoyens dans la vie du quartier (56%), mais pas que cela diminue l’activité des commerces de proximité (35% oui, 64% non).

 

  • L’existence de logements loués en ligne dans leur arrondissement ne fait pas de doute aux yeux des Parisiens (93% pensent qu’il en existe dans leur arrondissement) ; une personne sur trois (33%) estime même qu’il existe un logement loué en ligne dans son propre immeuble, expérience à laquelle sont associées un peu plus de conséquences négatives que positives (42% contre 37%).

 

  • De façon générale, la présence d’un logement loué en ligne est surtout associée à des conséquences négatives pour l’immeuble concerné (48%, contre 24% positives), notamment en ce qui concerne la sécurité de l’immeuble (65%) et les nuisances sonores (60%), tandis que les éventuels avantages (découverte de nouvelles personnes, animation dans l’immeuble) ne sont cités que par une minorité de Parisiens.

 

  • Enfin, les Parisiens attendent un meilleur encadrement de ces pratiques : dans leur immeuble, ils souhaiteraient que les locations de logements voisins sur ces plateformes soit portées à leur attention (72%), limitées en nombre (71%) et soumises à l’accord de la copropriété ou du syndic (62%) ; ils sont très largement favorables (82%) à la règle imposant à un locataire de demander l’accord écrit de son propriétaire avant de sous-louer son logement et ils souhaitent quasi-unanimement (90%) que les revenus dégagés par cette activité soient imposables, que ce soit dès le 1er euro (35%), ou à partir d’un certain seuil (55%).

 

  • Au final, les plateformes numériques de locations meublées suscitent des jugements ambivalents aux yeux des Parisiens. Elles disposent certes d’une bonne image globale, pour une activité attribuée principalement à des particuliers et proposant un bon rapport qualité-prix.
    Mais ces plateformes sont aussi associées à des risques, tant pour la vie dans l’immeuble (sécurité, nuisance sonores…) que pour la situation de l’immobilier dans la capitale (augmentation des prix, diminution des biens disponibles pour les habitants…).
    En conséquence, les Parisiens expriment un accueil favorable aux propositions d’encadrement de ces pratiques, notamment via un droit de regard du voisinage et une fiscalisation des revenus.

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