Perceptions et comportements des Français en matière de cybersécurité

Enquête Harris Interactive pour les la Fédération Bancaire Française

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 14 au 15 septembre 2022. Échantillon de 1 014 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 05 octobre,

 

À l’heure où les contenus, les échanges et les transactions se dématérialisent toujours davantage, notamment après la crise sanitaire, la menace des cyberattaques touche la société dans son ensemble : entreprises, particuliers, jusqu’aux États eux-mêmes. La question de la sécurité numérique se pose donc avec encore plus d’importance qu’il y a quelques années. Aujourd’hui, les Français n’ont qu’une confiance relative dans les technologies du numérique, et seuls 54% souscrivent à l’idée selon laquelle on peut utiliser ces technologies en toute sécurité (cf. étude Harris Interactive pour l’INRIA, mai 2021). Si les inquiétudes tendent à s’atténuer pour certains actes de la vie quotidienne (paiement sans contact…) d’autres continuent de susciter des points de crispation majeurs (dans le médical, dans le domaine de la surveillance, de la sécurité…).

Dans ce contexte, la Fédération Bancaire Française a fait appel à l’institut Harris Interactive pour interroger le rapport des Français à la cybersécurité, et tout particulièrement en ce qui concerne leurs données bancaires. Aujourd’hui, quel est leur niveau d’inquiétude à ce sujet, notamment par rapport à d’autres enjeux (environnement, pouvoir d’achat, etc.) ? Dans quelle mesure se sentent-ils informés ou non sur la question ? Dans quelle mesure se sentent-ils protégés des risques numériques ? Pensent-ils ou non avoir les bonnes pratiques pour réduire ces risques ?

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

Les données bancaires, reconnues sensibles par les Français

S’ils sont partagés concernant des données comme leur nom (38%), leur numéro de téléphone (55%), leur adresse postale (44%) ou leur email (44%), 89% d’entre eux estiment que leurs données bancaires sont sensibles. Dans l’ensemble, les Français se montrent assez réticents à l’idée de communiquer leurs données personnelles à des tiers, et le sont davantage encore dans le cas où cette transmission se fait à distance (88% se disant réticents, contre 65% dans le cas d’une transmission en physique). Aussi, ils montrent une forte inquiétude face à la possibilité d’une attaque sur Internet impliquant leurs données personnelles, qu’il s’agisse d’une usurpation d’identité (88%), d’un piratage de données bancaires (86%), ou d’une arnaque sur le web (83%). Près d’1 Français sur 3 se dit même « extrêmement inquiet » pour chacune de ces situations. Si cette volonté de protection des données personnelles traverse la population dans son ensemble, les plus âgés apparaissent d’autant plus préoccupés.

 

Face aux situations à risque, des comportements parfois imprudents

Interrogés sur leurs réflexes face à des situations à risque, les Français déclarent adopter des comportements parfois imprudents. Ainsi, lorsqu’ils reçoivent un message douteux (offre attractive, proposition de remboursement, alerte sur des mouvements bancaires suspects,…), seuls 50% des Français déclarent ignorer le message en question. L’autre moitié des Français indique soit le consulter (34%), soit le transmettre à un tiers (8%), soit même y répondre (7%). Des comportements qui s’avèrent nettement plus fréquents chez les plus jeunes (jusqu’à 73% chez les 18-24 ans) que chez leurs aînés.

 

S’il leur arrive de consulter ce type de messages, une majorité des Français refusent systématiquement de répondre à ce genre de sollicitations. Néanmoins, 19% avouent répondre la plupart du temps lorsqu’ils reçoivent un email de leur banque les invitant à cliquer sur un lien, et jusqu’à 29% dans le cas où leur conseiller bancaire les inviterait par téléphone à faire des opérations bancaires à distance. Le téléphone apparaît donc comme un moyen de communication qui incite moins à la méfiance qu’Internet.

 

En cas de doute face à une demande de contact de la part de leur banque (SMS, email ou appel), les Français n’ont pas tous les mêmes réflexes. 67% indiquent contacter leur banquier, ce qui en fait la réaction la plus fréquente, et ce d’autant plus chez les plus âgés (78% chez les 50 ans et plus), et 32% se renseignent par leurs propres moyens en consultant sur les sites officiels dédiés. Ce comportement étant plus fréquent chez les moins de 35 ans (39% d’entre eux).

 

Au global, 1 Français sur 2 indique avoir déjà été victime d’une tentative d’arnaque aux données bancaires sur Internet, et jusqu’à 65% chez les 18-24 ans. Si la majorité des personnes interrogées indiquent avoir déjoué la tentative d’escroquerie, 7% des Français avouent avoir réellement été arnaqués par un fraudeur en ligne.

 

Conscients des dangers d’Internet, la plupart des Français mettent en place des mesures de précaution, mais ne les appliquent pas systématiquement

Environ 3/4 des Français appliquent des mesures de précaution lorsqu’ils naviguent sur Internet : vérification des éléments de sécurisation des sites, consultation des messages de sécurité reçus de la part de leur banque, renseignements sur un site avant d’y faire un achat…. En revanche, les Français se montrent moins précautionneux lorsque les mesures sont plus chronophages, comme lire les conditions générales de vente des sites marchands qu’ils fréquentent (58%).

 

Les Français qui consultent leur compte en ligne indiquent le plus souvent avoir un mot de passe unique, dédié exclusivement à cet effet (84%). Près de la moitié des interrogés mémorisent ce mot de passe (48%) et ne le notent nulle part. Les autres le conservent soit par écrit (27%) soit sur un support numérique (24%). Enfin, une courte majorité déclare changer de mot de passe régulièrement (61%).

 

Lorsqu’ils font un achat en ligne, les Français préfèrent le plus souvent utiliser leur carte bancaire (63%), et se montrent relativement peu adeptes du préenregistrement de leurs données bancaires en ligne. En effet, seuls 27% des Français ayant accès à leur compte en ligne déclarent enregistrer leurs coordonnées bancaires sur les sites marchands afin de gagner du temps. Et 38% indiquent préenregistrer leurs identifiants et mot de passe sur le site ou l’application de leur banque. Ces pratiques restent donc minoritaires mais sans être marginales, et concernent davantage les générations les plus jeunes que les plus âgées.

 

En définitive, les Français apparaissent à la fois conscients et inquiets des risques encourus sur Internet au sujet de leurs données personnelles, c’est pourquoi ils ont mis en place des mesures de protection pour la plupart d’entre eux. Néanmoins, les réponses recueillies dans le cadre de cette enquête laissent entrevoir un certain nombre de failles : consultation de certains messages à risque, mots de passe pas toujours renouvelés,… Des imprudences qui semblent plus fréquentes chez les moins de 35 ans, pourtant davantage exposés aux dangers du numérique, que chez leurs aînés.

 

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