Observatoire Parlement – Vague 1

Enquête Harris Interactive pour Séance Publique

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 23 au 26 septembre 2022. Échantillon de 1 059 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).
Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un baromètre trimestriel permettant de comprendre comment les citoyens suivent et s’approprient l’actualité du Parlement, de ses textes et de ses forces politiques. 

 

 

Paris, le 4 octobre,

 

À l’occasion de l’ouverture de la nouvelle session parlementaire, Toluna – Harris Interactive et Séance Publique lancent « Observatoire Parlement », une étude barométrique qui permet de comprendre comment les Français suivent et s’approprient l’actualité du Parlement, de ses textes et de ses forces politiques. Cette première vague d’enquête permet de faire le point en début de législature, notamment dans un contexte de majorité relative à l’Assemblée Nationale inédite, avant de mesurer les éventuelles évolutions des opinions au cours des mois et années à venir.

 

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Des institutions perçues comme ayant une faible capacité de changer la vie des Français

Parmi plusieurs institutions testées, l’Assemblée Nationale (61%), la Présidence de la République (57%) et les collectivités territoriales (56%) sont perçues comme celles ayant le plus la capacité de changer la vie des Français, bien que de façon peu majoritaire. Elles devancent la Première ministre (51%) et le Sénat (51%). Moins identifiées par le grand public, les conférences de citoyens tirés au sort et le Conseil National de la Refondation sont des institutions perçues comme ayant une faible capacité de changer les choses (respectivement 31% et 20%).

A l’avenir les Français expriment une préférence pour une prise de décision au plus proche de leur quotidien. Ainsi, près d’1 Français sur 2 (48%) souhaitent que les collectivités territoriales aient plus de pouvoir et plus d’1/3 qu’il en soit de même pour les conférences de citoyens tirés au sort (36%). Les Français expriment en revanche plutôt une volonté de stabilité concernant les deux chambres composant le Parlement (bien qu’1/4 aimerait que l’Assemblée Nationale ait plus de pouvoirs). Enfin, sans remettre majoritairement en cause la place centrale qu’occupe le Président de la République dans la Vème République, 1 Français sur 3 estime qu’il devrait avoir moins de pouvoir (36%).

 

Une attente d’opposition constructive de la part des groupes parlementaires de chaque côté des hémicycles…

Dans un contexte de rentrée parlementaire, dans cette enquête nous interrogions également les Français sur leur perception des différents groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Et bien que les Français soient majoritairement insatisfaits des différents groupes – un peu plus de 3 mois après les élections législatives aucun d’entre eux ne recueillant la confiance de plus de 4 Français sur 10 – ils se montrent un peu moins critiques vis-à-vis des parlementaires du Rassemblement National (39% de satisfaits) que des autres (34% des Français se déclarant satisfaits des parlementaires Horizons et des écologistes, 32% de Renaissance, 31% des Républicains…).

Les Français estiment par ailleurs que ces mêmes parlementaires issus du RN incarnent le mieux l’opposition au gouvernement au sein du Parlement (38%), devançant les élus insoumis (31%). Notons qu’au sein de la NUPES, les sympathisants socialistes et écologistes estiment que les élus LFI se montrent de meilleurs opposants que les parlementaires issus des formations dont ils se sentent proches (qu’il s’agisse d’élus socialistes ou écologistes).

Cette plutôt bonne perception des élus « frontistes » s’explique notamment par les attentes que les Français expriment vis-à-vis de ces groupes d’opposition. L’attitude attendue n’est pas celle d’un blocage des institutions mais plutôt celle d’un dialogue avec le gouvernement, pouvant parfois mener à voter les projets de loi. A ce titre, les sympathisants des différentes formations politiques d’opposition attendent majoritairement de leurs élus qu’ils décident au cas par cas de voter ou s’opposer aux projets de loi portés par le gouvernement. Cette attente de dialogue se retrouve à la fois parmi les proches de LFI et du RN dont seulement un quart souhaitent voir leurs parlementaires s’opposer systématiquement sur tous les textes et chez les proches de Renaissance qui pour un tiers d’entre eux estiment que leurs députés doivent pouvoir évaluer chacun des textes proposés par l’exécutif et s’y opposer lorsque cela est nécessaire. Ni godillots ni frondeurs, donc. En ce début de législature, les Français semblent plutôt bien s’accommoder d’un Parlement qui ferait la part belle aux compromis et au dialogue.

 

… et une situation de majorité relative et de recherche de compromis perçue positivement par les Français

Alors que les élections législatives de 2022 ont abouti à une situation de majorité relative à l’Assemblée Nationale, 7 Français sur 10 estiment que cette situation est plutôt une bonne chose car cela incitera les députés de la majorité à dialoguer avec d’autres formations politiques pour aboutir à des compromis. Cet accueil positif est partagé par les sympathisants de toutes les formations politiques d’opposition, et même près d’1 sympathisant sur 2 des proches de la majorité (45%) estime que c’est une bonne chose.

Dans cette situation, une même proportion de Français estime que le gouvernement ne devrait pas avoir recours à la procédure du 49.3 pour faire adopter ses textes, une opinion largement majoritaire au sein de l’opposition mais également largement partagée par les sympathisants de la majorité (61% d’entre eux estiment en effet que le gouvernement ne devrait pas y avoir recours). Une nouvelle illustration de l’attente de dialogue et d’ouverture exprimée par les Français.

Au final, si les élections législatives avaient lieu de nouveau dimanche prochain une moitié de Français souhaiterait que Renaissance dispose de nouveau d’une majorité à l’Assemblée Nationale, dont 19% une majorité absolue et 30% une majorité relative. Les proches de LFI, du RN et de Reconquête partagent très majoritairement leur souhait d’une cohabitation (bien qu’entre un quart et un tiers d’entre eux expriment des réserves vis-à-vis de cette issue). Les sympathisants socialistes, écologistes et plus encore Républicains se montrent davantage partagés : la moitié à gauche et même les deux tiers à droite verraient « d’un bon oeil » l’élection d’une nouvelle chambre dont la majorité (de préférence relative) serait de la même couleur politique que le Président de la République. Enfin, les Français se reconnaissant dans la formation politique d’Emmanuel Macron ne sont qu’une moitié à espérer une majorité absolue, confirmant la part d’entre eux favorable à un rapport plus équilibré au sein des hémicycles.

Bien entendu, ce regard clément porté par les Français sur un Parlement qui légifère dans le compromis a été mesuré dans un contexte de début de législature, alors que les premières mesures en faveur du pouvoir d’achat des Français ont pu être votées sans tension majeure. En sera-t-il de même sur des textes davantage clivants mis à l’agenda des prochains mois ? Cet observatoire s’efforcera, entre autre, à mesurer les éventuelles évolutions de cette perception.

 

Le regard des Français sur le Conseil National de la Refondation : une perception lointaine et mitigée

Enfin dans cette enquête nous questionnions également les Français sur le Conseil National de la Refondation. Si un peu plus d’1 Français sur 2 (56%) déclare à l’heure actuelle en avoir entendu parler, une fois présenté l’objet de ce CNR, seuls 4 Français sur 10 estiment que sa mise en place est plutôt une bonne chose, 22% que cela est plutôt une mauvaise chose, tandis qu’1/3 des Français n’a pas d’opinion sur le sujet. On note toutefois que les Français déclarant en avoir une idée précise (soit 19% des Français) en ont une image plus mitigée encore : si 38% estiment ainsi que cela est une bonne chose, une même proportion partagent l’opinion inverse (40%).

En accord avec cette nouvelle méthode créée par Emmanuel Macron, les sympathisants de la majorité présidentielle estiment dans l’ensemble que le CNR est plutôt une bonne chose, à l’instar des proches du PS (61%), de EELV (49%) et des Républicains (44%), tandis que les sympathisants des autres formations d’opposition se montrent davantage partagés, sans pour autant rejeter en bloc cette initiative.

 

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