Observatoire des professeurs des écoles débutants

Observatoire des professeurs des écoles débutants

Etude Harris Interactive pour le SNUipp

Consultation réalisée en ligne du 25 avril au 21 mai 2013. Echantillon de 1544 professeurs des écoles ayant cinq ans ou moins d’ancienneté, à partir d’un fichier de contacts fourni par le SNUipp.

Paris, le 12 juin 2013 – Depuis 2001, dans le cadre de son Observatoire des professeurs des écoles débutants, le SNUipp-FSU interroge tous les trois ans les professeurs des écoles récemment diplômés. A la demande du SNUipp, Harris Interactive a réalisé la cinquième vague de cet Observatoire. Il s’agissait alors de revenir sur les débuts des professeurs des écoles, sur leurs perceptions du métier et de l’Ecole, aujourd’hui et pour l’avenir, dans un contexte où l’Education, portée au rang de priorité du quinquennat par François Hollande, fait l’objet de réformes.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

Alors même que François Hollande avait fait de l’Education et de la refondation de l’Ecole une de ses promesses de campagne et priorités de son quinquennat qu’il souhaitait être le « quinquennat de l’Ecole », une forme de morosité semble toujours être de mise parmi les enseignants débutants. Ce qui a constitué une des thématiques importantes de la campagne ne semble pas avoir suscité de sursaut d’optimisme quant à la capacité de l’Ecole à assurer la réussite de tous. Nous relevons toujours que les enseignants ne sont ni rassurés quant à la possibilité d’assurer leur métier dans de bonnes conditions, ni que leur confiance n’apparait renforcée quant à leur capacité à remplir les missions de l’Ecole.

 

1. Devenir professeur des écoles, le fruit d’une vocation et d’un désir de travailler avec des enfants

  • Le souhait de vouloir devenir professeur des écoles remonte à l’adolescence ou à l’enfance, pour 43% des enseignants1.
  • La majorité d’entre eux déclare avoir voulu le devenir du fait d’une forte attirance pour le métier d’enseignant, d’une vocation (73%), mais également par désir d’être avec des enfants (56%).

 

2. Une satisfaction en baisse quant à leurs débuts dans le métier par rapport à 2010, même si la majorité des enseignants se dit satisfaite, et ce malgré une formation qualifiée d’insatisfaisante

  • Les enseignants se montrent majoritairement satisfaits de leurs débuts dans le métier (62%), et satisfaits de la réalité du métier par rapport à l’idée qu’ils s’en faisaient (71%), en dépit d’une certaine crispation par rapport à la dernière vague qui se traduit par une baisse de 10 points2 de ces deux niveaux de satisfaction.
  • A leurs débuts, il leur aurait principalement manqué des connaissances : connaissances de ce qu’est la réalité d’une classe (36%), connaissances pédagogiques (31%), connaissances de la charge de travail à fournir (30%). Les enseignants portent d’ailleurs un jugement relativement sévère à l’égard de leur formation, qu’ils jugent insatisfaisante à hauteur de 71% (+ 10 pts par rapport à 2010).
  • Par rapport à l’idée qu’ils se faisaient du métier, les plus grandes différences perçues par les enseignants concernent le temps de travail en dehors des heures d’enseignement.

 

3. Au quotidien, des enseignants attachés à la polyvalence de leur métier et à la réussite de leurs élèves, qui soulignent alors la charge de travail que cela implique

  • Le lien quotidien avec les élèves apparaît comme la principale source de satisfaction au quotidien, les relations avec les élèves (61%), la réussite de leurs élèves (61%), et le fait de transmettre des connaissances (54%) se trouvant en tête des éléments de satisfaction identifiés par les enseignants.
  • Le temps que prend le travail de préparation se trouve quant à lui en tête des problèmes rencontrés au quotidien (69%), devant l’échec persistant de certains élèves (62%), et les différences de niveaux au sein de leur classe (62%).

 

4. Un métier perçu comme étant dévalorisé aux yeux de la société, dans une Ecole qui n’aurait plus les moyens d’assurer la réussite de tous et dont les premières priorités devraient être l’épanouissement des enfants et la transmission des connaissances

  • 91% des enseignants ont le sentiment d’exercer un métier plutôt dévalorisé aux yeux de la société actuelle.
  • L’Ecole serait un moyen parmi d’autres de l’ascension sociale pour 49% des enseignants, mais par rapport à 2010, une proportion moindre considère que l’Ecole reste le meilleur moyen de l’ascension sociale (33%, -5 points), considérant alors davantage qu’en 2010 que l’Ecole n’est plus le meilleur moyen de cette ascension sociale (17%, +3 points).
  • Seuls 5% estiment que la réussite de tous les élèves peut être atteinte dans l’Ecole d’aujourd’hui, 92% jugent que cela ne peut être le cas que dans une Ecole transformée.
  • Malgré tout, la réduction des différences sociales n’est pas placée en tête des priorités de l’Ecole, qui seraient plutôt l’épanouissement des enfants (52%) et la transmission de connaissances (47%).

 

5. L’échec scolaire, avant tout le fruit d’une surcharge des classes et des programmes selon les enseignants

  • Les effectifs trop importants par classes seraient l’élément qui explique le mieux l’échec scolaire (77%). Parallèlement, le contenu des enseignements semble être, lui aussi, au cœur des facteurs de l’échec scolaire selon les enseignants, la surcharge des programmes (51%, +15 pts), l’inadaptation des contenus scolaire (21%, +7 pts) ainsi que celle des contenus pédagogiques (16%, +5 pts) étant les éléments connaissant la plus forte hausse par rapport à 2010.
  • 52% des professeurs des écoles se disent d’accord avec l’idée qu’il faut, pour lutter contre l’échec scolaire, recentrer l’enseignement au primaire sur les fondamentaux : lire, écrire, compter, quitte à délaisser certaines matières (+ 15 pts) et 52% considèrent que limiter les redoublements au primaire pour les élèves en difficulté est une plutôt mauvaise chose (+7 pts).

 

6. A l’avenir, les enseignants plaident pour une action sur les facteurs de l’échec scolaire, tout en faisant preuve d’un certain scepticisme à l’égard des premières réformes de la refondation de l’Ecole

  • A l’avenir il faudrait en priorité, selon les enseignants, baisser le nombre d’élèves par classes (79%), développer le travail en petits groupes d’élèves (51%, +10 pts), et doter les écoles de plus de maitres que de classes (46%, -8 pts).
  • Concernant la réforme de la rentrée 2013, 61% des professeurs des écoles estiment que la redéfinition des contours de la formation des enseignants va dans le bon sens, proportion qui descend à 42% en ce qui concerne l’introduction de l’Aide Pédagogique Complémentaire à la place de l’Aide Personnalisée, et seulement 31% concernant la modification des rythmes scolaires.

 

7. Des syndicats d’enseignants qui bénéficient d’une bonne image auprès des professeurs des écoles qui attendent surtout qu’ils agissent pour l’amélioration des conditions de travail

  • Dans leur ensemble, les syndicats enseignants bénéficient d’une bonne image auprès d’une majorité d’enseignants (77%), proportion qui atteint 84% lorsqu’il s’agit du SNUipp, dont l’action est perçue particulièrement satisfaisante en termes de fourniture de services (83%), de défense des enseignants face à l’administration (71%) ou d’aide pour la carrière (69%).
  • Les professeurs des écoles attendent avant tout des syndicats qu’ils agissent pour l’amélioration des conditions de travail (79%, +8 points) et qu’ils fassent des propositions pour la transformation de l’Ecole (58%, +5 points), 37% d’entre eux considérant d’ailleurs qu’ils ne font pas assez de propositions pour améliorer le fonctionnement de l’Ecole, alors qu’ils estiment à hauteur de 84% que c’est leur rôle d’être acteur des débats éducatifs et pédagogiques au sein de l’école.

 

8. Questions d’ordre général : des enseignants positionnés plutôt à Gauche de l’échiquier politique

  • La majorité des enseignants indique s’intéresser à la politique (61%) et se positionnent plutôt à Gauche de l’échiquier politique.
  • En termes de valeurs, les concepts de « laïcité », « écologie » et « République » se distinguent comme les trois termes perçus les plus positivement par les enseignants (respectivement 91%, 88% et 86%).
  • Sur une échelle allant de 1 à 5, 1 signifiant qu’il faut changer complètement la société et 5 qu’il ne faut pas du tout la changer, 62% des enseignants se placent aux niveaux 1 ou 2 (dont 19% sur le niveau 1), 33% au niveau 3 et 4% au niveau 4, 0% des enseignants considérant qu’il ne faut pas du tout changer la société.

 

1 Dans le cadre de cette note de synthèse, le terme « enseignants » ou « professeurs des écoles » renvoie aux professeurs ayant répondu à cette consultation.
2 Les rappels présentés dans cette note de synthèse sont issus de la quatrième vague de l’Observatoire, réalisée par l’institut CSA en auto-administré en Juin 2010.

 

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La note détaillée

L’ensemble des résultats

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