Municipales 2020 : Quels enjeux à quelques jours du 1er tour ?

Enquête Harris Interactive x Agence Epoka pour TF1-LCI et RTL

Enquête réalisée en ligne du 6 au 10 mars 2020. Échantillon de 848 personnes habitant une commune de 10 000 habitants et plus, issu d’un échantillon de 1 490 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : Sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et vote aux élections précédentes pour les intentions de vote.

 

A quelques jours du premier tour des élections municipales quels sont les principales tendances relevées par  Harris Interactive ?

 

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  1. Un vote sanction ?

63% des Français se déclarent tout à fait certains d’aller voter. Soit une proportion sensiblement identique à celle observée en 2014. Assez logiquement les jeunes sont moins enclins à se déplacer (49%) que les personnes âgées de 50 ans et plus (72%).

On a souvent observé une abstention sanction des électeurs de la majorité en place : électorat socialiste en 2001 (catégories populaires critiques, préfigurant 2002), de droite en 2008 (déstabilisé par un Président vu comme trop « bling bling »), socialiste à nouveau en 2014 (ne se retrouvant pas dans les valeurs portées par François Hollande). Dans un contexte où très peu de maires sortants sont issus de La République En Marche, dans un contexte où l’électorat de la majorité a muté entre 2017 et 2019 (penchant à gauche au moment de l’élection présidentielle, à droite lors des européennes) l’évaluation d’une abstention sanction de la part de l’électorat d’Emmanuel Macron peut apparaitre difficile à évaluer. Actuellement, 71% des proches de la formation majoritaire indiquent qu’ils ont l’intention d’aller voter. Nous mesurons la même proportion au sein de l’électorat de premier tour d’Emmanuel Macron. Soit, on le voit, une propension à déserter les urnes relativement ténue.

Lorsque la question est frontalement abordée, 60% des électeurs indiquent que leur vote n’aura aucun rapport avec le jugement sur la politique de l’exécutif, 11% un soutien, 28% une insatisfaction. On se rappelle qu’en 2014… 3% seulement des Français s’étant déplacés avaient souhaité exprimer un soutien à François Hollande, 20% une insatisfaction.

70% des électeurs d’une liste de droite comme 66% des électeurs d’une liste du centre ou de la majorité indiquent ne pas prendre en considération l’action d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe. Le vote d’opposition étant marqué par 39% des électeurs de gauche comme par un proche du RN sur deux.

 

  1. Un vote percuté par le coronavirus ?

Dans un contexte où le Coronavirus est présent dans tous les esprits (comme l’illustre ce nuage de mots de ce à quoi le Coronavirus est associé), nous observons– à quelques jours du scrutin – un risque de désaffection des urnes.

32% des Français estiment qu’il y a un risque élevé d’être exposé au coronavirus en se rendant dans un bureau de vote. Contre-intuitivement, ce sont plutôt les jeunes (49% des moins de 35 ans) que les personnes âgées (13% des 65 ans et plus) qui considèrent la probabilité forte. Une des clefs d’explication se trouve peut-être dans cette donnée : plus de 40% des personnes ayant des enfants à domicile considèrent le risque comme élevé. A ce critère générationnel s’ajoute un autre, social : 34% des CSP+ affirment qu’il est élevé, 44% des CSP-. Au final, 35% des sympathisants de gauche sont moins sereins que les proches de la droite (19% évoquent un risque).

 

  1. Un vote cristallisé ?

Pas tout à fait. En cette période de « drôle de campagne », 32% des Français affirment pouvoir encore changer d’avis. Il s’agit notoirement des jeunes (43% des moins de 25 ans), des électeurs se déclarant proches d’EELV (40%), ainsi qu’un tiers des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ou d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle (37%). Rappelons qu’aux dernières élections européennes, 38% des électeurs s’étaient décidé au dernier moment et que cette proportion avait atteint plus d’un jeune sur deux (51% des 25/34 ans).

 

  1. Un vote écolo en force ?

47% des électeurs indiquent qu’ils pourraient voter pour une liste EELV. L’attractivité est d’autant plus forte que les répondants sont jeunes (54% des moins de 35 ans contre 29% des 65 ans et plus). Les écologistes attirent notamment 60% des proches du Parti Socialiste et 54% des électeurs d’Emmanuel Macron. Restent que l’offre politique n’est pas totalement raisonnante avec les aspirations. Si l’on s’en tient à la classification du ministère de l’intérieur, EELV est présente en tant que telle dans 9% des communes de 10 000 habitants et plus. On pourra apprécier son score en tenant compte des alliances nouées avec d’autres formations politiques.

 

  1. Vers la fin du Maire comme personnalité emblématique ?

On le répète à l’envie, le Maire est le responsable politique préféré des Français. 81% des Français déclarent avoir une bonne opinion des Maires, soit presque deux fois plus que des Présidents de la République dans leur ensemble.

Reste la participation aux élections baisse tendanciellement depuis 1983 et, qu’en 2014, seuls 63% des Français s’étaient déplacés au premier tour. Dans les plus grandes communes la participation n’avait pas dépassé les 55%. A ce titre, la personnalisation du scrutin n’est pas garantie d’une motivation de vote en sa faveur. 48% des électeurs estiment très important le projet de la liste, 40% parlent du bilan et 36% (« seulement » pourrions-nous dire) de la personnalité de la tête de liste. Sur ce point notons la différence d’appréciation selon que l’on a l’intention de voter à Droite (plus de 40% y accordent une très grande importance) ou à Gauche (moins d’un tiers). Ce clivage politique recoupe un clivage générationnel : 27% des moins de 35 ans y accordent une importance contre 45% des personnes âgées de 65 ans et plus. En 2014, si le projet apparaissait autant structurant qu’aujourd’hui, le bilan était bien plus évoqué.

 

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