L’Observatoire des Français confinés pour LCI – Vague 1

Enquête réalisée en ligne du 23 au 24 mars 2020. Échantillon de 937 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

 

La première vague de l’observatoire des Français confinés réalisée par Harris Interactive pour LCI montre :

 

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  1. Que les Français parlent spontanément du confinement, en recourant à des termes montant bien l’ambivalence des Français: ils déclarent qu’ils le vivent « bien », mais évoquent également « l’ennui », la « solitude », la « patience » nécessaire. La finalité du confinement est souvent restituée (« Pour lutter contre la pandémie, bien sûr que le confinement est nécessaire ») ce qui n’empêche pas certaines difficultés : le côté oppressant, la peur, l’absence de relations sociales, le télétravail avec les enfants…
  2. Pour autant, près des deux-tiers des Français (64%) affirment qu’il leur est facile de vivre confiné. Dans le détail, seuls 11% déclarent qu’il est très facile d’évoluer dans cette situation. Qui vit plus facilement que les autres le confinement ? Les personnes âgées de 65 ans et plus (69%), les habitants de communes en proximité d’une grande ville comme des résidants des communes rurales (73%), ceux se trouvant à plusieurs dans leur logement (67%) et encore ceux… n’étant pas vraiment confinés : 78% des Français continuant à se rendre sur leur lieu de travail. La situation est moins facile pour les familles monoparentale (58%) que lorsque les personnes sont en couple avec enfants (71%). Le confinement est logiquement plus aisé lorsque l’on dispose d’une pièce pour pouvoir s’isoler (66% facile contre 52% pour ceux n’ayant pas cette possibilité), pour les personnes pouvant s’aérer dans un jardin (70% contre 55% pour ceux n’en ayant pas), lorsque l’on a une connexion haut débit (65% facile contre 50% pour ceux  n’en disposant pas).
  1. Une semaine après le début du confinement, l’optimisme reste de mise : plus d’un Français sur deux (54%) pensent que cette situation leur sera facile à vivre jusqu’à la fin. Sont plus sceptiques que les autres : les femmes (52%, contre 58% des hommes), un jeune sur deux (51% des moins de 35 ans), une personne sur deux étant le seul adulte à la maison (avec ou sans enfant), les personnes ne disposant pas d’espace pour s’isoler chez soi et les personnes disposant d’Internet bas débit.
  2. Pour autant le doute existe quant à…
    • … la communication gouvernementale: 62% des Français pensent que la rentrée aura lieu plus tard que le 4 mai, quand bien même Jean-Michel Blanquer l’aurait annoncé. Même 67% des proches de La République En Marche envisagent une reprise des cours plus tardive qu’annoncé par le ministère ;
    • l’efficacité des masques commandés par le ministère de la santé. 57% des Français, en effet, ne pensent pas que cela permettra d’enrayer plus vite l’épidémie ;
    • … la capacité du gouvernement à prendre des mesures efficaces pour mettre fin à l’épidémie (un Français sur deux y souscrit, dont 86% des proches de la majorité).
  3. Ce doute ne se transforme pas en méfiance: près de 6 personnes sur 10 accordent leur confiance au gouvernement pour faire en sorte que le confinement dure le moins longtemps possible et, dans un climat de suspicion structurel, 50% accordent du crédit à l’exécutif considérant qu’il délivre une information sincère sur les délais de confinement.

 

Au final, on peut voir que les Français acceptent les conditions qui leur sont proposées. On voit, d’ailleurs, un appel à l’exemplarité et au respect des règles. Spontanément les Français s’insurgent dès lors qu’ils ont connaissance d’actes considérés comme non civiques. Dans notre pays parfois enclin à l’acceptation du non-respect de la norme, les jugements à l’égard des comportements déviants sont ici condamnés. La finalité étant entendue, la liberté individuelle semble s’effacer devant la responsabilité collective. Un des paradoxes fait que l’on vit d’autant mieux le confinement que l’on peut soi-même… se confiner au sein de chez soi et disposer de son propre espace pour s’isoler.

Politiquement, la confiance sur les objectifs de l’exécutif reste de mise. Moins sur les conditions de mise en œuvre. Et les critiques d’un gouvernement ayant donné le sentiment aux Français de « naviguer à vue » ne se focalisent pas sur ce que souhaitent faire les responsables politiques mais plus sur l’efficacité de leurs décisions.

 

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