L’intégration des étrangers dans la société française aujourd’hui Sondage Harris Interactive pour l’émission « Face aux idées »

L’intégration des étrangers dans la société française aujourd’hui

Sondage Harris Interactive pour l’émission « Face aux idées »

 

Enquête réalisée en ligne par l’institut Harris Interactive du 8 au 10 avril 2011. Echantillon de 1 631 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé et taille d’agglomération.

 

Paris, le 20 avril 2011 – Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français, pour l’émission «Face aux idées ». Ce nouveau rendez-vous de la chaîne LCP-AN, proposé par l’Institut Montaigne et Tilder, a pour ambition de permettre chaque mois un échange dynamique et constructif autour d’un grand sujet de société, en présence d’un invité issu du monde politique ou de la société civile. La première émission est consacrée à la thématique de l’intégration en France aujourd’hui.

 

Il s’agissait, à travers ce sondage, d’appréhender l’image que les Français se font de l’intégration des personnes étrangères dans la société française aujourd’hui, et leurs attentes à l’égard des différents acteurs pouvant intervenir sur cette question. Cette enquête intervient dans un contexte de tensions, marqué par la montée de Marine Le Pen dans les intentions de vote en vue de l’élection présidentielle de 2012, d’un score important du Front National au cours des dernières élections cantonales, ainsi que par les débats sur la laïcité et la place de l’Islam dans la société française ou encore l’entrée en application de la loi concernant le niqab et la burqa.

 

Cette enquête fait apparaître que :

  • Les Français jugent majoritairement que l’intégration des étrangers fonctionne mal aujourd’hui dans la société française, et qu’elle s’est même dégradée depuis plusieurs années ;
  • Ils attribuent principalement la responsabilité de cet échec aux efforts insuffisants fournis par les étrangers eux-mêmes, même si des clivages politiques forts apparaissent sur cette question. Dans le même temps, observons que plus d’un Français sur deux considère que la société française fait suffisamment d’efforts pour cette intégration.
  • Les Français accordent peu leur confiance aux responsables politiques pour faciliter l’intégration des étrangers. Ce sont avant tout les associations, les citoyens et les enseignants qui bénéficient de la confiance des Français pour mener à bien cette mission.

 

Les Français se montrent critiques à l’égard du fonctionnement actuel de l’intégration des étrangers : à peine plus d’un quart des sondés (28%) estime ainsi que l’intégration des étrangers dans la société française fonctionne bien, dont seulement 3% « très bien », tandis que les deux-tiers (66%) jugent plutôt que l’intégration fonctionne mal, dont 16% « très mal » et 50% « plutôt mal ». Ce constat est partagé par toutes les catégories de population, même si son intensité varie selon la proximité politique : les sympathisants de Gauche sont ainsi 67% à estimer que l’intégration fonctionne mal, pour 69% des sympathisants de Droite et 75% des sympathisants du Front National. Ces derniers sont nettement plus nombreux à estimer qu’elle fonctionne « très mal » : 45%, pour 17% à Droite et 6% à Gauche.

 

Par ailleurs, une majorité absolue de Français a le sentiment que l’intégration des étrangers dans la société française s’est dégradée depuis une dizaine d’années : ils sont 51% à exprimer cet avis, pour 14% jugeant qu’elle s’est plutôt améliorée et 29% qu’elle ne s’est ni améliorée, ni dégradée. Ce sont les sympathisants du Front National et ceux de Gauche qui ont le plus l’impression que l’intégration s’est dégradée au cours des dernières années : ils sont respectivement 68% et 63% à porter ce jugement rétrospectif négatif, pour 46% des sympathisants de Droite. Peut-être faut-il y voir chez ces derniers la marque d’une forme de solidarité avec les politiques menées depuis 2002 en France. La perception varie également en fonction de l’âge : 61% des 50 ans et plus font état d’une dégradation contre 40% des 18-24 ans et 41% des 25-34 ans.

 

Pour trouver des raisons à cette intégration jugée déficiente, les Français mettent principalement en avant le manque d’efforts fournis par les étrangers pour s’intégrer dans la société française : une large majorité de Français jugent que les étrangers ne font aujourd’hui pas suffisamment d’efforts pour s’intégrer (76%), même si ce jugement est davantage partagé par les sympathisants de Droite (89%) que par les sympathisants de Gauche (62%).

 

En revanche, les opinions sont beaucoup plus clivées en ce qui concerne les efforts fournis par la société française pour intégrer les étrangers en son sein : en moyenne, 41% des Français déclarent que la société française ne fait pas suffisamment d’efforts pour intégrer les étrangers, mais cette proportion atteint 68% chez les sympathisants de Gauche, pour seulement 31% chez les sympathisants de Droite. Notons également que 56% des 18-24 ans établissent ce constat. Dans le détail, on observe également que 73% de ceux qui déclarent que les étrangers fournissent suffisamment d’efforts critiquent le rôle de la société française, quand 90% de ceux qui pensent que la société française fait des efforts reprochent dans le même élan aux étrangers de ne pas en faire suffisamment.

 

Enfin, les Français déclarent principalement faire confiance aux associations (48%) et aux citoyens (41%) pour faciliter l’intégration des étrangers dans la société française, mais aussi aux enseignants (33%). Ils citent moins les entreprises (23%), les artistes (15%) et les responsables religieux (14%), et très peu les partis politiques (11%), les intellectuels (9%) et les syndicats (7%). Un Français sur cinq (20%) déclare ne faire confiance à aucun des acteurs évoqués. Là encore, la proximité politique influe sur les réponses, puisque si sympathisants de Gauche et sympathisants de Droite désignent en haut de classement les trois mêmes acteurs, on observe cependant des disparités dans les niveaux de confiance accordés, plus élevés à Gauche en ce qui concerne les associations (73% pour 48% en moyenne), les enseignants (49% pour 33%) et les syndicats (12% pour 7%), et plus importants à Droite en ce qui concerne les entreprises (29% pour 23%), les responsables religieux (19% pour 14%) et les partis politiques (14% pour 11%).

 

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