Comment les Français organisent-ils leur 2ème été en situation de crise sanitaire ?

ENQUÊTE HARRIS INTERACTIVE POUR LES ZOOMS DE L'OBSERVATOIRE CETELEM

L’enquête a été menée du 9 au 11 juin 2021, auprès d’un échantillon de 1 026 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

Paris, le 7 juillet,

 

Choc pour le monde entier au premier trimestre 2020, la pandémie a fini par faire sa place dans nos vies, adaptées, réaménagées sous les contraintes sanitaires, et la résilience face à la situation s’est peu à peu imposée. Après avoir vécu un premier été post-covid en 2020, synonyme d’accalmie – et même envisagé à l’époque comme la fin de la crise –, comment les Français se projettent-ils dans une nouvelle période estivale en ce printemps 2021, marqué encore par la menace des différents variants du virus mais également par l’avancée progressive de la vaccination ? Les zOOms de l’Observatoire Cetelem se sont intéressés pour ce second trimestre 2021 aux significations du tourisme pour les Français, réinventées par les enjeux climatiques, sociaux et sanitaires, réinventées de manière subie ou volontaire, réinventées pour un an ou définitivement. Alors que la situation sanitaire a constamment évolué au cours de ces 3 derniers mois, entre le renforcement des restrictions puis leur assouplissement, et les fluctuations de l’épidémie en France et dans le reste du monde, nos 3 vagues d’enquête ont aussi été l’occasion de mettre en lumière les mouvements d’opinion des Français à mesure que le contexte sanitaire, politique et économique a évolué. Dans ce troisième et dernier volet d’enquête, alors que la perspective de la période estivale s’approche, nous les avons interrogés sur leurs projets de vacances pour l’été 2021. Comment organisent-ils leur été ? Quel budget sont-ils prêts à y consacrer ? Quelles destinations privilégient-ils et pour y faire quelles activités ?

 

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Que retenir de cette enquête ?

  • Alors que la perspective des vacances estivales se concrétise pour une partie d’entre eux (51% déclarent avoir déjà commencé à planifier leurs vacances), les Français manifestent une joie grandissante (50%, +4) et une impatience non démentie depuis le mois dernier (43%). Cependant, nombreux sont ceux qui ont plus de mal à se projeter dans leurs vacances cette année que par le passé (48% de ceux qui souhaitent partir).

 

  • Concernant leur budget vacances, les Français qui souhaitent partir cet été sont pris entre l’envie de compenser les restrictions passées et le maintien des contraintes liées à la crise. Une majorité d’entre eux (54%) pense dépenser autant que les étés précédant la crise, quand le reste se divise également entre ceux qui envisagent de dépenser plus et ceux qui pensent au contraire se restreindre. Ainsi, le budget moyen envisagé par les vacanciers français s’élève à 1 505 €.

 

  • Se projetant avant tout dans des vacances en France (82% dont 60% certainement), les vacanciers français privilégient cette année des modalités de séjour plutôt traditionnelles, et prévoient le plus souvent de faire le trajet en voiture (82%), de se rendre au bord de la mer (83%), et de loger soit chez un proche (50%), soit à l’hôtel (47%), ou encore dans un logement loué à un particulier, notamment via une plateforme de réservation en ligne (45%).

 

  • Qu’ils envisagent de partir ou pas, les Français privilégient le plus souvent le repos à l’activité pour leur pause estivale (65%), et prévoient notamment des activités de nature comme la promenade (83%), des sorties gustatives (76%) et des activités touristiques (74%).

 

Des Français enthousiastes à l’approche d’un été dans lequel ils peinent cependant parfois à se projeter

 

  • La perspective des congés d’été se rapproche nettement dans l’esprit des Français, de plus en plus nombreux à avoir prévu un programme de vacances. Alors qu’ils n’étaient que 4 sur 10 à la mi-mai, désormais, plus de la moitié des Français (51%) indiquent avoir commencé à planifier leurs vacances, et encore plus parmi les hommes (55%), les moins de 35 ans (67%) et les franciliens (65%). Des profils qui correspondent à la fois aux voyageurs les plus réguliers – même avant la crise –, et qui ont été particulièrement touchés dans leurs modes de vie par la crise sanitaire.

 

  • À l’idée des vacances d’été 2021, les sentiments négatifs régressent par rapport au mois dernier, en particulier l’inquiétude (20%, -6 points) et la résignation (10%, -5 points), qui restent néanmoins présentes. Cette baisse peut être mise sur le compte de l’assouplissement des restrictions combiné à une amélioration de la situation épidémique, laissant davantage espérer un été plus tranquille et plus libre. En miroir, les sentiments de joie et d’excitation s’intensifient (+4 points et +3 points respectivement) et l’impatience se maintient à mesure que l’été se rapproche. Ainsi, le mélange de sentiments ambivalents qui prévalait mi-mai, lorsque 73% de sentiments positifs coexistaient avec 42% de sentiments négatifs, a laissé place à un optimisme plus net de la part des Français quant à leur été cette année (79% de sentiments positifs et tout de même 34% de sentiments négatifs). Un optimisme encore plus largement présent parmi les jeunes (88% chez les moins de 35 ans), les franciliens (86%) et les personnes qui ne se considèrent pas à risque face aux formes graves du Covid-19 (84%).

 

  • En termes de durée de vacances, les Français envisagent le plus souvent un séjour comme à leur habitude : 57% souhaitent partir cette année ni plus ni moins longtemps que les années précédentes. Chez ceux qui envisagent un changement, celui-ci va plutôt dans le sens d’un raccourcissement de la durée (25% des Français) que d’un allongement (18%), un peu plus souvent envisagé par les personnes qui voyageaient déjà régulièrement avant la crise (19%) et les catégories supérieures (22%). En ce qui concerne leur pays de destination, les Français sont majoritairement prudents et songent très majoritairement à une destination au sein du territoire national (82%), même si pas moins de 3 Français sur 10 pensent voyager ailleurs en Europe. Au total, 69% des Français indiquent être certains de partir en vacances cette année, c’est-à-dire de quitter leur domicile pour quelques jours au moins, peu importe les conditions d’hébergement (famille, amis, locations, etc.).

 

  • Même s’ils ont prévu des vacances d’une durée habituelle et le plus souvent en France, les Français peinent parfois (48% d’entre eux) à se projeter dans leur été. Concrètement, préparer et organiser ses vacances, trouver des destinations et/ou des activités paraît plus difficile cette année à plus d’1/3 des Français qui envisagent de partir cet été. Les plus jeunes, qui construisent progressivement dans leur propre définition des vacances indépendantes, semblent ressentir d’autant plus ces difficultés : chez les 18-24 ans, 50% trouvent plus difficile de trouver des activités pour leurs vacances, 39% de réunir le budget nécessaire pour partir et 38% de trouver des solutions d’hébergement. Les Français sont plus nombreux que le mois dernier à penser que la page de l’épidémie sera tournée à l’issue de l’été, mais ce sentiment n’est pas devenu majoritaire pour autant (43%, +8 points).

 

 

Un budget vacances pris entre l’envie de compenser les restrictions passées et un maintien des contraintes liées à la crise

 

  • Une majorité de Français pense dépenser ni plus ni moins que les étés précédents, signe que les Français souhaitent généralement revenir à leur budget estival habituel (54%). Néanmoins, pas moins d’1/3 des Français envisage de dépenser plus pour ses vacances cette année que l’an dernier (des vacances 2020 elles-mêmes déjà chamboulées par la crise), quand seuls 21% envisagent au contraire de dépenser moins. Les plus enclins à dépenser plus qu’avant la crise sanitaire pour leurs vacances se trouvent notamment parmi les profils masculins, jeunes et les cadres ou professions libérales. En revanche, la volonté de se faire un peu plus plaisir que lors de l’été dernier touche l’ensemble des générations de manière relativement homogène.

 

  • Qu’il s’agisse de dépenser plus que l’an dernier ou que les années précédentes, les représentations varient peu : l’augmentation de son budget est principalement liée à l’envie de compenser les limitations vécues pendant cette séquence : ainsi, 35% de ceux qui souhaitent dépenser plus déclarent avoir envie de se faire plaisir après ces 18 mois de crise, et 31% voient les vacances comme un espace de liberté retrouvée après la crise. Une augmentation du budget qui va de pair avec le sentiment que ce sont les premières vraies vacances depuis longtemps.

 

  • À l’inverse, chez ceux qui envisagent de dépenser moins, les motivations principales sont plus organisationnelles : le plus souvent car ils comptent partir moins loin (28%) et/ou moins longtemps (27%), signe que les contraintes sanitaires (vaccination, obligations de quarantaine, situation sanitaire incertaine selon les régions) continuent de peser sur les esprits (23%). Néanmoins, on note pour 20% d’entre eux un budget revu à la baisse suite à une diminution de capital. Aussi, 20% d’entre eux manifestent leur pessimisme quant à l’évolution de la situation économique à moyen terme, un pessimisme d’autant plus fort chez les 50 ans et plus.

 

  • Au total, le budget moyen envisagé par les Français qui pensent partir en vacances cet été s’élève à 1 505 €, et s’avère en déclaratif un peu plus élevé chez les hommes (1 562 €) que chez les femmes (1 452 €). Les tranches d’âges les plus élevées se montrent plus dispendieuses que les plus jeunes, ayant souvent moins de ressources financières à disposition.

 

 

Les vacanciers français privilégient cette année des modalités de séjour plutôt traditionnelles

 

  • Visiblement enclins à consacrer un budget habituel à leurs vacances de cet été, les Français qui souhaitent partir en vacances privilégient aussi des modalités de séjour relativement classiques. En effet, ils envisagent le plus souvent de passer par des plateformes de location en ligne (52%) – notamment chez les franciliens (59%) –, mais ne négligent pas de recourir au traditionnel bouche-à-oreille (44%) pour organiser et préparer leurs vacances. A l’heure d’une digitalisation massive des pratiques, 26% des Français confient néanmoins envisager de préparer leurs vacances grâce à un guide traditionnel au format papier.

 

  • Envisageant de partir massivement en France, les vacanciers français projettent la plupart du temps de se déplacer en voiture (82%), un mode de transport qui fait l’unanimité à tous les âges, les vacanciers issus d’Île-de-France se distinguant des autres dans leur rapport moins systématique à la voiture (85% des habitants de province envisagent de l’utiliser contre 71% chez les franciliens). Néanmoins, chez les jeunes vacanciers, la voiture est loin d’être le seul moyen de transport envisagé, puisqu’ils pourraient également projeter de prendre le train (53% chez les moins de 35 ans) ou l’avion (50%) pour se rendre sur leur lieu de vacances, beaucoup plus souvent que leurs aînés (17% et 20% respectivement). Dans leur mode de transport déjà, les plus jeunes montrent ainsi davantage de versatilité que leurs aînés et une envie de considérer tous les possibles plus importante que les autres.

 

  • En termes de destinations, la mer séduit la plus grande majorité des vacanciers français (83% pensent y passer au moins un moment durant leurs congés, et jusqu’à 90% parmi les 25-34 ans), devant la campagne (68%), tandis que la montagne est envisagée par 1 vacancier sur 2 (50%). Si la location entre particuliers connaît un succès non négligeable (45%), et ce notamment chez les moins de 35 ans (65% d’entre eux), l’hébergement chez un proche ou à l’hôtel sont encore plus souvent au programme des vacanciers français (respectivement, 50% et 47%). Plus que leurs aînés, les jeunes envisagent à nouveau davantage de types d’hébergements que leurs aînés (locations, camping, maisons de famille et auberges de jeunesse).

 

 

L’été 2021 : un temps de repos pour une majorité de Français

 

  • Qu’ils partent en vacances ou pas, les Français voient davantage les vacances comme l’occasion de se reposer (65%), plutôt que comme une opportunité de multiplier les activités (35%). Un repos d’autant plus affectionné par les femmes (69%) et les plus âgés, tandis que les tranches d’âges les plus jeunes préfèrent à une courte majorité des vacances actives (54% des 18-24 ans). Même chez ceux qui envisagent de partir, 61% voient leurs futures vacances comme reposantes.

 

  • Parmi les activités que les Français aimeraient faire pendant la période estivale, figurent en premier lieu les activités de nature telles les promenades (83%), les activités gustatives comme les sorties au restaurant (76%), ainsi que les activités de tourisme comme la découverte de monuments ou de spécialités locales (74%). Ensuite viennent les activités de détente et de culture, affectionnées par plus de 6 Français sur 10. Les activités plus spécifiques ou liées à un lieu de séjour en particulier intéressent mécaniquement une part moins importante de Français, mais qui reste non négligeable : 43% pour les activités de montagne, 32% pour les activités nautiques. Hommes et femmes apprécient les différentes activités mentionnées de manière relativement homogène, même si certaines d’entre elles attirent plus souvent les hommes, tels les sports de montagne ou de mer, ou encore les activités à sensations fortes. En revanche, on observe de nettes différences selon l’âge : les plus jeunes, souvent actifs, oscillent ainsi entre un attrait plus fort que la moyenne pour les activités de détente… et un attrait plus fort pour les activités les plus dynamiques : les activités de montagne, de mer et à sensations fortes. Tandis que le trio d’activité préféré des Français (nature, activités gustatives et tourisme) traverse les générations.

 

 

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