Les préoccupations des Français en matière de protection sociale

Une enquête Harris Interactive pour AG2R La Mondiale

Enquête réalisée en ligne du 5 au 13 décembre 2017. Échantillon de 3 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

AG2R La Mondiale a mis en place le site « Mesquestionspourdemain.fr », dont l’objectif est de répondre aux grandes questions que se posent les Français en matière de protection sociale.
A cette occasion, AG2R La Mondiale a sollicité Harris Interactive afin de réaliser une étude, visant notamment à mieux connaître le niveau de préoccupation et d’information des Français sur ces différents thèmes. Celle-ci a été conduite au mois de décembre 2017 auprès de 3000 Français interrogés en ligne, parmi lesquels ont notamment été identifiés, en vue d’un éclairage spécifique, les travailleurs non-salariés (TNS) et des chefs d’entreprise.
Quelles sont les dimensions de la protection sociale qui préoccupent le plus les Français ? Quel est leur niveau d’information sur ces différents thèmes ? Et comment envisagent-ils l’avenir ?

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Que retenir de cette enquête ?

 

La protection sociale : une préoccupation croissante tout au long de la vie

  • Les préoccupations les plus importantes des Français sont celles qui concernent leur santé et leurs finances personnelles. C’est le cas quand on les interroge sur leur situation actuelle : parmi une liste d’une quinzaine de thèmes au sein de laquelle on leur demande de sélectionner les enjeux les plus importants pour eux, la santé (la sienne et celles des proches) et la situation financière sont les 2 préoccupations les plus citées, à hauteur de 50% chacune, devant les enfants (34%), l’épanouissement personnel (24%) et la vie familiale (24%).
    Mais c’est aussi le cas quand on leur demande d’envisager les sujets qui les préoccuperont le plus dans 15 ans : dans cet exercice de projection personnelle, la santé arrive une nouvelle fois en tête (citée par 58% des Français), cette fois largement devant la situation financière (42%), puis le risque de dépendance (37%), les enfants (35%) et la retraite (32%).
  • On peut néanmoins observer certains changements dans la hiérarchie des préoccupations au fil du temps. Ainsi, les Français anticipent que les thèmes liés à la protection sociale vont devenir des enjeux de plus en plus importants pour eux à l’avenir. Si la moitié d’entre eux se disent préoccupés par leur santé aujourd’hui, 58% pensent qu’ils le seront dans 15 ans. La tendance est la même en ce qui concerne le risque de dépendance (aujourd’hui : 22%, dans 15 ans : 37%) et la retraite (aujourd’hui : 20%, dans 15 ans : 32%).
    En revanche, la situation financière (niveau de préoccupation actuel : 50%, dans 15 ans : 42%), mais aussi certains sujets d’ordre personnel, relationnel ou professionnel sont identifiés comme des enjeux dont le niveau de préoccupation devrait diminuer au fil du temps. Il en est ainsi, par exemple, de l’épanouissement personnel (aujourd’hui : 24%, dans 15 ans : 16%), de la situation professionnelle (aujourd’hui : 23%, dans 15 ans : 16%) ou de la vie sociale (aujourd’hui : 21%, dans 15 ans : 16%).
  • Ces résultats reflètent assez logiquement l’intérêt porté à ces différents enjeux en fonction des étapes de vie des individus. Ainsi, les sujets d’ordre personnel (épanouissement individuel, apparence physique, loisirs, etc.) et relationnel (vie amoureuse, vie sociale, vie familiale) sont des préoccupations plus importantes pour les plus jeunes, avant que la situation financière et les enfants ne deviennent des sujets particulièrement importants pour les personnes âgées de 35-49 ans, et que les thèmes relatifs à la protection sociale (santé, risque de dépendance, retraite) ne s’imposent à partir de 50 ans.
    Dès lors, il apparaît assez logique que des personnes se projetant « avec 15 ans de plus » anticipent que certaines des préoccupations davantage associées aux seniors d’aujourd’hui vont probablement devenir les leurs à long terme.

 

La protection sociale : un sujet de préoccupation d’autant plus important qu’il est associé à un niveau d’information perfectible

  • De fait, pris individuellement, chacun des grands thèmes apparaît comme un enjeu important dans la vie des Français : 83% de ces derniers se disent préoccupés par la santé (dont 32% « très préoccupés »), 72% par le risque de dépendance et la perte d’autonomie, 68% par la retraite et 67% par l’épargne. Observons que le niveau de préoccupation concernant la retraite est particulièrement élevé auprès des travailleurs non-salariés (76%) et des chefs d’entreprise (82%).
    On peut associer cette inquiétude à un certain scepticisme concernant l’avenir de la protection sociale en France : si la majorité des Français estiment que leur système de protection sociale fonctionne bien aujourd’hui (70%), ils restent globalement peu confiants en ce qui concerne l’avenir de ce dernier (seulement 39% le sont), même si cet indicateur est en hausse sur les derniers mois (+ 4 pts par rapport à l’étude menée par Harris Interactive pour AG2R La Mondiale en juillet 2017)1.
    Mais cette forte préoccupation peut être aussi liée en partie au sentiment de ne pas maîtriser l’ensemble des connaissances nécessaires sur chacun de ces thèmes. En effet, si une grande partie des Français ont le sentiment de bien connaître le fonctionnement du système de santé (72%), c’est moins le cas en ce qui concerne les autres domaines qui sont directement ou indirectement liés à la protection sociale. Ainsi, 62% des Français déclarent bien connaître les solutions pour gérer leur épargne, et ce niveau tombe à 50% pour le fonctionnement du système de retraites, et même 41% concernant les solutions pour faire face au risque de dépendance et de perte d’autonomie. Dans tous les cas, le niveau d’information déclaré est plus élevé que la moyenne parmi les hommes et les retraités.
  • Pour s’informer sur leur situation personnelle en matière de protection sociale, les Français ont globalement confiance dans la Sécurité sociale (73%) les associations (67%), les mutuelles / institutions de prévoyance (65%), mais aussi, en ce qui concerne les salariés, dans leur entreprise (63%). Le jugement est beaucoup plus mitigé concernant les pouvoirs publics (49%), et devient même majoritairement défiant envers les partenaires sociaux (41%), les compagnies d’assurances (36%), les banques (32%) et les médias (30%).
    En matière d’information sur la protection sociale, au-delà des prérequis indispensables (information claire, simple, fiable, complète, personnalisée, etc.), la plupart des Français souhaitent à la fois pouvoir échanger en direct avec un conseiller spécialisé (un élément « important » pour 85% d’entre eux) et disposer de simulateurs en ligne leur permettant d’avoir des réponses immédiates (84%).

 

La retraite fait l’objet de fortes inquiétudes auprès des actifs, même si au final elle apparaît comme un passage souvent bien vécu par les personnes concernées

  • De manière générale, on observe de grandes différences entre la façon dont la retraite est anticipée et celle dont elle est vécue au final.
    D’une part, les personnes aujourd’hui déjà retraitées sont, assez logiquement, plus au fait que les autres en ce qui concerne les questions relatives à la retraite. Ainsi, 85% d’entre elles se disent bien informées sur le montant de leur retraite actuelle, et 73% sur son mode de calcul, quand l’incertitude est beaucoup plus forte parmi les non-retraités, une minorité d’entre eux se déclarant bien informés sur l’âge auquel ils pourront partir à la retraite (42%) et sur la façon dont celle-ci sera calculée (30%). Par ailleurs, les retraités apparaissent également beaucoup mieux informés que les autres sur des questions pratiques comme le nombre de trimestres de cotisation nécessaires pour avoir une retraite à taux plein (respectivement 81%, vs 41% pour les non-retraités), les démarches à effectuer pour connaître le nombre de trimestres déjà comptabilisés, la décote, ou les solutions existantes pour pallier l’écart entre les montants du salaire et de la pension de retraite.
    D’autre part, si l’évolution du système de retraites (notamment de l’âge de départ et du montant des pensions) suscite une forte préoccupation auprès de l’ensemble des Français, les retraités ont tendance à se montrer un peu moins inquiets que les autres, notamment en ce qui concerne l’écart entre salaire et pension de retraite, l’évolution future des modes de calcul et l’évolution future du nombre de trimestres pour une retraite à taux plein.
  • On peut ainsi observer que le passage à la retraite, s’il préoccupe beaucoup les Français, est finalement mieux vécu que ce qui avait été anticipé durant la vie active. En effet, les non-retraités disent craindre de nombreux types de situations qu’ils associent au passage à la retraite, comme la baisse du niveau de vie (79%), le déclin de la santé (76%), le déclin des capacités physiques et intellectuelles (74%) ou la dépendance (67%). Mais aussi, pour nombre d’entre eux, des soucis d’ordre plus psychologique comme le manque de reconnaissance sociale (52%), l’isolement (51%), la perte de l’envie de faire des choses (49%), le sentiment d’être dépassé (48%) ou d’inutilité (47%).
    Or, si les retraités, confrontés à la même question, ne nient pas les difficultés financières (55%) ou le déclin de la santé (48%), seule une minorité d’entre eux est concernée par les autres aspects. Le passage à la retraite, quand on interroge les principaux concernés, ne serait donc pas aussi douloureux qu’anticipé, et ce notamment parce qu’une grande majorité d’entre eux disent avoir été bien préparés aux conséquences psychologiques (78%) comme économiques (76%) de leur départ à la retraite.

 

L’épargne : une recherche de précaution avant tout

  • En moyenne, la majorité des Français déclarent pouvoir épargner moins de 100 euros par mois, 24% d’entre eux estimant même ne jamais mettre d’argent de côté ou presque. Un peu plus d’un tiers des Français au total (36%) estiment réussir à mettre de côté au moins 100 euros par mois.
    L’épargne a avant tout un objectif de précaution, qu’il s’agisse de faire des réserves en prévision de son avenir personnel (44%) ou d’anticiper des situations difficiles pour ses proches (36%). Le financement de projets particuliers (immobilier, équipements, dépenses de loisirs, etc.) ne vient que dans un second temps et la constitution d’un héritage pour ses proches ne concerne qu’une faible partie de la population (14%). La quasi-totalité des Français (94%) estiment qu’il est nécessaire d’épargner pour sa retraite durant sa vie active et, pour beaucoup, il faudrait même commencer à le faire dès les premières années de sa vie professionnelle (44%).
  • Les Français n’ont pas le sentiment d’avoir un niveau d’expertise très élevé sur les différentes questions relatives à l’épargne. Si plus de la moitié d’entre eux se disent bien informés sur le rendement actuel de leur épargne (57%), le niveau de connaissance est plus faible en ce qui concerne d’autres dimensions. Ainsi, 46% se disent bien informés sur les solutions d’épargne visant à préparer leur avenir, 43% sur les meilleurs placements pour leur argent, les autres éléments (démarches relatives à la gestion d’un héritage et solutions financières pour aider ses proches en cas de difficultés) ne dépassant pas 40%. Là encore, les hommes et les retraités ont tendance à se dire mieux informés que la moyenne sur ces différents aspects.

 

Complémentaires santé : une couverture jugée plutôt satisfaisante

  • Près de 9 Français sur 10 déclarent disposer aujourd’hui d’une complémentaire santé, auprès d’une mutuelle pour la grande majorité d’entre eux (72%). Les personnes âgées de 50 et plus et celles issues de catégories aisées sont plus systématiquement dans cette situation, alors que les travailleurs non-salariés sont un peu moins nombreux à dire qu’ils ont une complémentaire santé (82%).
  • De manière générale, le niveau d’information en ce qui concerne la santé semble supérieur à ce qu’il peut être dans les autres domaines de la protection sociale. Ainsi, la plupart des personnes disposant d’une complémentaire santé estiment bien connaître le montant de leur cotisation à celle-ci (80%), considèrent qu’elles sont bien couvertes (75%) et qu’elles disposent de la couverture qui correspond le mieux à leurs besoins et à ceux de leur famille (73%).
    Mais ce satisfecit d’ensemble n’empêche pas l’existence de certaines zones de flou, notamment concernant le contenu précis de ce qui leur est proposé : ainsi, seulement 2 personnes sur 3 disent savoir exactement ce à quoi elles ont droit en termes d’étendue de la couverture santé et de remboursements (66%) et bien comprendre ce qu’elles paient exactement lorsqu’elles cotisent (65%). De même l’adéquation entre le montant cotisé et le service fourni est questionnée par certains : seulement 65% pensent que l’étendue de leur couverture est suffisante par rapport à ce qu’ils paient, et à peine plus d’1 personne sur 2 a le sentiment de payer uniquement pour des prestations dont elle a besoin.

 

Le risque de dépendance : un sujet de préoccupation majeur et des solutions mal connues

  • Pour l’ensemble des thématiques liées à la protection sociale, on l’a vu, les Français se montrent à la fois préoccupés pour l’avenir et plutôt en déficit d’information. Ce double constat est particulièrement évident en ce qui concerne la perception du risque de dépendance.
    En effet, d’un côté, celui-ci est très redouté par la plupart des Français (et de manière encore plus manifeste auprès des femmes et des personnes âgées) : 81% d’entre eux craignent en effet d’être un jour eux-mêmes en situation de dépendance, 77% de vivre la dépendance d’un de leurs proches, et 76% de faire vivre à leurs proches leur propre situation de dépendance. Par ailleurs, 75% craignent de ne pas disposer des ressources nécessaires pour gérer une situation de dépendance, et moins de la moitié d’entre eux se sentiraient capables de faire face, que ce soit financièrement ou psychologiquement, à la dépendance d’un proche.
  • Et ce type de situation est d’autant plus craint que beaucoup de Français déclarent ne pas savoir comment gérer ce type de situation, si elle devait advenir un jour. Ainsi, seulement la moitié d’entre eux estiment qu’ils sauraient à qui s’adresser pour trouver des conseils afin de savoir comment agir. Par ailleurs, seule une minorité se sent bien informée sur les différentes solutions à disposition, que ce soit pour maintenir à domicile le plus longtemps possible les personnes en situation de dépendance (40%), les dispositifs financiers pour protéger ses proches en cas de coup dur (38%) ou ceux pour anticiper et accompagner la dépendance (31%). De même, à peine plus d’un tiers des Français se sentent informés sur le coût des différentes solutions de prise en charge de la dépendance. Là encore, ce sont les hommes et les retraités qui se déclarent les mieux informés sur ce type de sujet. Le risque de dépendance apparaît ainsi, plus encore que les autres thèmes de la protection sociale, comme un fort enjeu de pédagogie auprès des Français pour l’avenir.

 

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