Les Franciliens et le système de santé en Île-de-France Etude Harris Interactive pour l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France

Les Franciliens et le système de santé en Île-de-France

Etude Harris Interactive pour l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France

Enquête réalisée par Internet du 18 au 28 novembre 2011. Échantillon de 1002 individus représentatifs de la population d’Île-de-France, âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et département de l’interviewé(e).

Paris, le 5 décembre 2011 – A la demande de l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France, Harris Interactive a réalisé une étude afin de mieux connaître la perception du système de santé en Île-de-France par les habitants. Il s’agissait de mettre à jour leurs critères de jugement et sources d’information sur ce système de santé, d’identifier d’éventuelles difficultés d’accès aux soins ou encore de mesurer leur connaissance des droits des patients et des usagers du système de santé.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Les Franciliens apparaissent comme relativement satisfaits du système de santé en Île-de-France malgré quelques points de friction : des défauts d’égalité d’accès aux soins, des délais d’attente trop longs et des établissements spécialisés peu satisfaisants.
    Interrogés sur le système de santé en Île-de-France, une majorité de Franciliens le juge satisfaisant en ce qui concerne les médecins, qu’ils soient généralistes (78%) ou spécialistes (69%), et les hôpitaux (63%). En revanche, les établissements spécialisés, tant pour les personnes âgées dépendantes que pour les personnes handicapées, ne satisfont que moins d’un tiers des Franciliens (respectivement 29% et 28% contre 51% et 48% qui les jugent non satisfaisants). Plus précisément, sur l’organisation de ce système de santé, son accessibilité et sa qualité, une majorité de Franciliens pointe du doigt un problème d’égalité d’accès aux soins ainsi que des délais d’attente trop longs pour obtenir des rendez-vous (70% des Franciliens jugeant ce point insatisfaisant), même si la qualité des soins est quant à elle soulignée (80% la jugeant satisfaisante). Globalement, si les Franciliens soulignent un problème d’égalité d’accès aux soins et des délais d’obtention de rendez-vous trop longs, ils se considèrent malgré tout comme relativement bien « desservis » en matière de santé, plus de huit sur dix déclarant habiter près de professionnels et d’établissements de santé.
  • Le médecin est le principal référent lors de la recherche d’information dans le domaine de la santé.
    Parmi les moyens d’information utilisés lors de la recherche d’un professionnel de santé, le médecin reste le référent, même si l’entourage joue un rôle important. Ainsi, plus de huit Franciliens sur dix disent se tourner en priorité vers leur médecin lorsqu’ils recherchent un professionnel de santé (81%), et 42% vers leurs proches. Internet, s’il est aujourd’hui un moyen d’information majeur, ne semble malgré tout pas être utilisé en priorité par les Franciliens lors de la recherche d’un professionnel de santé. En parallèle, les moyens d’information privilégiés lors de recherches plus générales sur la santé sont relativement différents. En effet, si le médecin reste la principale source d’information (65%), les sites internet de santé et les forums grand public (47%) occupent cette fois-ci une place importante dans les pratiques des Franciliens. Globalement, les Franciliens semblent donc privilégier à la fois l’accessibilité de l’information, les personnes proches telles que la famille ou le pharmacien faisant partie des sources d’information privilégiées, la diversité de l’information par l’intermédiaire d’Internet, mais surtout sa fiabilité, puisque quel que soit le type d’information recherché, le médecin reste le principal référent. En réalité, on constate que l’utilisation de ces différents moyens d’information diffère de manière significative selon l’âge des répondants, les plus jeunes privilégiant Internet et leurs proches, quand les plus âgés préfèrent se tourner vers leurs médecins et les pharmaciens.
  • Lors de la recherche d’un professionnel ou d’un établissement de santé, le délai d’attente est un élément presque aussi déterminant que la recommandation d’un professionnel de santé.
    La majorité des Franciliens déclarant avant tout se tourner vers leur médecin lorsqu’ils recherchent un professionnel de santé, ils sont une large majorité (91%), au moment de leur choix, à considérer comme important le fait qu’il leur ait été recommandé par un professionnel de santé. En parallèle, le délai d’attente est également considéré comme important par 88% des Franciliens, 36% le jugeant même très important. Viennent ensuite la proximité, la recommandation par un proche puis la part financière restant à charge.
  • Le renoncement aux soins constitue une pratique relativement courante et fait écho aux deux éléments du système de santé jugés insatisfaisants par les Franciliens : l’égalité d’accès aux soins et les délais pour obtenir un rendez-vous.
    En effet, si une majorité de Franciliens indique ne jamais avoir renoncé à des soins (58%), ils sont plus de quatre sur dix à déclarer y avoir déjà renoncé pour eux-mêmes ou pour un membre de leur foyer (42%), et un quart à y avoir même renoncé plusieurs fois (27%). Les deux principales raisons évoquées pour expliquer ce renoncement aux soins renvoient alors aux deux éléments perçus comme insatisfaisants par les Franciliens : l’égalité d’accès aux soins, puisque 59% des personnes ayant déjà renoncé à se soigner évoquent un manque de moyens financiers, et les délais d’attente, raison évoquée par 30% d’entre eux.
  • Une notoriété relative des droits des patients et des usagers du système de santé par les Franciliens qui se montrent alors partagés sur le respect de ces droits dans la région
    Près de six Franciliens sur dix déclarent avoir entendu parler des droits des patients et des usagers du système de santé (59%), mais seuls 22% indiquent voir bien ce dont il s’agit. Et interrogés sur le respect de ces droits, ils apparaissent comme partagés. En effet, ils ne sont qu’une courte majorité à estimer que ces droits sont bien respectés en Île-de-France (52%), dont seulement 3% considèrent qu’ils le sont très bien contre un tiers qui les juge mal respectés. En réalité, on note que les personnes ayant déjà entendu parler de ces droits déclarent davantage que la moyenne qu’ils sont respectés dans la région (61% contre 52%), et cette situation est d’autant plus vraie parmi les personnes estimant bien voir à quoi correspondent ces droits, qui sont alors 73% à considérer qu’ils sont bien respectés dans la région.
  • Selon le profil des Franciliens, on observe que :
    • Globalement, en matière de santé, les jeunes se tournent plus que l’ensemble des Franciliens vers Internet et ont également davantage tendance à en parler avec leurs proches plutôt qu’avec les professionnels. Si les plus jeunes ont moins tendance à fréquenter les personnels et les établissements de santé, il est important de noter que cette catégorie de la population indique plus que la moyenne avoir déjà renoncé à se soigner. Si le coût financier des soins est la première raison évoquée, les jeunes sont largement plus nombreux que la moyenne à justifier leur renoncement par une absence de nécessité ou un manque de temps. Globalement donc, les plus jeunes semblent adopter une attitude davantage détachée vis-à-vis de leur santé, et plus globalement à l’égard du système de santé.
    • A l’inverse, les Franciliens les plus âgés accordent un rôle capital à leur médecin en termes de santé et le perçoivent comme le principal référent. Ainsi, pour s’informer, ils privilégient ce professionnel de santé, notamment pour sa fiabilité et sa proximité. Davantage amenés à se rendre chez les professionnels ou dans les établissements de santé, ils ont une meilleure connaissance des droits des patients et usagers et apparaissent comme globalement plus satisfaits que l’ensemble de la population.
    • Le lieu d’habitation semble moins influer sur la perception qu’ont les Franciliens du système de santé, même si les personnes habitant la Grande Couronne se montrent un peu plus critiques concernant l’égalité d’accès au système de santé en fonction des revenus ainsi que sur les délais d’attente pour obtenir des rendez-vous. En réalité, plus que le lieu d’habitation, c’est bien la catégorie sociale qui semble influencer les pratiques des Franciliens en matière de santé. Ainsi, les personnes économiquement et socialement défavorisées déclarent davantage avoir tendance à renoncer à se soigner, et mettent largement en exergue un problème financier face aux coûts des soins. Ces personnes sont notamment plus nombreuses parmi les Franciliens ne connaissant par les droits des patients et des usagers du système de santé, et parmi celles qui estiment que ces droits sont mal respectés dans la Région. Globalement, ils apparaissent alors plus en marge d’un système de santé dans lequel ils ne parviennent pas toujours à entrer.

 

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