Les Français, les jeunes et l’emploi Sondage Harris Interactive pour l’émission « Face aux idées »

Les Français, les jeunes et l’emploi

Sondage Harris Interactive pour l’émission « Face aux idées »

 

Enquête réalisée en ligne par l’institut Harris Interactive les 9 et 10 mai 2011. Echantillon de 1139 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

 

Paris, le 17 mai 2011 – Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français pour l’émission « Face aux idées », rendez-vous mensuel de la chaîne LCP-AN, dont la deuxième émission est consacrée ce mois-ci à la jeunesse, et notamment à l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat, la formation professionnelle…

 

Il s’agissait, à travers ce sondage, d’appréhender l’image que les Français, et plus particulièrement les premiers concernés à savoir les 18-24 ans, ont de la situation professionnelle des jeunes.

 

Cette enquête fait apparaître que :

  • La première préoccupation des 18-24 ans est leur situation professionnelle (54%), juste avant leur vie affective et familiale (51%), et très loin devant la préoccupation la plus citée par la moyenne des Français, à savoir : le pouvoir d’achat (52% des Français, mais seulement 33% des jeunes).
  • Les Français dans leur ensemble font peu confiance aux chefs d’entreprises et aux responsables politiques pour favoriser l’emploi des jeunes : respectivement 31% et 23% de « confiance » parmi l’ensemble des Français, et 33% et 29% parmi les jeunes de 18 à 24 ans.
  • Les jeunes de 18-24 ans sont encore plus attirés que leurs aînés par le statut de fonctionnaire (30% aimeraient l’être, pour 26% des Français), mais également par le statut de salarié du privé (27% des 18-24 ans, pour 19% des Français).
  • Environ les deux tiers des Français comme des jeunes (respectivement 66% et 65%) considèrent que leur formation leur a appris ou leur apprend des compétences utiles pour exercer un métier, mais les jeunes se démarquent par leur plus grand scepticisme quant à l’utilité de cette formation pour trouver leur place sur le marché du travail : seulement 48% des jeunes sont d’accord pour dire que leur formation leur a permis ou leur permettra de trouver facilement un métier, contre 58% pour la moyenne des Français.

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Dans le détail :

Les jeunes âgés de 18 à 24 ans ne montrent pas tout à fait les mêmes préoccupations que la moyenne des Français, ou en tout cas pas avec la même intensité. Les Français placent le pouvoir d’achat en tête de leurs préoccupations (52% de citations), devant leur santé (43% ; 52% des 50 ans et plus) et leur vie affective et familiale (40% ; 44% des femmes contre 36% des hommes). Suivent leur vie professionnelle (25% ; 39% des salariés du privé), leurs loisirs (20% ; 28% des plus diplômés contre 14% des moins diplômés), la pollution et la qualité de leur environnement (18% ; 23% des 50 ans et plus), leur sécurité (17% ; 25% des 50 ans et plus et 28% des sympathisants de l’UMP), leur logement (13% ; 18% des catégories populaires) et enfin les transports (7%).

 

Les 18-24 ans proposent une hiérarchie de leurs préoccupations sensiblement différente de la moyenne nationale : leur situation professionnelle arrive en tête, avec 54% de citations (29 points de plus que l’ensemble des Français), juste devant leur vie affective et familiale (51%, +11 points), puis leur santé (37% -6 points) et leurs loisirs (37%, +17 points). Le pouvoir d’achat, préoccupation la plus citée parmi l’ensemble des Français, n’arrive qu’en 5ème position chez les jeunes, avec 33% (-19 points). On observe enfin une préoccupation plus forte pour les transports (15%, +8 points), similaire pour le logement (14%, +1 point), et nettement plus faible pour la pollution, la qualité de leur environnement (8%, -10 points) et leur sécurité (8%, -9 points).

 

Pour favoriser l’emploi des jeunes dans les années à venir, les Français ne font majoritairement pas confiance aux chefs d’entreprise (59% pas confiance, dont 43% « plutôt pas » et 16% « pas du tout »), et encore moins aux responsables politiques (67% pas confiance, dont 43% « plutôt pas » et 24% « pas du tout »). Les jeunes âgés de 18 à 24 ans témoignent également d’une confiance limitée en ces deux acteurs pour favoriser leur emploi (respectivement 60% et 64% « pas confiance »), même si leur manque de confiance est exprimé de façon moins radicale (respectivement 13% et 13% de « pas du tout confiance », pour 16% et 24% en moyenne). Si la confiance dans les chefs d’entreprise est plus élevée chez les plus diplômés (42%, pour 28% des moins diplômés), le critère le plus clivant est l’appartenance politique : 68% des sympathisants de Droite (et même 76% des sympathisants de l’UMP) font confiance aux chefs d’entreprise pour favoriser l’emploi des jeunes, pour 22% des sympathisants de Gauche. De même, les sympathisants de Droite font davantage confiance aux responsables politiques sur ce sujet que les sympathisants de Gauche (55% « confiance » à Droite pour 17% à Gauche).

 

Dans l’idéal, les Français souhaiteraient travailler ou auraient aimé travailler comme fonctionnaire : 26% des Français citent ce statut, dont 30% des femmes (pour 22% des hommes), 39% de ceux qui sont effectivement salariés du public, et 42% des électeurs de Ségolène Royal au 1er tour de l’élection présidentielle de 2007. 20% évoquent le statut de travailleur indépendant (dont 24% des hommes pour 16% des femmes), juste devant le salariat dans le privé (19%, dont 25% des catégories supérieures et 35% des salariés du privé) et la profession libérale (15%, dont 22% des 50 ans et plus et 27% des sympathisants de Droite). 9% des Français souhaiteraient être femme ou homme au foyer (deux fois plus de femmes que d’hommes : 12% contre 6%). Ces idéaux professionnels en termes de statut sont assez similaires chez les 18-24 ans, qui souhaitent aussi principalement être fonctionnaires (30%, +4 points par rapport à la moyenne nationale), mais qui sont également davantage attirés par le statut de salarié du privé (27%, +8 points) et par le statut de travailleur indépendant (24%, +4 points). En revanche, les jeunes sont moins attirés par les professions libérales (9%, -6 points) et surtout le fait de rester au foyer (1%, -8 points).

 

Les deux tiers des Français (66%) sont d’accord pour dire que leur formation leur a appris des compétences utiles pour exercer un métier, dont 29% « tout à fait d’accord ». Cet avis est également partagé par les jeunes de 18 à 24 ans (65% d’accord, dont 23% « tout à fait »), et il est particulièrement mis en avant par les 50 ans et plus (71% d’accord), ainsi que par les plus diplômés (80%).

 

En revanche, les jeunes se distinguent de la moyenne des Français par leur plus grand scepticisme à l’égard de la valeur de leur formation sur le marché du travail : seulement 48% des 18-24 ans sont d’accord pour dire que « leur formation leur a permis, ou va leur permettre, de trouver facilement un métier »), pour 58% de l’ensemble des Français (67% des 50 ans et plus et 72% des plus diplômés). Peut-être faut-il y voir un scepticisme concernant la cohérence entre formation et emplois qui leur sont proposés.

 

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