Les Français, les élections municipales et l’étiquette politique du maire

Etude Harris Interactive pour LCP

Paris, le 7 mars 2014 – Dans la perspective des prochaines élections municipales, Harris Interactive réalise pour LCP-AN une enquête barométrique hebdomadaire auprès d’un échantillon représentatif de Français. Ce baromètre permettra de suivre le regard porté sur cette échéance par les personnes inscrites sur les listes électorales dans les communes d’au moins 1 000 habitants, qui partagent un même mode de scrutin : quel intérêt ces personnes expriment-elles pour les élections municipales ? Combien indiquent leur intention de se déplacer aux urnes ? Pour quelle liste les électeurs voteraient-ils aujourd’hui, dans l’hypothèse où toutes les forces politiques seraient présentes de façon autonome dans leur commune ? Quels seraient les éléments structurants de leur choix de vote ? De façon générale, quelles priorités attribuent-ils à l’équipe municipale de leur commune dans les années à venir ?

La première vague de ce baromètre, réalisée du 4 au 6 mars, était également l’occasion d’interroger plus spécifiquement les électeurs sur l’importance qu’ils accordaient à l’étiquette politique d’un maire dans différents domaines d’action municipale.

Que retenir de cette enquête ?

  • Les prochaines élections municipales suscitent l’intérêt de trois électeurs sur quatre (74%) dans les communes d’au moins 1 000 habitants, dont 31% affirmant même être « beaucoup » intéressés. 26% des électeurs indiquent au contraire ne pas s’intéresser à ce scrutin, dont 6% déclarant n’être « pas du tout » intéressés. A deux semaines du premier tour, cette élection suscite donc un intérêt comparable à celui observé au même moment concernant l’élection présidentielle de 2012 (74% également), en dépit d’une campagne électorale moins médiatisée. Dans le détail, l’intérêt pour les élections municipales fait l’objet d’un fort clivage générationnel : les personnes les plus âgées (au moins 65 ans et plus) sont 85% à s’intéresser au scrutin, tandis que l’intérêt est minoritaire (48%) parmi les jeunes âgés de 18 à 24 ans.
  • Dans ces communes d’au moins 1 000 habitants, 77% des électeurs se déclarent « tout à fait certains » d’aller voter, même si l’on sait que l’intention déclarée d’aller voter est toujours supérieure au chiffre de participation réel. Les sympathisants des différentes forces politiques, quelles qu’elles soient, sont toujours plus nombreux à affirmer leur intention d’aller voter par rapport aux personnes ne se déclarant proches d’aucune formation politique, dont seulement 59% indiquent leur certitude d’aller voter. Dans le détail, les sympathisants de Gauche – qu’il s’agisse du Front de Gauche (88%) ou du Parti socialiste (85%) – se déclarent légèrement plus certains d’aller voter que les sympathisants de l’UMP (82%) ou du Front National (79%).
  • A l’échelle de la France entière, dans l’hypothèse où l’ensemble des listes seraient présentes dans chaque commune d’au moins 1 000 habitants, les listes de l’UMP ou Divers Droite recueilleraient 36% des votes exprimés, tandis que les listes du Parti socialiste ou Divers Gauche rassembleraient 33% des suffrages. Les autres formations politiques de Gauche ne rassembleraient pas plus de 6% des voix : 6% pour le Front de Gauche, 4% pour Europe Ecologie Les Verts. Les listes soutenues par le Front National recueilleraient 8% des suffrages. Enfin, 5% indiquent leur intention de voter pour une liste soutenue par « l’Alternative » MoDem/UDI, 2% pour une liste d’extrême-Gauche et 6% pour une autre liste. Rappelons qu’il s’agit ici d’un rapport de forces exprimé aujourd’hui au niveau national, n’ayant aucune fonction prédictive.
  • Les habitants des communes d’au moins 1 000 habitants déclarent que leur choix de vote pour ces élections municipales s’appuiera principalement sur des considérations locales : enjeux locaux (90%), projets portés par les candidats (88%) ou bilan du maire sortant (84%). Ces trois motivations sont particulièrement revendiquées par les électeurs du Parti socialiste. 79% des Français indiquent que la personnalité des candidats jouera « beaucoup » ou « assez » dans leur choix, cette question ne suscitant pas de clivage politique particulier. En revanche, les Français sont moins nombreux à indiquer que l’étiquette politique des candidats (65%) et surtout les enjeux nationaux (48% seulement) pèseront dans leur choix de vote – même si ces deux motivations sont largement majoritaires parmi les électeurs de l’UMP ou du Front National.
  • Plus précisément, dans les communes d’au moins 1 000 habitants, les Français estiment que les finances publiques locales devront constituer la principale priorité de leur équipe municipale pour les années à venir : 55% jugent à la fois que les thématiques des « dépenses de la municipalité » et des « impôts locaux » sont des enjeux tout à fait prioritaires. La troisième thématique jugée la plus prioritaire pour l’équipe municipale est la sécurité des biens et des personnes (48%), devant la promotion du développement économique et de l’emploi (45%). Trois enjeux liés aux services publics sont également identifiés comme « tout à fait prioritaires » par plus d’un électeur sur trois : le maintien et la qualité des services publics (39%), la question des transports (37%) et l’entretien du système scolaire (35%). Environ une personne sur trois accorde une priorité élevée à la propreté (32%), à la préservation de l’environnement (31%) ou au logement (31%). 29% portent ce jugement sur l’aide aux commerces, 28% sur les aménagements urbains, 27% sur les services et actions sociales, 25% sur la participation des citoyens aux décisions et seulement 20% sur les activités culturelles ou sportives.
  • Dans le détail, l’électorat du Parti socialiste se démarque par la plus grande priorité qu’il accorde à la question du logement (37%) et des services et actions sociales (37%). Plus encore que la moyenne des Français, les électeurs de l’UMP ou du Front National accordent une priorité forte à la question des impôts locaux (UMP : 65% ; FN : 71%) et de la sécurité (UMP : 68% ; FN : 61%). Les électeurs de Droite semblent également accorder davantage d’importance à leur cadre de vie immédiat : 44% jugent « tout à fait prioritaire » la question des transports, autant concernant la propreté et 33% pour les aménagements urbains. Les électeurs frontistes, quant à eux, mettent davantage en avant la participation des citoyens aux décisions (33%), décisions dont ils ont sans doute le sentiment d’être éloignés au quotidien.
  • Sur ces différents domaines, la plupart des Français estiment que l’étiquette politique du maire a au final peu d’importance : au moins un Français sur deux déclarent qu’un maire de Gauche n’est pas spécialement préférable à un maire de Droite et réciproquement. Notons toutefois que les sujets perçus comme les plus prioritaires sont davantage associés à la Droite, comme les impôts locaux (22% jugent un maire de Droite préférable sur ce sujet, 15% privilégiant un maire de Gauche) et la sécurité (30% Droite, 10% Gauche) ou encore le développement économique (23% Droite, 15% Gauche) ; tandis que d’autres domaines d’action, souvent moins prioritaires, sont davantage associés à la Gauche, comme le logement (24% jugent un maire de Gauche préférable, contre 14% favorisant un maire de Droite), les actions sociales (30% Gauche, 12% Droite) et les activités culturelles ou sportives (21% Gauche, 10% Droite). Mais dans l’ensemble, les Français semblent juger que l’étiquette politique des maires est moins discriminante que leur pratique concrète du pouvoir municipal, les maires du centre ou « sans étiquette » n’apparaissant pas non plus comme un recours préférable (jamais plus de 10% de citation).

En savoir plus :

Share