Les Français, les élections municipales et les dépenses de leur commune

Etude Harris Interactive pour LCP

Paris, le 14 mars 2014 – Dans la perspective des prochaines élections municipales, Harris Interactive réalise pour LCP-AN une enquête barométrique hebdomadaire auprès d’un échantillon représentatif de Français. Ce baromètre permettra de suivre le regard porté sur cette échéance par les personnes inscrites sur les listes électorales dans les communes d’au moins 1 000 habitants1, qui partagent un même mode de scrutin : quel intérêt ces personnes expriment-elles pour les élections municipales ? Combien indiquent leur intention de se déplacer aux urnes ? Pour quelle liste les électeurs voteraient-ils aujourd’hui, dans l’hypothèse où toutes les forces politiques seraient présentes de façon autonome dans leur commune ? Quels seraient les éléments structurants de leur choix de vote ?

La deuxième vague de ce baromètre, réalisée du 11 au 13 mars, était également l’occasion d’interroger plus spécifiquement les électeurs sur la question des finances publiques locales. En effet, les impôts locaux et les dépenses de la municipalité avaient été désignés la semaine dernière par les Français comme les deux thématiques les plus prioritaires pour l’équipe municipale de leur commune dans les années à venir : 55% jugeaient chacune de ces thématiques « tout à fait prioritaire ».

Que retenir de cette enquête ?

  • L’intérêt des Français résidant dans des communes d’au moins 1 000 habitants pour les prochaines élections municipales à 10 jours du scrutin se maintient à un niveau élevé (74%), voire se renforce sensiblement par rapport à la dernière vague d’enquête2, 34%, +3 points affirmant même être « beaucoup » intéressés. 26% des électeurs indiquent au contraire ne pas s’intéresser à ce scrutin, dont 5% déclarant n’être « pas du tout » intéressés. Le clivage générationnel demeure, les plus âgés se montrant toujours plus attentifs à cette échéance que les plus jeunes (91%, +6 points, chez les 65 ans et plus contre 59% chez les 18-24 ans, 67% chez les 25-34 ans), avec toutefois un sursaut d’intérêt non négligeable de ces derniers par rapport à la dernière vague d’enquête (+11 points et +6 points respectivement au sein de ces deux tranches d’âge).
  • A l’issue d’une séquence où l’intégrité ou la sincérité de certains responsables politiques de Gauche comme de Droite a été remise en question, on observe un léger recul des intentions de vote en faveur de l’UMP et surtout du Parti socialiste pour les prochaines élections municipales. A l’échelle de la France entière, dans l’hypothèse où l’ensemble des listes seraient présentes dans chaque commune d’au moins 1 000 habitants, les listes de l’UMP ou Divers Droite recueilleraient 35% des votes exprimés (-1 point), tandis que les listes du Parti socialiste ou Divers Gauche rassembleraient 30% des suffrages (soit -3 points). Les autres formations politiques bénéficient de cette dynamique, même si aucune ne rassemble plus de 9% des voix : 9% pour le Front National (+1 point), 6% pour Europe Ecologie Les Verts (+2 points), 6% pour « l’Alternative » MoDem/UDI (+1 point), 6% également pour le Front de Gauche (stable). Enfin, seul 1% des suffrages exprimés va à une liste d’extrême-Gauche (-1 point) quand 7% citent une autre liste (+1 point). Rappelons qu’il s’agit ici d’un rapport de forces exprimé aujourd’hui au niveau national, n’ayant aucune fonction prédictive.
  • La hiérarchie des motivations de choix de vote des habitants des communes d’au moins 1 000 habitants pour ces élections municipales reste inchangée par rapport à l’enquête précédente. Les considérations locales s’imposent largement sur les enjeux nationaux (en recul de 4 points à 44%). Les enjeux locaux (90%, stable), les projets portés par les candidats (90%, +2 points) et le bilan du maire sortant (87%, + 3 points) apparaissent comme les éléments les plus structurants pour les électeurs, notamment pour les proches de la Gauche. Les Français accordent également une importance non négligeable à la personnalité des candidats (81%, +2 points). Enfin, l’étiquette politique des candidats (64%, -1 point) et surtout les enjeux nationaux (44%, – 4 points) émergent comme des critères de choix plus secondaires et en baisse, tout en conservant un score élevé et majoritaire auprès des électeurs de l’UMP ou du Front National.
  • Dans l’enquête Harris Interactive pour LCP réalisée la semaine dernière, les Français désignaient nettement la question des finances publiques locales comme principale priorité de leur équipe municipale pour les années à venir : 55% jugeaient à la fois que les thématiques des « dépenses de la municipalité » et des « impôts locaux » étaient des enjeux tout à fait prioritaires. Interrogés plus spécifiquement cette semaine sur leur perception des dépenses de leur commune, les Français sont 61% à se déclarer satisfaits de la politique menée au cours de ces dernières années par l’équipe municipale en ce qui concerne la gestion des dépenses et des recettes de votre commune, quand 39% indiquent au contraire ne pas être satisfaits. La satisfaction dans ce domaine semble être plus prononcée parmi les habitants des communes de taille petite ou moyenne (de 2 000 à 20 000 habitants : 65% satisfaits) que parmi les habitants des communes plus grandes (de 20 000 à 100 000 habitants : seulement 54% satisfaits). En mineur, les personnes habitant une commune dont le maire est de Gauche sont légèrement moins satisfaites que la moyenne : 46% « pas satisfaits ».
  • Il existe un consensus entre les personnes habitant des communes de plus de 1000 habitants sur la nécessité de ne pas augmenter les impôts locaux, ni les dépenses de leur municipalité : dans un cas comme dans l’autre, environ six personnes sur dix souhaitent les réduire, quand environ quatre personnes sur dix préfèrent les maintenir à leur niveau actuel. Cet enjeu suscite un fort clivage politique : l’électorat de Gauche se montre moins enclin que la moyenne à vouloir réduire les dépenses de la municipalité (seulement 39% parmi les électeurs Front de Gauche, 43% parmi ceux du Parti socialiste), contrairement aux électeurs du Centre (68%), de l’UMP (62%) et du Front National (63%). En revanche, la perspective de réduire les impôts locaux est certes particulièrement approuvée par les électeurs frontistes (76%), mais elle est également partagée par les électeurs Front de Gauche (62%), de l’UMP (61%) et dans une moindre mesure par l’électorat PS (53%). Soulignons que les électeurs centristes sont minoritaires (39%) à souhaiter une réduction des impôts locaux, sans doute dans un souci d’équilibre des comptes publics.
  • Parmi les différentes pistes envisageables, les personnes souhaitant réduire les dépenses de la municipalité se montrent largement favorables à la réduction de frais de fonctionnement sans doute associés au train de vie des élus, qu’il s’agisse des frais liés aux événements publics de la municipalité (84% favorables) ou des indemnités des élus (84% également). Ces personnes souhaitant réduire les dépenses de leur commune sont également 71% à se déclarer favorables à la vente de certains bâtiments ou terrains municipaux. En revanche, même au sein de ce socle spécifique d’habitants souhaitant réduire les dépenses de leur commune, d’autres mesures font davantage débat: le fait de réduire le nombre d’employés municipaux (63% favorables), de réduire les subventions accordées à des associations (51%) ou d’augmenter le nombre d’heures travaillées par les employés municipaux sans augmenter leur salaire (50%). Enfin, sont nettement rejetées les perspectives de réduire les frais liés au réseau de télécommunications (seulement 34% favorables), de réduire l’entretien de l’espace public (31% favorables) et plus encore de réduire les services proposés par la commune (23%). Ainsi, y compris pour les personnes souhaitant une réduction des dépenses de la municipalité, les administrés ne sont pas prêts à voir diminuer la qualité des services et infrastructures proposés par leur commune. Notons toutefois que les électeurs de l’UMP souhaitant réduire les dépenses de leur commune portent un regard plus favorable sur les propositions associées aux employés municipaux et à la vente de bâtiments ou terrains communaux, quand les électeurs frontistes envisagent davantage de réduire le montant des subventions (75% favorables) ou l’entretien des réseaux de communication (46%).

1Dans le cadre de ce document, l’expression « les Français » désigne les personnes inscrites sur les listes électorales dans une commune d’au moins 1 000 habitants.
2Enquête Harris Interactive pour LCP, réalisée en ligne du 04 au 06 mars 2014 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée d’au moins 18 ans. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

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