Les Français, la situation économique du pays et les coûts du travail et du capital

Sondage Harris Interactive pour la CGT

Paris, le 2 juin 2014 – A la demande de la CGT, et à l’occasion d’un colloque se déroulant ce lundi 2 juin au Conseil Economique, Social et Environnemental intitulé : « Le coût du capital : Quelles conséquences économiques et sociales ? Quelles alternatives ? », Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français sur la situation économique du pays et les coûts du travail et du capital : il s’agissait d’appréhender quelles sont, aux yeux des Français, les raisons qui expliquent les difficultés de l’économie française et les moyens qu’ils identifient pour relancer la croissance.

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

  • Les Français estiment que « le coût du capital » (dividendes versées aux actionnaires, intérêts des remboursements des crédits aux banques, etc.) contribue autant, si ce n’est plus, aux difficultés de l’économie française que « le coût du travail » (salaires et traitements, primes, cotisations patronales, frais de formation, etc.). En effet, 87% des Français estiment que le coût du capital contribue aux difficultés de l’économique française, dont 58% fortement. Ils sont 81% à se déclarer du même avis en ce qui concerne le coût du travail, dont 41% fortement. Les plus susceptibles de considérer que le coût du capital pénalise l’économie française sont les sympathisants de Gauche (94%), et les personnes qui se déclarent proches de la CGT (96%), de la CFTC (97%) ou encore de Sud-Solidaires (97%). A l’inverse, ce sont les sympathisants de Droite (94%) ainsi que les personnes proches de la CFE-CGC (98%) ou ne se sentant proches d’aucun syndicat (85%) qui estiment le plus que l’économie française est affaiblie par le coût du travail.

  • Pour relancer la croissance, les Français estiment qu’il faudrait en prioritaire réduire les taxes et impôts des ménages ainsi que les cotisations salariales (41%) mais également les taxes et impôts des entreprises ainsi que les cotisations patronales (34%). Les membres des catégories supérieures défendent particulièrement ces deux solutions, ainsi que les sympathisants d’Extrême-Droite et de Droite. 35% des répondants privilégient la réduction des dividendes perçus par les actionnaires, cette hypothèse étant davantage citée par les sympathisants de Gauche (56%) ainsi que les personnes se sentant proches de Sud-Solidaires (66%), de la CGT (64%) et de FO (47%). 33% plébiscitent la réduction des salaires des dirigeants et 30% celle des intérêts versés aux banques et établissements financiers. Ces deux dernières propositions recueillent davantage l’assentiment des salariés du public et des sympathisants d’Extrême-Gauche et de Gauche. En revanche, très peu considèrent qu’il faudrait prioritairement revoir à la baisse le nombre d’emplois dans le privé et dans le public (4%), les salaires et traitements (3%) ou encore les investissements (2%). Ainsi, les Français appellent de leurs vœux avant tout une baisse de la taxation ainsi qu’une diminution du coût du capital avant même le coût du travail et souhaitent que les salaires comme les investissements soient sanctuarisés.
  • 8 Français sur 10 considèrent que les efforts demandés pour rétablir l’économie française sont aujourd’hui injustement répartis, dont 36% qui estiment même que la répartition actuelle est tout à fait injuste. Les plus susceptibles de condamner le caractère injuste de la répartition des efforts demandés sont les personnes âgées de 50 à 64 ans (85%), les professions intermédiaires (86%), les sympathisants d’Extrême-Gauche (96%) mais aussi d’Extrême-Droite et de Droite (89%). Relevons que 62% des sympathisants socialistes estiment également injuste la répartition des efforts demandés aujourd’hui par le Gouvernement.
  • Pour améliorer la situation économique du pays, les Français estiment que le plus efficace serait d’investir davantage en matière de recherche et de développement (79%, dont 31% « très efficace »). Cette solution est plébiscitée aussi bien par les sympathisants PS (89%) que par les sympathisants de Droite (87%). Environ 7 répondants sur 10 jugent qu’il serait également efficace de plafonner les rémunérations des dirigeants (73%, dont 36% « très efficace ») et les dividendes des actionnaires (69%, dont 32% « très efficace ») mais aussi d’améliorer les conditions de travail (70%, dont 22%). Ces trois solutions sont jugées plus efficaces par les sympathisants d’Extrême-Gauche et de Gauche (respectivement 85%, 79%, et 82%) ainsi que par les personnes se sentant proches de la CGT (respectivement 94%, 81% et 91%). Deux-tiers des Français pensent que le fait d’augmenter les salaires dans le privé et dans le public serait efficace pour améliorer la situation économique du pays (66%, dont 20%) tout comme le fait d’augmenter le budget consacré à la formation professionnelle (65%, dont 21%). Là encore, les personnes se situant à Gauche de l’échiquier politique ainsi que les personnes se déclarant proches de la CGT portent un regard plus positif sur ses deux mesures. Enfin, un peu plus d’un Français sur deux attribue de l’efficacité à une augmentation de l’impôt sur les hauts revenus (55%, dont 23%), cette proportion montant à 74% parmi les sympathisants de Gauche et 81% parmi les personnes proches de la CGT.

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