Les Français et l’Europe

Etude Harris Interactive pour l’émission « Place aux idées »

Paris, le 23 avril 2015 – L’institut Montaigne et Tilder proposent un grand débat sur une question sociétale au sein de leur émission « Place aux idées », diffusée sur la chaine parlementaire (LCP-AN).
Dans l’optique de l’émission diffusée le 23 avril, Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français afin d’identifier le regard qu’ils portent sur l’Union européenne aujourd’hui : comment les Français se représentent-ils la construction européenne aujourd’hui ? Dans quelle mesure la jugent-ils utile ? Qui selon eux sont les véritables détenteurs du pouvoir dans l’Union européenne, et comment souhaitent-ils que cela évolue ?

Que retenir de cette enquête ?

  • Spontanément, quand les Français pensent à l’Union européenne (UE), la principale dimension qui leur vient à l’esprit est la monnaie unique. Aux yeux des personnes interrogées, « l’euro » semble donc être la meilleure incarnation de l’Union européenne dans leur quotidien.
  • Près de deux Français sur trois (64%) estiment aujourd’hui que l’Union européenne est une « construction artificielle », regroupant des Etats-membres qui ne partagent pas grand-chose entre eux, tandis que seuls 35% jugent au contraire qu’il s’agit d’une « réalité qui a du sens ». Les jugements critiques à l’égard de l’Europe sont particulièrement répandus parmi les tranches d’âge intermédiaires (72% parmi les 35-49 ans et 70% parmi les 50-64 ans) et les sympathisants du Front National (90%), mais aussi du Front de Gauche (82%). À l’inverse, les jeunes considèrent majoritairement l’UE comme une réalité ayant du sens (61% parmi les 18-24 ans), de même que les sympathisants socialistes (56%).
  • Pour autant, l’Union européenne n’est pas majoritairement identifiée comme un artefact : dans l’hypothèse où elle n’existerait pas, 63% des Français pensent qu’il faudrait la créer. Si l’UE est majoritairement perçue comme inopérante aujourd’hui, les personnes interrogées jugent donc sans doute qu’elle a joué un rôle important par le passé. Cette utilité associée à la création de l’Union européenne est plus prononcée aux yeux des jeunes (76%). En revanche, les sympathisants frontistes expriment aujourd’hui un regard très critique à l’égard de la construction européenne, puisqu’ils estiment quasi-unanimement (80%) que si l’UE n’existait pas, il ne faudrait pas pour autant la créer.
  • Interrogés sur le pouvoir dont disposent aujourd’hui différents acteurs au sein de l’Europe, 80% des Français regrettent que les citoyens n’occupent pas une place assez importante dans l’UE. Une majorité relative estime également que les parlements de chaque pays européen ne se voient pas confier suffisamment de pouvoir (41%), de même que la France en particulier (39%) ou le Parlement européen – même si les avis sont plus partagés concernant l’instance strasbourgeoise, puis que 31% estiment qu’elle dispose de trop de pouvoir et 36% de pas assez de pouvoir.
  • A l’inverse, certains acteurs sont identifiés par une majorité relative de Français comme ayant « trop de pouvoir » : c’est notamment le cas d’institutions comme la Banque Centrale Européenne (50% « trop de pouvoir ») ou la Commission européenne (45%), mais également de l’Allemagne (46%) voire du Royaume-Uni (31%). De façon transversale, le sentiment que les instances européennes disposent aujourd’hui de trop de pouvoir au sein de l’UE est particulièrement prononcé parmi les sympathisants du Front National.
  • Pour l’avenir, les Français peinent à identifier un acteur auquel ils feraient confiance pour améliorer le fonctionnement de l’Union européenne : 22% citent le couple franco-allemand, 19% le Parlement européen, quand moins de 10% désignent la Commission européenne (9%), des pays autres que la France et l’Allemagne (5%) ou encore la BCE (4%). Ainsi, plus de quatre Français sur dix (41%) déclarent qu’ils ne font confiance à aucun des acteurs susnommés, signe d’une défiance forte à l’égard de l’Europe, de ses institutions et du fonctionnement actuellement proposé. À nouveau, soulignons que cette défiance est particulièrement prononcée chez les sympathisants frontistes (70%).
  • Dans ce contexte, les Français ne sont pas convaincus par la perspective d’une intervention militaire des États de l’Union européenne pour mettre fin au conflit armé en Ukraine : un tiers d’entre eux (32%) s’y déclare favorable, jusqu’à 44% chez les jeunes et 47% parmi les sympathisants de Gauche. Mais plus de deux personnes sur trois (68%) ne souhaitent pas que cela se produise, l’opposition étant particulièrement prononcée parmi les personnes les plus âgées (78%) et celles qui se déclarent proches du Front National (80%).

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