Les Français et « Les Républicains »

Etude Harris Interactive pour LCP-AN

Paris, le 22 mai 2015 – À quelques jours du prochain congrès de l’UMP, qui devrait valider le changement du nom de cette formation politique en « Les Républicains », Harris Interactive a interrogé les Français à la demande de LCP-AN pour comprendre comment se structure à ce jour le regard des Français sur le mouvement « Les Républicains ».

Que retenir de cette enquête ?

  • Les Français n’ont à ce jour pas d’image structurée de « Les Républicains » en tant que formation politique singulière : leurs évocations spontanées se focalisent sur le changement de nom de l’UMP, dont ils jugent pour une majorité que cela ne « change rien ». Tout au plus évoquent-ils la tonalité « américaine » de cette appellation qui renvoie au « Parti Républicain » des États-Unis.
  • Les Français identifient plutôt ce changement de nom comme une mauvaise chose (73%) que comme une bonne chose (26%). Les jugements critiques sont quasi unanimes à Gauche (91%) et parmi les sympathisants du MoDem (85%), alors que les sympathisants de l’UMP sont une courte majorité à exprimer un jugement positif (54%).
  • Un motif possible du jugement critique des Français à l’égard de ce changement de nom tient peut-être à leur sentiment que ce nom correspondrait mal à cette formation politique : c’est l’avis de deux personnes sur trois (65%), et jusqu’à 83% à Gauche ou 82% au MoDem. Un tiers des personnes interrogées indique au contraire que le nom « Les Républicains » correspond bien au mouvement dirigé par Nicolas Sarkozy, cet avis positif étant partagé par plus de deux personnes sur trois parmi les sympathisants de l’UMP (68%) mais aussi de l’UDI (66%).
  • Les Français se déclarent très attachés à l’idée de République : ils estiment qu’elle fait partie du patrimoine de l’Histoire de France (91% d’accord), qu’elle rassemble tous les Français (85%) mais aussi qu’il est important de la défendre dans les années à venir (92%). C’est sans doute cet attachement qui justifie leur adhésion majoritaire à des affirmations critiques sur l’emploi du concept de « République » par une formation politique : 68% estiment qu’un « parti politique ne devrait pas avoir le droit de s’approprier le mot “Républicain” » (40% d’accord parmi les sympathisants l’UMP), et 69% sont même d’accord pour affirmer que « “Les Républicains” ne peut pas être le nom d’une formation politique » (45% à l’UMP).
  • À l’avenir, les Français souhaitent que « Les Républicains » défendent en priorité les valeurs de justice (76% tout à fait prioritaire), de travail (74%) et de responsabilité (65%). Les sympathisants de l’UMP mettent en avant les trois mêmes valeurs principales que la moyenne des Français, mais se distinguent du reste de leurs compatriotes notamment par la plus grande priorité accordée au concept d’autorité : ce dernier est jugé tout à fait prioritaire par 68% des sympathisants UMP, pour seulement 43% en moyenne.
  • Rétrospectivement, les sympathisants de l’UMP se déclarent très largement satisfaits (88%) de l’action de Nicolas Sarkozy depuis son retour à la Présidence de l’UMP, quand bien même la moyenne des Français semble peu convaincue (36% satisfaits). En termes projectifs, 60% des Français souhaitent qu’Alain Juppé occupe un rôle important dans la future organisation de « Les Républicains », soit sensiblement plus que Nicolas Sarkozy (40%), au profil plus clivant. Néanmoins, auprès des sympathisants de l’UMP, l’ancien chef de l’État (86% souhaitant qu’il joue un rôle important) est davantage attendu que l’ex-Premier ministre (78%), celui-ci étant d’ailleurs à égalité avec le dauphin à l’élection de la Présidence de l’UMP, Bruno Lemaire (78% également). François Fillon, qui reste une figure préférentielle aux yeux de 44% des Français, est néanmoins distancé parmi les sympathisants UMP, avec seulement 57% de réponses positives.
  • Dans la perspective d’une primaire ouverte à Droite pour désigner le futur candidat à l’élection présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy recueille toujours nettement la préférence des sympathisants de l’UMP (50%, contre 26% à Alain Juppé) malgré une réduction sensible de son « score » par rapport à septembre 2014 (-8 points , quand Alain Juppé recule de 2 points seulement). En revanche, Alain Juppé reste la solution privilégiée par les sympathisants de Droite dans leur ensemble, avec 37% de préférence (stable) pour 32% à l’ancien Président de la République (-5 points). Auprès des sympathisants de l’UMP en particulier comme de la Droite en général, soulignons la progression de Bruno Lemaire, que respectivement 11% des sympathisants de l’UMP (+7 points) et 14% des sympathisants de Droite (+6 points) souhaiteraient voir emporter la primaire. Aucun autre candidat ne recueille plus de 10% de souhaits de victoire, que ce soit au sein de la Droite ou à l’UMP.

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