Les Français et les effets des changements climatiques sur la santé

Enquête Harris Interactive pour la Croix-Rouge française et Aésio

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 22 au 25 mars 2019. Échantillon de 1 061 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

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A l’occasion de la Journée Mondiale de la santé, qui se déroulera le dimanche 7 avril 2019, la Croix-Rouge Française et le Groupe Aésio souhaitent interpeller les Français sur les conséquences des changements climatiques et leur impact sur la santé. Avec Harris Interactive, l’association fait le point sur les représentations des Français : dans quelle mesure estiment-ils que santé et changements climatiques sont liés ? Se sentent-ils préparés pour faire face aux nouveaux risques ? Qu’attendent-ils et de la part de qui afin de mieux anticiper ces nouveaux risques ?

 

Que retenir de cette enquête ?

 

Les changements climatiques apparaissent comme une source d’inquiétudes chez les Français

 

  • Lorsqu’ils évoquent spontanément les changements climatiques, les Français l’abordent sous l’angle de l’inquiétude, voire de l’alarme, que soit dans leur ton ou dans le registre de vocabulaire qu’ils utilisent pour décrire la situation (« catastrophes » ; « danger » ; « peur » ; « disparition »). Ils évoquent avant tout des événements dramatiques (« fonte des glaces » ; « inondations » ; « tempêtes » ; « pollution » ; « disparition d’espèces animales ») faisant suite au « réchauffement » climatique global de la planète.
  • Dans ce contexte, près de 8 Français sur 10 (79%) se déclarent inquiets des effets que les changements climatiques pourraient avoir sur leur santé, dont 29% très inquiets, les craintes étant a fortiori portées par les jeunes actifs (85% inquiets). Et pour cause, 87% des Français se montrent convaincus que les conséquences des changements climatiques sur la santé sont bien réelles, et, pour la plupart de ceux qui le croient, qu’elles sont déjà sensibles aujourd’hui (67%). Les Français font ainsi valoir un large sentiment d’urgence sur la question du climat et des conséquences de ses évolutions.
  • S’ils redoutent en premier lieu les conséquences directes des changements climatiques, c’est-à-dire la multiplication des catastrophes naturelles (89%) et des aléas climatiques telles les canicules ou les vagues de grand froid (85%), ils sont également hautement préoccupés par les bouleversements indirects. 79% craignent ainsi d’être confrontés à des conflits liés à la raréfaction des ressources, 76% à des nécessités migratoires. Les dérèglements de santé apparaissent également comme des craintes majeures, 75% des Français redoutant d’être touchés par des maladies pulmonaires ou cardiovasculaires liées aux changements climatiques et 73% ayant peur de voir surgir en métropole des épidémies de maladies qui n’y sont aujourd’hui pas présentes (dengue, paludisme, choléra, etc.). Seuls les troubles psychologiques liés au stress des changements climatiques apparaissent légèrement moins préoccupants à ce stade pour les Français, tout en suscitant la crainte de près de la moitié d’entre eux. On note d’ailleurs, que sur ces différents aspects liés à la santé, les femmes se montrent plus inquiètes que les hommes.

 

Information et capacité à réagir : des Français mal préparés à faire face aux risques liés aux changements climatiques

 

  • L’inquiétude des Français est renforcée par le sentiment que la majorité d’entre eux ont, malgré la multiplication des alertes sur les sujets liés aux changements climatiques au cours des dernières années et des derniers mois, d’être mal informés sur le sujet (54%). Concrètement, si, après la canicule de 2003 et les différents plans canicule qui ont été déclenchés au cours des dernières années, les Français se sentent majoritairement capables de réagir à la situation (83%), c’est beaucoup moins le cas pour d’autres types de catastrophes naturelles. Seuls un peu plus de la moitié des Français estiment qu’ils sauraient quoi faire en cas d’inondation (53%) ou de tempête (53%), le nombre de personnes estimant qu’elles sauraient « tout à fait » quoi faire demeurant inférieur à 15%, alors même que ce type d’événements se produit en France de manière au moins occasionnelle. Dans le cas d’une épidémie de maladie pas ou peu présente en France aujourd’hui, ils ne sont plus que 34% à estimer savoir comment réagir, témoignant de la nécessité d’une plus grande information en matière de prévention et de gestion des risques.
  • De même qu’ils avouent se sentir relativement pris de court dans certaines situations, les Français indiquent certaines lacunes concernant les gestes de premiers secours. 29% indiquent ne pas les connaitre du tout et 35% déclarent les connaitre tout en ne se sentant pas capables de les appliquer. Seuls 36% des Français estiment ainsi non seulement connaitre les gestes de premier secours mais également pouvoir les appliquer, parmi lesquels une plus grande proportion d’hommes (43%), de jeunes (43%) et de personnes parmi les plus diplômées (45%).

 

Une confiance toute relative envers les acteurs institutionnels face aux impacts sur la santé des changements climatiques

 

  • Pour trouver des solutions permettant aux individus de s’adapter aux conséquences des changements climatiques, les Français font avant tout confiance aux professionnels de santé (82%) et aux associations et ONGs (76%). Ils estiment également que les solutions peuvent être trouvées principalement au niveau local, dans les mairies ou collectivités territoriales (61%) ou enseignées dès le plus jeune âge au sein de l’école (59%). Ils ne sont plus qu’une moitié ou moins à faire confiance aux structures supra-nationales, qu’il s’agisse de l’ONU (52%), de l’Union Européenne (37%) ou des pays membres du G20 (34%), témoignant d’une mise en doute de ces acteurs dans leur capacité à remplir une partie de leur raison d’être, c’est-à-dire de trouver des solutions collectives aux enjeux d’intérêt général. Mais les acteurs en qui les Français font le moins confiance s’avèrent être les Etats (34% de confiance) et les entreprises (32%), largement mis en doute dans leur capacité à trouver des solutions efficaces pour les individus. Surtout, on constate que, quel que soit l’acteur envisagé, le niveau de confiance reste relatif : même les professionnels de santé ou les associations et ONGs ne parviennent pas à convaincre plus de 23% des Français de leur faire tout à fait confiance.
  • Signe que les Français doutent aujourd’hui de la capacité des Etats à savoir réagir face aux dangers des changements climatiques, ils sont une large majorité (73%) à estimer que les Etats signataires de l’Accord de Paris en 2015 ne réussiront pas à mettre en œuvre les mesures nécessaires au respect de leurs engagements – le maintien du réchauffement climatique sous la barre des +2° à l’horizon 2100. Autre indice du manque de crédit dont souffrent les Etats sur les questions climatiques, le regard que les Français portent sur leur propre système de santé. Ils sont près des deux tiers (67%) à estimer que le système de santé français est aujourd’hui mal préparé à la prise en charge des effets des changements climatiques.

 

Formation, entraide… Les solutions envisagées pour mieux affronter les risques

 

  • Afin de mieux préparer les citoyens à réagir aux effets des changements climatiques sur la santé, les Français envisagent plusieurs axes d’action. L’enjeu, en premier lieu est pour eux de renforcer les dispositifs de secours aux personnes en cas de catastrophes, afin de parer à l’urgence et au danger des situations (57%). Il apparait ensuite nécessaire de mieux former les citoyens aux risques des changements climatiques sur leur santé (55%), une information qui peut se faire autant dans les écoles que dans les entreprises, via le biais d’associations ou directement de la Sécurité sociale. Le renforcement de l’accompagnement des personnes les plus vulnérables arrive en 3ème position (49%), juste avant celui d’une formation renforcée au premiers secours (39%). Toutefois, selon leur âge, les Français portent une vision différente des priorités à mettre en œuvre, les plus jeunes se prononçant davantage pour des campagnes d’information sur les risques (63%) et la formation aux premiers secours (45%) quand les plus âgés accentuent la nécessité de renforcer les dispositifs de secours (63%) et l’accompagnement des plus vulnérables (53%).
  • Fortes de la confiance des Français, les associations qui manifestent l’envie d’aider les personnes les plus vulnérables à faire face aux effets des changements climatiques peuvent bénéficier d’un certain relais auprès de la population. Quand près d’un Français sur deux (48%) estime que les individus pourraient trouver eux-mêmes des solutions pour s’adapter aux conséquences des enjeux climatiques, la solidarité s’avère forte : 67% déclarent qu’ils pourraient s’engager auprès d’une association dont c’est la vocation. Néanmoins, ces effets déclaratifs sous-tendus de bonnes intentions restent à considérer avec prudence : seuls 14% déclarent être certainement prêts à le faire.

 

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