Les Français et les cancers du sang : entre méconnaissance et attentes d’information

Etude Harris Interactive pour le laboratoire Janssen

Enquête réalisée en ligne du 1 er au 3 mars 2016. Échantillon de 998 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Comment les Français perçoivent-ils les cancers du sang ? Quelle connaissance réelle en ont-ils ? Quelle appétence pour obtenir des informations sur ce sujet ?

Le 4 décembre 2012, le Président de la République annonce le lancement du troisième Plan Cancer, faisant suite aux deux premières phases initiées par Jacques Chirac en 2003 et poursuivies par Nicolas Sarkozy à partir de 2009. A cette occasion, François Hollande conclut son intervention en fixant un cap ambitieux : « Nous devons accélérer, aller plus vite et permettre de guérir plus de malades et d’empêcher d’autres de le devenir ».

Le cancer du sang, ou plus exactement les différentes formes qu’il peut prendre, se distingue justement par l’activité de la recherche dans ce domaine, par les découvertes intervenues au cours des derniers mois, et par le lancement de nouveaux produits. Dans ce cadre, le laboratoire Janssen a sollicité Harris Interactive pour mener une étude d’opinion visant à investiguer les représentations que le Grand Public peut avoir des cancers du sang, un sujet amené à prendre de l’importance dans les années à venir, ne serait-ce que du fait du vieillissement de la population et du nombre de personnes concernées par ces maladies qui se déclinent sous des formes multiples.

Que retenir de cette enquête ?

Si les Français affirment très majoritairement avoir déjà entendu parler des cancers du sang, leurs connaissances réelles sont souvent sommaires. Dans ce contexte, ils ont majoritairement conscience d’être mal informés et attendent davantage d’informations, notamment du corps médical et des médias.

  • Spontanément, les Français associent le cancer en général à des termes négatifs (« maladie », « mort », « souffrance », « peur », « douleur », « décès », etc.). Néanmoins, ils évoquent également le thème des « traitements » (« chimiothérapie », « hôpital », « cheveux », « recherche », etc.) et même de la « guérison » (« rémission », etc.).cancer-sang-janssen-Harris-Interactive-1
  • Lorsqu’ils sont plus spécifiquement interrogés sur les cancers du sang, près de 9 Français sur 10 (86%) indiquent en avoir déjà entendu parler (et même 90% des femmes, 93% des 65 ans et plus), 41% d’entre eux affirmant même savoir exactement de quoi il s’agit.
    Notons qu’un quart des jeunes de 18-24 ans (23%) reconnait ne jamais avoir entendu parler des cancers du sang (contre 14% parmi l’ensemble des Français). Quel que soit leur niveau d’information déclaré sur ce sujet, les Français associent spontanément ces cancers du sang au terme « leucémies », et bien moins aux « lymphomes », etc.
  • Afin de « quantifier » cette prééminence de la leucémie comme maladie associée aux représentations des cancers du sang, Harris Interactive a soumis aux Français une liste de six maladies en leur demandant s’il s’agissait selon eux de formes de cancers du sang. Si 83% d’entre eux reconnaissent effectivement la leucémie lymphoïde chronique comme un cancer du sang, seuls 43% en font de même pour le lymphome et 34% pour l’aplasie médullaire.

    Par ailleurs, seuls 30% des Français identifient le myélome multiple, et même 22% la maladie de Waldenström, comme des formes de cancers du sang. En revanche, plus de 9 Français sur 10 (91%) distinguent, à bon escient, le cancer du poumon de ceux du sang. Au final, s’ils se disent plutôt informés sur les cancers du sang, les Français montrent leur limites lorsqu’il s’agit d’identifier exactement quelle maladie en relève : seuls 5% d’entre eux ont été capables de répondre correctement à toutes les propositions, un résultat qui varie peu entre les différentes catégories de la société française.
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  • Si leurs connaissances des différents cancers du sang apparaissent pour le moins incomplètes, les Français semblent mieux identifier les symptômes leur étant associés. Ainsi 86% associent la fatigue à ces cancers, 79% les hématomes inexpliqués, 77% une perte de poids en dehors d’un régime, 69% une fièvre inexpliquée et 65% des douleurs osseuses. Néanmoins, ils sont une minorité (42%) à percevoir les sueurs nocturnes répétées comme un symptôme possible.

    Les Français affichent donc ici une connaissance plutôt bonne de ces différents symptômes, bien que seul 1 sur 4 (28%) associe bien tous ces symptômes aux cancers du sang, des bonnes réponses plus fréquentes parmi les personnes âgées de 35-49 ans (36%). Notons qu’y compris parmi les Français estimant savoir exactement ce que sont ces cancers, seul un tiers (34%) reconnaît tous ces symptômes.

  • Afin de compléter cette évaluation des perceptions et des connaissances des Français à l’égard des cancers du sang, Harris Interactive leur a demandé de réagir à plusieurs affirmations d’ordre général. Ainsi, 81% des Français considèrent à juste titre que les cancers du sang peuvent toucher la moelle osseuse ou le système lymphatique, 78% que chaque cancer du sang a un traitement spécifique, 67% que les cancers du sang pris dans leur ensemble représentent le 5 ème cancer le plus répandu après les cancers du poumon, 66% qu’ils constituent 40% des cancers chez les enfants et 64% qu’il existe plus de 10 cancers du sang différents.

    Cependant, seul un tiers des Français (30%) identifie bien les cancers du sang comme des « maladies rares ». En ce qui concerne les affirmations soumises délibérément fausses, une majorité de Français les identifie comme telles : 79% des Français ne pensent pas que les femmes dont davantage concernées que les hommes, 63% estiment que les chances de guérison ne sont pas élevées, et 54% affirment qu’ils ne touchent pas majoritairement les enfants. Par ailleurs, 59% des Français ne croient pas au traitement identique des cancers du sang (contre 2% ayant l’opinion contraire et 39% avouant ne pas savoir). Si les Français semblent plutôt bien renseignés sur ces différentes questions, seuls 2% peuvent être considérés comme des « experts », c’est-à-dire étant capables d’identifier à chaque fois et sans erreur les bonnes et les mauvaises réponses.

  • Nous l’avons vu, les connaissances des Français en termes de cancers du sang apparaissent pour le moins lacunaires. Néanmoins, ils se montrent conscients de leurs limites sur ce sujet, 58% s’estimant mal informés sur les cancers en général, et même 85% concernant les cancers du sang en particulier. Un peu plus d’1 Français sur 2 se dit mal informé sur ces deux dimensions (57%), et même 61% parmi les hommes, 64% parmi les personnes de 35-49 ans et 63% parmi les catégories populaires.

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  • Face à ce manque d’information, les Français affichent très majoritairement leur appétence pour être mieux informés sur les symptômes (85%, et même 47% « beaucoup plus » informés), les facteurs de risque (85%, et 45%), les comportements de prévention (85%, et 45%), les différentes maladies (82%, et 35%), l’avancée de la recherche médicale dans ce domaine (81%, et 35%) et les nouveaux traitements et thérapies disponibles (80%, et 35%). Notons que pour tous les domaines testés, ce sont les personnes se disant les mieux renseignées qui déclarent pourtant attendre davantage d’informations, tout particulièrement les Français s’estimant informés sur le cancer en général mais peu ou pas sur les cancers du sang en particulier.
  • Dans cette situation, 3 Français sur 4 indiquent qu’ils s’adresseraient prioritairement (3 réponses possibles) aux médecins généralistes pour s’informer sur les cancers du sang, soit bien plus que ceux qui affirment qu’ils se tourneraient vers les spécialistes (hématologues : 30%). Généralistes ou spécialistes, au final plus de 4 Français sur 5 (81%) indiquent qu’ils s’adresseraient au corps médical, et plus encore les personnes de 50-64 ans (85%) et les Français estimant savoir exactement ce que sont les cancers du sang (84%).

    Près d’1 Français sur 2 affirme qu’il chercherait des informations sur Internet (47%, et même 57% chez les personnes de 25-34 ans), alors que 45% d’entre eux indiquent qu’ils s’informeraient via les médias : les émissions santé à la télévision (31%) davantage que la presse écrite (18%) ou les émissions sur le même thème mais diffusées à la radio (10%). Enfin, un quart (25%) considère qu’il demanderait conseil aux pharmaciens (et même un tiers – 33% – des personnes ayant un diplôme inférieur au Bac) alors que seuls 13% évoquent la possibilité de s’adresser aux associations de patients.
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