Les Français et la scolarisation des élèves en situation de handicap

Enquête Harris Interactive pour la Fédération Trisomie 21

Enquête réalisée en ligne du 28 juillet au 01 août 2022. Échantillon de 1217 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 19 septembre,

 

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Que retenir de cette enquête ?  

 

Une insertion qui reste à parfaire

  • Spontanément, les Français associent le handicap aux différentes difficultés qu’il engendre dans la vie quotidienne de ceux qui le vivent, à la fois de manière très concrète, vis-à-vis de l’accès aux transports ou à l’emploi mais aussi à travers des manques sur le plan social (pas assez de considération, de reconnaissance…). Moins de la moitié des Français estiment d’ailleurs que les personnes en situation de handicap sont bien insérées dans la société, et ce quel que soit le type de handicap. Un manque d’insertion jugé plus important pour les handicaps intellectuels ou psychiques (déficience intellectuelle, autisme, troubles psychiques) que pour les handicaps physiques ou sensoriels (surdité, mobilité réduite, cécité). Et si dans le temps, long, les Français constatent une amélioration de la situation depuis 2019, leur sentiment que les personnes en situation de handicap sont bien insérées au sein de la société ralentit voire recule cette année.

 

  • On retrouve les mêmes perceptions concernant l’insertion des enfants en situation de handicap au sein du système scolaire. Pour l’ensemble des types de handicap, seule une minorité de Français estime que ces enfants sont bien insérés, avec une distinction à nouveau marquée entre handicap intellectuel ou psychique d’une part et handicap physique ou sensoriel d’autre part. En effet, si les enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite sont considérés comme bien insérés dans le système scolaire par près de la moitié des Français, un quart seulement perçoit une bonne insertion des enfants atteints de déficiences intellectuelles, de troubles psychiques et d’autisme. Aussi, les enfants en situation de handicap semblent aujourd’hui mieux insérés qu’en 2019, même si ce sentiment de progrès est légèrement moins fort cette année.

 

Des Français favorables à l’école inclusive, mais de manière nuancée selon les handicaps

  • Malgré cette impression d’une insertion qui reste relativement imparfaite, les Français se déclarent toujours aussi favorables à ce que les enfants en situation de handicap soient scolarisés avec les autres élèves dans des établissements ouverts à tous. C’est particulièrement le cas pour les enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite (91% y sont favorables) ou pour les enfants atteints de troubles « dys » (83% y sont favorables). Même s’ils restent une majorité à le penser, les Français sont un peu moins unanimes concernant les enfants ayant un handicap intellectuel ou psychique (75% y sont favorables pour les enfants autistes, 69% pour les enfants avec des déficiences intellectuelles ou des troubles psychiques). Une ouverture que les Français confirment dans le temps, avec des perceptions proches depuis le début du baromètre en 2019.

 

  • Les Français confirment cette volonté lorsqu’on leur demande s’il est préférable pour ces enfants d’être scolarisés dans des établissements ouverts à tous ou dans des établissements spécialisés. En effet, ils privilégient dans leur majorité la première option, et ce quel que soit le handicap, même si c’est particulièrement le cas pour les enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite (87%) et pour les enfants présentant des troubles « dys » (74%). Dans le cas des autres handicaps, leur avis est un peu plus mitigé, notamment pour les enfants autistes (54%), pour ceux touchés par des troubles psychiques (54%) et pour ceux ayant des déficiences intellectuelles (52%), pour qui, plus souvent, ils peuvent envisager que les établissements spécialisés seraient la meilleure solution. Par ailleurs, la scolarisation avec d’autres enfants n’est pas synonyme d’effacement du handicap pour les Français, qui encouragent une adaptation de l’école au handicap, via des modalités d’examens adaptées (64%), et des adaptations des filières professionnelles pour que les élèves puissent choisir librement leur voie, indépendamment de leur handicap (57%).

 

  • Enfin, signe supplémentaire allant dans le sens d’une opinion favorable à une insertion plus importante, les Français voient également de manière positive le fait d’avoir été scolarisé dans la même classe qu’un enfant en situation de handicap. Pour 8 d’entre eux sur 10, cela permet aux personnes concernées de devenir des adultes plus empathiques et plus à l’aise avec le handicap

 

Des progrès identifiés, mais une situation qui pourrait s’améliorer

  • Les Français estiment que des progrès ont été faits depuis quelques années en matière de scolarisation des enfants en situation de handicap : ils sont une courte majorité à le penser à la fois pour ceux ayant un handicap physique ou sensoriel (57%) et pour ceux présentant un handicap intellectuel ou psychique (51%). Néanmoins, ces avancées ne sont pas encore considérées comme suffisantes, les moyens alloués étant jugés à la hauteur pour ces deux familles de handicaps par seulement respectivement 35% et 31% des Français. La divergence visible entre handicap physique ou sensoriel et handicap intellectuel ou psychique est d’ailleurs confirmée par près de deux tiers d’entre eux, estimant qu’il est plus difficile de scolariser les enfants touchés par la deuxième catégorie de handicaps que ceux touchés par la première.

 

  • Cette tendance à l’amélioration pourrait se poursuivre dans les années qui viennent selon les Français. Pour près de la moitié d’entre eux, le prochain quinquennat d’Emmanuel Macron devrait permettre d’améliorer la situation des enfants en situation de handicap, et très peu d’entre eux pensent probable qu’elle puisse se dégrader. Néanmoins, on retrouve une légère disparité entre les différentes situations de handicap. Si 51% anticipent que la qualité de la scolarisation des enfants en situation de handicap physique ou sensoriel aura progressé à la fin du quinquennat, ils ne sont que 44% à penser la même chose concernant les enfants atteints de troubles intellectuels ou psychiques.

 

La formation, solution privilégiée par les Français

  • Pour améliorer la scolarisation des élèves en situation de handicap au sein des établissements scolaires à l’avenir, les Français insistent en priorité sur la formation du personnel éducatif (fait partie des trois actions les plus prioritaires pour 62% d’entre eux) et l’amélioration des moyens humains par le recrutement ou la hausse des salaires (fait partie des trois actions les plus prioritaires pour 61%). Enfin, ils sont 54% à citer l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments dans les trois priorités identifiées.

 

  • Pour aider plus spécifiquement les enseignants au sein des classes, la formation est à nouveau l’élément le plus mis en avant par les Français pour s’adapter aux enfants en situation de handicap (prioritaire pour 72%). Les Français évoquent ensuite un meilleur accompagnement des enseignants, à la fois via une amélioration de la présence des AESH (65%) mais aussi par le soutien de professionnels spécialisés dans l’accompagnement du handicap (64%).

 

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