Les Français et la scolarisation des élèves en situation de handicap

Enquête Harris Interactive pour Trisomie 21 France

Enquête réalisée en ligne du 17 au 19 août 2021. Échantillon de 1 001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 13 septembre 2021,

A la demande de Trisomie 21 France, Harris Interactive a mené l’enquête auprès des Français quant à la scolarisation des enfants en situation de handicap.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

Une représentation ancrée, une inclusion en qui évolue
  • Spontanément, les Français associent le handicap à un univers de difficultés renforcées, dans une société peu adaptée aux besoins des personnes concernées. Ils évoquent principalement les difficultés liées à l’accessibilité, qu’elle soit physique (accès dans différents établissements, notamment pour les personnes en fauteuil roulant qui dominent les représentations) ou sociale (accès à l’éducation, au monde du travail, etc.). Si on note peu d’évolutions dans cette représentation spontanée qui fait peu de place aux questions liées aux différents handicaps intellectuels, psychiques ou mentaux, le démarrage des Jeux Paralympiques est noté par les Français, donnant un écho légèrement différent à l’univers du handicap.

 

  • Dans l’ensemble, les Français estiment que l’insertion des personnes en situation de handicap pourrait être renforcée, améliorée (facilités d’accès, socialisation, accès à la citoyenneté, etc.), et ce, quel que soit le handicap. Plus particulièrement, ils pointent du doigt la place qui est faite aux personnes atteintes de handicaps intellectuels (33% les considèrent bien intégrées), aux personnes autistes (29%) ou aux personnes présentant des troubles psychiques (27%), perçues comme moins bien intégrées par la société que les personnes atteintes de handicaps physiques ou sensoriels.

 

  • Cette perception des handicaps intellectuels ou psychiques comme le parent pauvre des investissements et de l’intégration existe pour les adultes mais se rejoue également pour la scolarisation des enfants. 27% seulement des Français estiment que les enfants avec des troubles psychiques sont bien insérés à l’école, 30% que c’est le cas pour les enfants avec des déficiences intellectuelles, contre 45% en ce qui concerne les enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite. Si la question de l’insertion est ainsi loin d’être gagnée pour tous, les handicaps intellectuels ou psychiques apparaissent comme particulièrement en difficulté.

 

  • Si pour la plupart des Français la crise sanitaire aurait joué un rôle plutôt négatif sur l’insertion des enfants en situation de handicap à l’école, dans l’absolu, les tendances seraient plutôt optimistes. Qu’il s’agisse des adultes ou des enfants, depuis la première mesure en 2019, le sentiment que les personnes handicapées sont bien intégrées socialement est en constant progrès, et ce, quel que soit le type de handicap.

 

Une vision du monde qui se confirme, des doutes qui demeurent quant à sa concrétisation
  • De manière très ancrée dans le temps, les Français confirment leur soutien à la présence d’enfants en situation de handicap au sein de classes avec les autres enfants, un soutien qui est majoritaire et ce, quel que soit le type de handicap envisagé. Néanmoins ils sont plus nuancés concernant les élèves en situation de handicap intellectuel comme la trisomie (75%) ou psychiques/psychotiques (TOCs, troubles bipolaires, etc. ; 69%) qu’ils ne le sont concernant les enfants en fauteuil (91%) ou présentant des troubles dys (dyslexie, hyperactivité, etc ; 83%), qui sont perçus comme plus miscibles au sein des classes.

 

  • Manque de connaissances, d’acculturation, absence de représentations précises sur ces types de handicap ou encore craintes particulières à leur égard, les Français ont tendance à penser qu’il est plus difficile de scolariser un enfant atteint d’un handicap psychique ou intellectuel qu’un enfant atteint d’un trouble physique ou sensoriel. Ils se montrent également plus indécis sur les meilleures solutions pour scolariser ces enfants. S’il parait plutôt évident aux Français qu’il serait préférable d’accueillir les enfants à mobilité réduite (84%) ou souffrant de trouble dys (73%) dans les établissements ordinaires que dans les établissements spécialisés, près de la moitié des Français considèrent que les enfants atteints de ces types de handicap pourraient être mieux accompagnés dans des établissements spécialisés. On note néanmoins généralement que les personnes ayant dans leur entourage quelqu’un atteint d’un handicap sont plus favorables à ce qu’un enfant atteint du même type de handicap soit scolarisé avec l’ensemble des élèves.

 

  • Ces doutes quant à la scolarisation des enfants trouvent leur écho dans le regard que portent les Français sur l’impact de la présence d’un enfant en situation de handicap dans une classe. Si, dans de nombreux cas, la présence de ces enfants n’apparaît pas comme propre à perturber la classe, plus d’un tiers des Français considère généralement qu’elle rend les choses plus difficiles. A nouveau, hormis sur la question de l’organisation de sorties (qui parait comme plus difficile dans une classe accueillant des élèves en situation de handicap physique ou sensoriel), la gestion de la classe apparaît généralement plus difficile lorsque les enfants présentent un handicap de type intellectuel / psychique. On note néanmoins, et ce, pour tous les types de handicap et pour tous les types d’activité, le sentiment qu’un enfant handicapé rend les choses « plus difficiles » est en baisse, vers une plus grande normalisation de leur présence.

 

  • Toujours en accord avec des valeurs qui vont dans le sens d’une meilleure intégration des enfants handicapés, les Français tiennent à ce que le système scolaire puisse s’adapter à leurs contraintes plutôt que l’inverse. Ils sont ainsi majoritairement convaincus que ces enfants doivent bénéficier de conditions particulières pour leurs examens (62%) pour garantir plus d’équité. Ils sont également attachés à ce que le handicap ne soit pas une détermination supplémentaire pour les enfants, et souhaitent plutôt qu’ils puissent s’orienter vers toutes les filières professionnelles qu’ils souhaitent, et ce quel que soit leur handicap (57%, +4 points).

 

Des efforts perçus, mais une attente toujours forte envers les pouvoirs publics
  • Un peu plus de la moitié des Français reconnait aujourd’hui les efforts qui ont été faits pour l’intégration à l’école des enfants en situation de handicap, qu’il s’agisse de handicaps physiques/sensoriels (56%) ou de handicaps intellectuels/psychiques (51%). Néanmoins cette majorité reste relative et peu affirmée en intensité, ce qui montre à quel point l’attente est encore forte sur ce sujet. Surtout, les Français sont assez largement critiques sur les moyens qui sont alloués aujourd’hui à la question : un peu moins d’un tiers seulement estime que la France investit suffisamment pour permettre un meilleur accueil des enfants en situation de handicap à l’école (et encore moins en ce qui concernent les handicaps intellectuels/psychiques).

 

  • La prise en compte des spécificités des enfants en situation de handicap pendant la crise sanitaire semble avoir également été déceptive pour les Français, dont 35% seulement estiment que l’Etat a bien géré la situation – sans divergence majeure au sein de la population ou entre les parents et non-parents.

 

  • Comme les autres années, il est nettement perçu par les Français que la scolarisation des enfants ne peut se réussir que par la coordination de tous les acteurs en présence, les personnels d’établissement, les parents d’enfants et les associations qui les entourent, et évidemment, l’état, qui donne l’impulsion, le cadre et les moyens de l’inclusion.

 

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