Les Français et la réforme des retraites

Les Français et la réforme des retraites

Sondage Harris Interactive pour LCP

Enquête réalisée en ligne du 6 au 9 septembre 2013. Echantillon de 1 935 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Paris, le 10 septembre 2013 – Alors que la CGT, FO, FSU et Solidaires ont appelé à une journée de grèves et de manifestations ce mardi 10 septembre contre la réforme des retraites envisagée par le gouvernement, LCP a demandé à Harris Interactive d’interroger les Français sur leur rapport à la retraite et au système français par répartition ainsi que sur leur perception de différentes solutions envisagées pour financer l’avenir du système des retraites. Il s’agissait ainsi de mesurer leur soutien au mouvement, leur souhait et leurs sentiments quand à l’avenir du système actuel de retraites par répartition, ainsi que leur adhésion ou rejet des pistes qui ont émergé dans le débat.

 

Que retenir de ce sondage ?

 

  • A l’évocation de la retraite, les Français mentionnent spontanément aussi bien des notions positives articulées principalement autour des dimensions de liberté et de temps libre que des notions plus négatives faisant état d’inquiétudes importantes, portant sur l’état de santé ou la baisse de pouvoir d’achat.
  • 56% des Français indiquent soutenir le mouvement de manifestations et de grèves lancé par la CGT, FO, FSU et Solidaires contre le projet de réforme des retraites initié par le gouvernement. A l’inverse, 41% s’y opposent. Notons une approche différenciée au sein de la Gauche : d’un côté, la très grande majorité des sympathisants du Front de Gauche (82%) et la moitié des sympathisants socialistes (50%) soutiennent le mouvement lancé par les syndicats quand l’autre moitié des sympathisants socialistes s’y oppose, soutenant ainsi le gouvernement. Cette différence politique recouvre une fracture sociale : 69% des membres des catégories populaires soutiennent les grèves et manifestations quand 49% des catégories supérieures les contestent.
  • Notons que près de deux Français sur trois (62%) considèrent que dans une quarantaine d’années, le système de retraites par répartition n’existera plus, les plus susceptibles d’anticiper cette disparition étant les sympathisants de Droite (69%) et du Front National (74%).
  • 56% des Français déclarent être plutôt favorables à un système de retraites par répartition, tandis que 41% font part d’une préférence pour un système par capitalisation. Les plus âgés restent attachés au système par répartition (63% des 50-64 ans) tandis que la moitié des jeunes de 18 à 29 ans indique être plutôt favorable à un système individuel par capitalisation. Un lien existe entre souhait et projection puisque 80% de ceux qui indiquent préférer un système par capitalisation considèrent que le modèle actuel va péricliter. Notons que parmi ceux qui indiquent préférer un système par répartition, environ la moitié croit en sa survie tandis que l’autre moitié anticipe sa probable disparition.
  • Dans le cadre de la future réforme, les Français ne font majoritairement confiance à aucun des partis politiques ou des partenaires sociaux pour faire de bonnes propositions. En effet, ni les syndicats de salariés (39%), ni l’UMP ou le MoDem (29%), ni le Parti Socialiste (26%) ou le gouvernement (24%) et encore moins le Front National (20%), les syndicats patronaux (20%) ou le Front de Gauche (18%) ne recueillent la confiance d’une majorité de répondants.
  • Enfin, parmi les différentes solutions envisagées pour financer le système de retraites par répartition, seule la convergence vers un régime unique des différents régimes de retraites est jugée favorablement par une majorité de répondants (73%). En revanche, la hausse de la durée de cotisation jusqu’à 43 ans à l’issue de 2035 (50% opposés), l’accroissement des impôts des sociétés (54%), le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans (56%), l’alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs (63%) ou encore la hausse des cotisations salariales et patronales (63%) et la hausse de la CSG (76%) suscitent le rejet d’une majorité des Français. Notons toutefois qu’une majorité de sympathisants de Gauche (64%) indique être favorable à l’accroissement des impôts des sociétés tandis qu’une majorité des sympathisants de Droite acquiesce à l’idée d’un allongement de la durée de cotisation (66%) ou au recul de l’âge légal de départ à la retraite (68%).

 

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La note détaillée

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