Les Français et la présidentielle de 2017

5ème vague d’enquête : Les Français et le pouvoir d’achat

Enquête réalisée en ligne du 14 au 16 mars 2017. Échantillon de 1 006 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Enquête Harris Interactive pour LCP

LCP a sollicité Harris Interactive pour interroger chaque mois les Français tout au long de la période pré-électorale afin de cerner leurs attentes face aux échéances à venir, et ce sur différentes thématiques. Cette cinquième étude porte sur les perceptions des Français à l’égard du pouvoir d’achat en France, et leurs attentes en termes de propositions pour augmenter ce dernier.

 

A quelques mois de l’élection présidentielle française, cette étude a vocation à identifier dans quelle mesure les personnalités politiques pourraient proposer des solutions intéressantes pour améliorer le pouvoir d’achat des Français : qu’est-ce que la notion de pouvoir d’achat évoque spontanément aux yeux de ces derniers ? Qui aujourd’hui apparaît capable de proposer des solutions pertinentes à ce sujet ? Au-delà de cette capacité à faire des propositions intéressantes, quelles sont celles qu’attendent le plus les Français ?

 

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Près des 2/3 des Français (65%) estiment que les propositions des candidats concernant le pouvoir d’achat seront un critère déterminant de leur vote à l’élection présidentielle.

 

  • Emmanuel Macron pourrait, selon 41% des Français, proposer de bonnes solutions concernant le pouvoir d’achat s’il était élu Président de la République. Il est, parmi les candidats testés, jugé comme le plus crédible en la matière, et devance deux personnalités de gauche, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, qui sont tous deux crédités de cette même capacité par un tiers des Français.

 

  • Les Français se montrent favorables à de nombreuses mesures en faveur du pouvoir d’achat, en particulier celles concernant la revalorisation des retraites, des bas salaires, et des revenus du travail en général (notamment via une baisse des charges). En revanche, ils se montrent majoritairement opposés à la suppression de l’ISF (70%) et à la réduction de l’impôt sur les revenus les plus élevés (75%).

Dans le détail…

Pour les Français, la notion de « pouvoir d’achat » renvoie d’abord à un constat pessimiste : la conviction que leur pouvoir d’achat est faible et/ou en baisse

  • Lorsqu’on leur demande d’exprimer spontanément leurs impressions et tous les mots auxquels la notion de « pouvoir d’achat » fait référence selon eux, les Français portent majoritairement un jugement inquiet sur celui-ci et l’associent d’abord à une « baisse». Selon eux, le pouvoir d’achat de la population serait en effet en « baisse constante », « en berne depuis plusieurs années », plus « faible » qu’auparavant.Certains s’en tiennent à ce constat, d’autres développent leur réflexion à ce sujet et associent cette baisse de pouvoir d’achat à des évolutions économiques dont elle serait la conséquence : un manque de croissance, une hausse du chômage, ou encore une forte pression fiscale et le développement de la pauvreté en France. S’ils ne sont pas majoritaires, certains évoquent aussi une forme de « désespoir », car selon eux, les personnalités politiques ne feraient pas suffisamment de choses pour améliorer leur pouvoir d’achat et celui des Français de manière générale.
  • Harris-Francais-pouvoir-d-achat-LCP (5)

Le pouvoir d’achat : un déterminant du vote des Français pour l’élection présidentielle ?

 

  • Près des 2/3 des Français (65%) déclarent que la capacité des candidats à l’élection présidentielle à faire des propositions concernant le pouvoir d’achat sera un critère déterminant de leur vote en 2017.Les personnes issues de catégories aisées se montrent plus sensibles que la moyenne à cet enjeu (70%), tout comme les sympathisants du mouvement En Marche (81%) et les personnes ayant un ou des enfants (71%). À l’inverse, 34% des Français déclarent que cela ne sera pas un critère déterminant de leur vote, davantage parmi les personnes les moins diplômées (41%) et celles n’ayant pas d’enfant (36%).

Harris-Francais-pouvoir-d-achat-LCP (8)

  • Pour rappel, lors des précédentes vagues de cette étude, la capacité des candidats à bien incarner la fonction de Président de la République avait été considérée comme un critère déterminant du vote par 79% des Français (octobre 2016), les propositions des candidats concernant le système de santé français par 77% (décembre 2016), leurs propositions concernant le travail par 73% (janvier 2017) ou encore celles pour la sécurité 71% (février 2017).S’il semble trop délicat d’effectuer une comparaison stricto sensu des résultats, compte tenu de l’évolution du contexte et des péripéties d’une campagne présidentielle largement perturbée depuis quelques semaines par diverses « affaires », observons que la capacité des candidats à proposer des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat est citée comme légèrement moins importante que les autres thématiques en tant que critère déterminant du vote.

 

Les personnalités politiques et le pouvoir d’achat des Français 

  • Sur la question des solutions en matière de pouvoir d’achat, notons tout d’abord qu’aucun des 6 candidats testés ne parvient à convaincre une majorité de Français. Parmi ces personnalités, c’est Emmanuel Macron qui pourrait le plus, selon les Français interrogés, proposer de bonnes solutions concernant le pouvoir d’achat : 41% d’entre eux estiment qu’il aurait cette capacité, alors que 56% estiment qu’il ne l’aurait pas.Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon arrivent derrière le chef de file d’En Marche, mais ne suscitent la confiance que d’un tiers des Français sur la question du pouvoir d’achat.Les autres personnalités testées apparaissent en retrait par rapport à ce trio de tête : 23% des Français jugent que Marine Le Pen pourrait proposer de bonnes solutions pour le pouvoir d’achat (mais 74% pensent le contraire), 20% le pensent pour François Fillon (contre 77%) et seulement 18% pour Nicolas Dupont-Aignan (contre 72%).A noter que les catégories de population les plus convaincues diffèrent d’un candidat à l’autre : ainsi, Emmanuel Macron et Benoît Hamon suscitent plus de confiance auprès des cadres et professions libérales, quand Marine Le Pen convainc davantage les catégories populaires ; Benoît Hamon apparaît plus crédible auprès des plus jeunes, alors que Marine Le Pen et François Fillon le sont davantage auprès des personnes plus âgées.

 

Harris-Francais-pouvoir-d-achat-LCP (11)

 

  • Sur le thème des propositions en matière de pouvoir d’achat, les sympathisants de chaque formation sont, de manière assez logique (mais avec des degrés d’intensité différents) convaincues par le chef de file de leur famille politique.C’est particulièrement le cas pour les sympathisants du mouvement En Marche, qui plébiscitent la capacité d’Emmanuel Macron à proposer de bonnes solutions pour le pouvoir d’achat : 97% d’entre eux lui font confiance sur ce thème (contre 41% en moyenne au sein de la population française). Cette forte crédibilité du leader sur la question du pouvoir d’achat est également très forte parmi les sympathisants du Front de Gauche et ceux du Front National.Ainsi, Jean-Luc Mélenchon est jugé comme étant le plus capable de faire de bonnes propositions pour le pouvoir d’achat par 89% des sympathisants Front de Gauche, même si la plupart de ces derniers font également confiance à Benoît Hamon sur ce sujet (72%).Enfin, une importante majorité des sympathisants FN (81%) estime Marine Le Pen comme étant la plus capable de proposer de bonnes solutions pour le pouvoir d’achat, même si sur certains sujets tels que la sécurité ou l’incarnation de la fonction présidentielle elle était encore davantage plébiscitée. Tous les autres candidats suscitent une forte défiance de la part des sympathisants FN.

 

  • Finalement, ce sont les candidats des deux grands partis traditionnels de gauche et de droite qui suscitent l’adhésion la plus mesurée de la part de leurs propres troupes.Ainsi, Benoît Hamon convainc 7 sympathisants PS sur 10 sur la question du pouvoir d’achat, même si plus d’un sur deux se déclare également convaincu par Emmanuel Macron (56%) et 48% par Jean-Luc Mélenchon.À droite de l’échiquier politique, François Fillon arrive également en tête auprès des sympathisants Les Républicains, même si « seulement » 62% d’entre eux déclarent qu’il pourrait proposer de bonnes solutions pour le pouvoir d’achat. Emmanuel Macron arrive en deuxième position auprès de cette population, mais loin derrière l’ancien Premier ministre avec seulement 40% de confiance sur ce sujet.


Quelles propositions pour le pouvoir d’achat des Français ?

  • Invités à donner leur opinion sur plusieurs propositions en faveur du pouvoir d’achat ayant été évoquées par certaines personnalités dans le cadre de la campagne électorale, les Français se montrent favorables à une majorité d’entre elles et assez nettement opposés à d’autres. Ainsi, ils se montrent particulièrement favorables à la revalorisation des petites retraites et du minimum vieillesse (91%) et à la baisse des tarifs de l’énergie (82%).Ils soutiennent également majoritairement des mesures de soutien aux revenus issus du travail (réduction des cotisations sociales des salariés et indépendants : 82%, augmentation de la prime d’activité pour les salaires les plus modestes : 79%, défiscalisation des heures supplémentaires : 77%), ainsi qu’à la réduction de l’impôt sur le revenu pour les revenus les plus modestes (77%).Dans le détail, on observe que les Français âgés de 50 à 64 ans se montrent davantage positifs à l’égard de ces propositions, mais aussi les catégories populaires auxquelles s’adressent directement la plupart de ces mesures.Par ailleurs, 71% des Français se déclarent favorables à une revalorisation du SMIC de 15%, et 62% se disent également en faveur de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, là encore deux propositions plus particulièrement appréciées par les catégories populaires.

 

Harris-Francais-pouvoir-d-achat-LCP (20)

  • Toutefois, on observe un certain glissement de l’opinion vers un avis nettement plus mitigé voire opposé en ce qui concerne certaines mesures.Ainsi, la réduction de l’impôt sur les revenus de l’épargne et du capital ne séduit que 58% des Français (davantage parmi les sympathisants LR : 66%), et l’augmentation du RSA de 10% et son élargissement aux plus jeunes convainc moins d’un Français sur deux (48%, mais davantage parmi les sympathisants de Gauche : 71%).Par ailleurs, trois mesures entraînent plutôt un rejet qu’un sentiment d’adhésion: le rétablissement de l’universalité des allocations familiales sans conditions de ressources et l’augmentation du plafond du quotient familial (58% y seraient opposés), la suppression de l’ISF (70%) ou enfin la réduction de l’impôt sur le revenu pour les revenus les plus élevés 75%).

 

  • De manière générale, l’adhésion aux différents types de propositions en faveur du pouvoir d’achat dépend fortement de la proximité partisane exprimée par les Français: les sympathisants de Gauche privilégient les mesures favorables aux revenus les plus modestes, alors que les sympathisants Les Républicains soutiennent plus que la moyenne une baisse des charges sur les revenus du travail (réduction des cotisations salariales, défiscalisation des heures supplémentaires) et des impôts touchant les catégories les plus aisées.

En savoir plus

Le rapport

La note détaillée

Share

  • baisse des charges
  • bas salaires
  • Benoît Hamon
  • Debout La France
  • Emmanuel Macron
  • En Marche
  • fn
  • François Fillon
  • Front National
  • ISF
  • Jean-Luc Mélenchon
  • la France insoumise
  • LCP
  • Les Républicains
  • LR
  • Marine Le Pen
  • Nicolas Dupont-Aignan
  • Parti socialiste
  • période pré-électorale
  • pouvoir d’achat
  • pouvoir d’achat des Français
  • présidentielle
  • présidentielle 2017
  • PS
  • réduction de l’impôt sur les revenus les plus élevés
  • revalorisation des retraites
  • smic
  • suppression de l’ISF