Les Français et la formation professionnelle

Enquête Harris Interactive pour Les Acteurs de la compétence

Enquête réalisée en ligne du 26 janvier au 08 février 2022 auprès d’un échantillon de 1 503 personnes, dont une surreprésentation des personnes âgées de 18 à 24 ans (au total 353) et des demandeurs d’emploi (au total 266). Ces populations ont été remises à leur poids réel au moment du traitement des résultats.

 

Paris, le 9 mars,

 

Alors que les Acteurs de la Compétence viennent de célébrer leurs 30 ans d’existence, la Fédération a souhaité réaliser une grande enquête afin de mieux comprendre les représentations et l’expérience qu’ont les Français de la formation professionnelle, alors que le monde du travail est touché par des mutations qui ne cessent de s’accélérer. Harris Interactive a ainsi été amené à réaliser cette étude auprès du grand public, en réalisant des focus particuliers sur les cibles des jeunes et des demandeurs d’emploi, qui font l’objet d’une attention particulière des Acteurs de la Compétence.

 

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Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

La formation professionnelle en France bénéficie d’une bonne image en dépit des difficultés reconnues pour se former

  • La formation professionnelle apparaît comme un enjeu majeur auprès du grand public : 93% des Français déclarent qu’il est important de se former tout au long de sa vie, dont 49% estiment que c’est « très important », des scores très proches étant enregistrés auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi. La formation professionnelle est appréhendée comme un apprentissage en continu tout au long de sa vie professionnelle. Ainsi, 91% des Français déclarent qu’elle est efficace pour enrichir ses compétences et 86% la trouvent efficace pour actualiser ses compétences et rester en phase avec son métier. Cela entre en résonance avec les préoccupations des actifs en emploi : 7 actifs en poste sur 10 se disent préoccupés à la fois par l’adaptation de leurs compétences à l’évolution de leur métier et à celle du marché du travail en général. Si elle est jugée majoritairement nécessaire, la formation professionnelle bénéficie également d’une bonne image : 77% des Français déclarent en avoir une image positive, un score proche de ceux obtenus auprès des demandeurs d’emploi (75%) et des 18-24 ans (80%).

 

  • Pour autant, se former tout au long de sa vie n’est pas forcément vu comme simple. Un peu plus de la moitié des Français (59%) estiment qu’il est facile de se former tout au long de sa vie professionnelle, et même seulement 10% que c’est très facile. Cette perception est d’autant plus mitigée chez les demandeurs d’emploi : seuls 43% jugent qu’il est facile de se former en France durant sa vie professionnelle. Ces difficultés perçues peuvent s’expliquer par un niveau d’information sur la formation professionnelle encore largement perfectible. Une courte majorité des Français se disent bien informés sur les objectifs et les débouchés des formations professionnelles (54%), sur l’offre proposée en matière de formation professionnelle (51%) et sur les organismes qui proposent ces formations (50%).

 

  • On peut observer à ce stade que les jeunes de 18-24 ans se montrent généralement plus optimistes et avertis que la moyenne des Français. Ainsi, ils sont plus nombreux à penser qu’il est facile de se former tout au long de sa vie (65% vs 59%) et se déclarent également de manière générale mieux informés que la moyenne sur l’ensemble des questions relatives à la formation professionnelle. On peut ici faire l’hypothèse que cette population de jeunes a davantage intégré à son schéma mental la nécessité de se former et d’actualiser ses compétences tout au long de sa vie et s’y montre plus prête que la moyenne des Français.

 

Des formations pour évoluer dans son métier et motivées par des choix plus individuels que collectifs

  • Dans un contexte où les Français pensent exercer en moyenne entre 2 et 3 métiers différents au cours de leur vie professionnelle (sans distinction majeure sur le plan générationnel), la formation professionnelle apparaît comme prioritairement envisagée pour soutenir et développer sa carrière dans un métier donné – plutôt que pour se reconvertir. Près des trois quarts des actifs déclarent avoir déjà suivi une formation professionnelle. Pour plus de la moitié des actifs ayant suivi une formation (58%), celle-ci a été suivie dans l’objectif d’acquérir de nouvelles compétences dans le même métier, et seulement 18% pour changer de métier, 12% pour se faire plaisir et 9% pour retrouver un emploi. Cette volonté transparaît dans les domaines de formation : si ceux-ci sont très éclatés, les actifs suivent avant tout des formations pour apprendre des compétences techniques (21%). A noter que les 18-24 ans et les demandeurs d’emploi réalisent des formations, plus que les autres, pour apprendre un métier spécifique (respectivement 19% et 21%). Les 18-24 ans, les plus volontaires à se former, sont aussi les plus nombreux (18%) à vouloir faire une formation professionnelle pour se faire plaisir. Notons que, pour 84% des actifs ayant suivi une formation professionnelle, la formation suivie a répondu à leurs attentes (88% chez les 18-24 ans ayant suivi une formation et 71% chez les demandeurs d’emploi ayant suivi une formation).

 

  • Les formations s’inscrivent dans un processus de longue durée : un peu plus d’un salarié du privé sur deux indiquent suivre des formations au moins tous les deux ans, dont 21% une fois par an et 10% plus d’une fois par an. De plus, 69% des actifs envisagent de suivre une formation. Ces formations se suivent de préférence en présentiel (dans les locaux de l’entreprise ou d’un centre de formation), 69% des actifs ayant suivi une formation déclarant préférer la suivre en présentiel qu’à distance (74% chez les 18-24 ans et 55% chez les demandeurs d’emploi).

 

  • Ces formations chez les actifs se gèrent avant tout de manière autonome : 55% des actifs disent choisir ces formations seuls, les 18-24 ans indiquant même être 60% à les choisir seuls. Pour autant, l’employeur demeure le premier acteur vers qui l’on va se tourner pour s’informer concernant les formations professionnelles (45%). Les 18-24 ans et les demandeurs d’emploi se distinguent : pour ces deux populations, Pole Emploi est le premier acteur identifié pour s’informer (respectivement 44% et 57%). Les organismes de formation sont, quant à eux, relativement bien identifiés par les répondants : 24% des actifs se tourneraient vers des organismes de formation public et 22% vers des organismes de formation privés.

 

 

Cette vision positive des formations professionnelles suscite l’adhésion des Français aux différentes mesures proposées

  • Dans ce contexte, les salariés du privé se disent favorables à différentes mesures proposées pour encourager le développement de la formation : 87% se disent favorables aux réductions d’impôts et de charges pour les entreprises qui proposent une offre de formation régulière et variée à leurs salariés. Ce niveau d’adhésion reste important, même si légèrement plus faible, lorsqu’il s’agit d’un engagement plus personnel : 59% des salariés du privé se disent prêts à consacrer un jour de congé ou de RTT à la formation professionnelle. De même, et bien que le sujet divise les répondants, près de la moitié des actifs (47%) se déclarent prêts à payer une formation professionnelle par eux-mêmes.

 

  • Ainsi, la formation professionnelle est perçue comme un élément important à la fois pour évoluer dans son métier et, de manière moins appuyée, pour se reconvertir. Le fait de se voir proposer une offre de formation ambitieuse est considéré comme un acquis et même un critère pour évoluer dans une entreprise : 79% des salariés du privé indiquent que l’offre de formation est un critère important pour aller travailler dans une entreprise et 77% d’y rester, des scores encore plus importants pour les jeunes actifs (respectivement 93% et 83%).

 

  • De manière générale, on l’a vu, les demandeurs d’emploi ont une perception plus nuancée de la formation professionnelle et de son utilité que la moyenne des Français. Il est vrai que tous n’en éprouvent pas forcément un besoin immédiat, puisque, parmi ceux qui cherchent un emploi, 62% le font dans le secteur d’activité de leur entreprise précédente (dont 50% au sein de leur département actuel) et peuvent se sentir suffisamment armés sur le plan des compétences, quand 38% cherchent à se reconvertir. On peut néanmoins noter que des besoins existent car un peu plus de la moitié d’entre eux se sentent mal conseillés et accompagnés dans leur recherche d’emploi (52%) et 53% pensent qu’ils auraient besoin de suivre une formation pour retrouver un emploi.

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