Les Européens et les activités spatiales

Enquête Harris Interactive pour l'Agence spatiale européenne (ESA)

Enquête réalisée en ligne du 25 septembre au 3 octobre. Échantillon de 5 395 Européens, composé de 5 échantillons représentatifs de la population nationale âgée d’au moins 18 ans dans chacun des pays suivants : Échantillon de 1 062 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus en Allemagne ; Échantillon de 1 054 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus en France ; Échantillon de 1 064 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus au Royaume-Uni ; Échantillon de 1 138 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus en Italie ; Échantillon de 1 077 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus en Espagne. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes dans chaque échantillon national : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e). Le poids de chaque pays dans l’échantillon global a été pondéré en fonction du nombre d’habitants âgés de 18 ans et plus dans chaque pays.

 

À la demande de l’Agence spatiale européenne (ESA), et 9 mois après une première enquête menée en décembre 2018, Harris Interactive a interrogé pour la seconde fois les habitants des cinq pays les plus peuplés d’Europe afin de mieux comprendre leurs représentations et leurs attentes à l’égard des activités spatiales : comme en décembre dernier, des échantillons représentatifs de la population majeure vivant en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne – à chaque fois composés d’au moins 1 000 personnes – ont ainsi été amenés à s’exprimer sur différentes thématiques associées à l’espace, cette fois-ci en septembre 2019.

 

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Que retenir de cette nouvelle enquête ?

 

Si les activités spatiales sont perçues de façon positive, c’est aussi parce qu’elles sont associées à des bénéfices économiques indirects – quand bien même il ne s’agit pas de leur priorité
  • En fin d’année dernière, 90% des Européens un regard positif à l’égard des activités spatiales de façon générale. Cette perception positive s’articulait autour d’éléments aussi bien scientifiques que concrets. Ainsi, les activités spatiales étaient perçues comme permettant de mieux comprendre l’univers (93%), mais aussi comme ouvrant la voie à des technologies qui facilitent le quotidien (et notamment la navigation par satellite, 89%).

 

  • Cette nouvelle enquête permet d’identifier plus précisément les bénéfices indirects que les Européens associent aux activités spatiales, notamment sur un plan économique. Ainsi, 79% des Européens estiment que cela permet de développer l’expertise des ingénieurs impliqués sur les projets spatiaux, quand 70% estiment que les données collectées par les activités spatiales constituent un moteur de développement pour les solutions artificielles. Plus de 7 Européens sur 10 estiment d’ailleurs que les activités spatiales européennes ont un impact important en Europe, à de multiples niveaux: sur le développement de nouvelles technologies par des entreprises européennes, sur le développement de l’économie européenne et même sur l’usage au quotidien de nouvelles technologies par les citoyens européens.

 

  • Même s’il s’agissait d’une préoccupation relativement mineure par rapport à l’identification des effets du réchauffement climatique – qui constituait la toute première priorité des Européens –, l’exploration du système solaire constituait l’an dernier une priorité notable aux yeux du grand public (84%), et cette nouvelle enquête permet d’apporter un élément de nuance : les Européens accordent une importance légèrement plus élevée à l’exploration robotique de Mars (58% important) qu’à l’envoi d’astronautes sur la planète rouge (53%) ou sur la Lune (53%).

 

 

Les enjeux associés à la sécurité spatiale impliquent une responsabilité collective qui dépassent le strict cadre des États actifs dans l’espace
  • Cette nouvelle enquête permet de préciser l’importance accordée par les Européens à une menace qui pourrait mettre en jeu l’avenir de l’humanité : 83% des personnes interrogées jugent prioritaire que les activités spatiales européennes développent des solutions pour dévier la trajectoire d’éventuels astéroïdes qui se dirigeraient vers la Terre. Une menace qui était d’ailleurs jugée importante par les trois quarts des Européens en décembre dernier.

 

  • Autre menace jugée importante par plus de 3 Européens sur 4 l’an dernier, les débris spatiaux ont également fait l’objet d’une question spécifique dans le cadre de cette enquête. Ainsi, les Européens attendent sur ce sujet des débris spatiaux une mobilisation conjointe des pouvoirs publics et privés: 73% estiment que les grandes puissances spatiales sont responsables du nettoyage des débris en orbite autour de la Terre, même quand ceux-ci ont été créé par des missions privées ; dans le même temps, 71% des Européens estiment aussi que des entreprises privées devraient être mobilisées pour le nettoyage des débris spatiaux.

 

 

La coopération européenne en matière spatiale apparaît comme une condition nécessaire pour concurrencer les autres grandes puissances, comme un cadre important pour protéger les données personnelles des citoyens européens, et comme un moyen efficace pour renforcer les liens entre les pays
  • Dans l’enquête réalisée en décembre dernier, la mutualisation des moyens des pays européens pour les activités spatiales apparaissait comme une quasi-évidence: 91% jugeaient cela important, un avis très largement majoritaire dans tous les pays, y compris au Royaume-Uni (85%), pourtant en instance de « Brexit ».

 

  • Cette nouvelle enquête permet également de mieux cerner les leviers qui poussent les Européens à appeler de leurs vœux une coopération spatiale européenne : les Européens estiment que la mutualisation des activités spatiales sur leur continent permet à l’Europe de concurrencer les grandes puissances spatiales (70%). Cette aspiration à la compétitivité est légèrement plus forte que le souhait d’une indépendance de principe à l’égard des grandes puissances européennes, qui constitue néanmoins aussi une attente forte chez les deux-tiers des Européens (64%).

 

  • En effet, l’enjeu de l’indépendance des activités spatiales européennes n’est pas perçu de façon tout à fait homogène : l’argument suscitant l’adhésion la plus massive à l’indépendance européenne en matière spatiale concerne les données personnelles. Ainsi, 82% des Européens jugent important que les pays européens puissent protéger la confidentialité des données concernant leurs citoyens, un impératif légèrement plus prononcé que celui de disposer d’un accès indépendant à l’espace via des infrastructures propres (74%).

 

  • Et au final, la coopération spatiale européenne porte-t-elle ses fruits ? Oui selon 80% des Européens, qui estiment que le développement des activités spatiales européennes a un impact important sur la coopération entre pays du continent.

 

 

Enfin, les Européens ont toujours une idée confuse du coût que représentent  les activités spatiales européennes pour les finances publiques, mais ils n’estiment pas que les financements publics sont excessifs, bien au contraire
  • L’enquête réalisée en décembre 2018 avait permis de situer les difficultés des Européens à estimer le coût que les activités spatiales représentent dans les finances publiques. Invités à évaluer le montant de leurs impôts consacré chaque année aux activités spatiales, le grand public avait formulé des réponses (245€ en moyenne) très éloignées de l’ordre de grandeur réel (environ 10€ en moyenne). Notons que cette difficulté des Européens à se représenter comment sont utilisés leurs impôts n’est sans doute pas propre au domaine spatial, mais est probablement valable dans tous les domaines de dépenses publiques.

 

  • Ce constat de surestimation par les Européens du coût représenté par les activités spatiales posait indirectement une question sur leur légitimité : les Européens estiment-ils que les activités spatiales du continent disposent de trop de financements publics, notamment au regard de leurs principaux concurrents ? La réponse est clairement non, puisque seuls 16% considèrent que ces financements sont actuellement excessifs. Bien au contraire, 1 Européen sur 2 (50%) juge que les activités spatiales européennes disposent de financements publics insuffisants par comparaison avec les autres grandes puissances spatiales.

 

 

Cette nouvelle enquête permet ainsi de mieux comprendre comment s’articule le regard positif porté par les Européens sur les activités spatiales, qui sont notamment associées à des bénéfices économiques concrets par une nette majorité du grand public. Ce dernier est par ailleurs sensibilisé aux enjeux de responsabilité collective dans la sécurité spatiale et de coopération entre pays européens. Les financements publics dont disposent les activités spatiales européennes n’apparaissent pas excessifs à leurs yeux au regard de ces multiples bénéfices : 1 Européen sur 2 estime même que ces financements sont actuellement insuffisants.

 

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