Les enjeux économiques et sociaux lors du second tour de l’élection présidentielle de 2022

Enquête Harris Interactive pour AEF Infos

Enquête réalisée en ligne le 24 avril 2022. Échantillon de 7 311 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de l’interviewé(e), et vote aux 2 tours de l’élection présidentielle de 2022.

 

Paris, le 29 avril 2022,

 

Dans le cadre du second tour de l’élection présidentielle 2022, Harris Interactive a réalisé ce dimanche 24 avril une enquête afin de mieux qualifier le vote des électeurs. Pour AEF Infos, Harris Interactive a interrogé les électeurs sur la place des enjeux économiques et sociaux dans leur vote.

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

Des mesures qui recueillent une forte adhésion mais qui divisent selon le vote effectué au second tour de l’élection présidentielle

 

  • Dans le cadre de ce second tour de l’élection présidentielle 2022, les électeurs étaient amenés à se prononcer sur différentes mesures d’ordre économique et social proposées par les deux candidats finalistes. Au-delà des choix de vote de chacun, l’ensemble des mesures est approuvé par une majorité de Français à l’exception du recul de l’âge de la retraite à 65 ans. Généralement, les mesures ayant trait à la santé publique reçoivent un fort niveau d’adhésion : 93% des Français se disent favorables à l’ouverture de davantage de places dans les facultés de médecine et 86% à une meilleure rémunération des médecins qui s’installent dans les déserts médicaux. De même, les mesures sur le grand âge et la dépendance rencontrent une forte adhésion : 93% des Français se disent favorables à l’augmentation de la pension minimale de retraite à 1100€ pour une carrière complète, 91% à la création d’un statut de proche aidant et 89% au financement de travaux dans les logements afin de maintenir les personnes âgées à domicile. Les mesures relatives à la baisse de la TVA et aux prestations sociales recueillent elles aussi une adhésion majoritaire, quoique plus nuancée (entre 68 et 85%). Enfin, le recul de l’âge de la retraite à 65 ans constitue de loin la mesure la plus rejetée : seuls 36% des Français s’y déclarent favorables.
  • Dans le détail, l’appréciation de ces mesures varie selon le vote lors du second tour de l’élection présidentielle. Sans surprise, les électeurs de Marine Le Pen se montrent plus favorables aux mesures proposées par leur candidate et la réciproque est vraie concernant les électeurs d’Emmanuel Macron.
    Si certaines propositions se révèlent plutôt consensuelles (comme l’augmentation de la pension minimale de retraite, l’ouverture de places en faculté de médecine, la création du statut de proche aidant, etc.), d’autres divisent davantage. Ainsi, 94% des électeurs de Marine Le Pen se déclarent favorables à la baisse de la TVA sur l’énergie (contre « seulement » 76% des électeurs d’Emmanuel Macron), 92% sont favorables à la suppression de la TVA sur des produits de première nécessité (contre 65%). Enfin, 90% des électeurs de Marine Le Pen se disent favorables au conditionnement des prestations sociales à la nationalité française (contre 65%).
    A contrario, certaines propositions d’Emmanuel Macron sont davantage soutenues par son électorat, comme le versement automatique des prestations sociales sans démarche proactive des ayant droit (77%, contre 68% chez les électeurs de Marine Le Pen) ou la suppression des régimes spéciaux de retraite pour les nouveaux embauchés (77%, contre 69%). Le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, l’une des mesures les plus associées au Président sortant signe le point d’orgue de cette division : 51% des électeurs d’Emmanuel Macron y sont favorables alors qu’ils ne sont que 25% chez les électeurs de Marine Le Pen.

 

Des domaines d’action prioritaires identifiés pour le prochain quinquennat

 

  • Si la plupart des mesures proposées (à l’exception du report de l’âge de départ à la retraite) rencontrent une forte adhésion, il n’empêche que les Français distinguent, plus ou moins nettement, des domaines d’action prioritaires pour le quinquennat à venir. L’augmentation des salaires est jugée prioritaire par 52% d’entre eux, suivie en deuxième position de l’amélioration du fonctionnement de l’hôpital public (47%) et, enfin, la lutte contre les déserts médicaux (33%) à égalité avec la réforme des retraites (33%).
  • On peut observer que les divisions politiques sont saillantes, et que les priorités ne sont pas les mêmes selon le candidat pour lequel on a voté au premier tour. Ainsi, l’augmentation des salaires, priorité n°1 des Français, n’apparaît qu’en troisième position auprès des électeurs du Président sortant au 1er tour de l’élection présidentielle (37%), derrière l’amélioration du fonctionnement de l’hôpital public (50%) et la réforme des retraites (38%). De manière générale, l’électorat de 1er tour d’Emmanuel Macron affiche un peu plus nettement que la moyenne ses préoccupations concernant le grand âge, la santé, le travail et la réduction de la dette et du déficit publics. En revanche, l’augmentation des salaires est de loin la première priorité exprimée par les électorats de 1er tour de Marine Le Pen (61%) et de Jean-Luc Mélenchon (62%). Elle s’accompagne, pour les électeurs de la candidate RN, d’une préoccupation plus importante que la moyenne pour la réforme des retraites, et pour les électeurs du candidat LFI, d’un accent mis sur l’amélioration du fonctionnement de l’hôpital public et de la revalorisation des prestations sociales. On notera que les électorats de Valérie Pécresse et d’Eric Zemmour affichent un niveau de préoccupation tout particulier concernant la réduction de la dette et du déficit.
  • Au-delà des positions politiques, l’âge apparaît comme une variable déterminante. Les moins de 50 ans jugent la question de l’augmentation des salaires comme le domaine d’action prioritaire pour le quinquennat à venir : 57% pour les 18-24 ans, 66% pour les 25-34 ans et 63% pour les 35-49 ans. A partir de 50 ans, c’est la question de l’amélioration du fonctionnement de l’hôpital public qui semble primordiale : 50% des 50-64 ans et 62% des 65 ans et plus en font une priorité du quinquennat.

 

Le niveau de confiance accordé à Emmanuel Macron concernant ces thématiques économiques et sociales est mitigé

 

  • Une fois ces priorités posées, les répondants ne font que moyennement confiance à Emmanuel Macron pour proposer des solutions allant dans le bon sens dans chacun de ces domaines d’actions. Si 53% des Français accordent leur confiance au Président de la République fraîchement réélu pour un second mandat pour développer la formation professionnelle et l’apprentissage, 49% lui font confiance pour lutter contre le chômage et 44% pour améliorer l’inclusion des personnes en situation de handicap dans la société. En revanche, Emmanuel Macron recueille nettement moins de confiance pour agir dans le bon sens à propos de l’augmentation des salaires (35%, dont 8% de tout à fait confiance) et pour améliorer le fonctionnement de l’hôpital (38%), alors qu’il s’agit des deux domaines d’action prioritaires pour les Français. Le niveau de confiance est tout aussi mitigé concernant ses capacités à agir dans le bon sens dans les domaines de la réduction de la dette et du déficit (38%) et de la réforme des retraites (39%). Si les Français se prononçaient en faveur de bon nombre de mesures proposées par le candidat Emmanuel Macron, ils lui témoignent un niveau de confiance plus que limité pour agir dans le bon sens sur les thématiques sociales en tant que Président de la République.
  • Sans surprise, les électeurs de 1er tour d’Emmanuel Macron lui témoignent une plus forte confiance que la moyenne dans l’ensemble de ces domaines. Les Français issus des catégories aisées, plus prompts à voter pour lui, expriment également une confiance plus grande envers le Président de la République, à l’inverse des catégories populaires qui font preuve d’une moindre confiance à son encontre. On peut noter que les électorats de 1er tour de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Eric Zemmour ne lui accordent leur confiance dans aucun des domaines testés, quand les électorats de Yannick Jadot et Valérie Pécresse se montrent plus nuancés.

 

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