Les attentes pour l’élection présidentielle

Enquête Harris Interactive pour Aimer la France

Enquête réalisée en ligne les 2 et 3 novembre 2016. Échantillon de 2 233 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

À la demande d’Aimer la France, Harris Interactive a interrogé un échantillon de Français sur leurs attentes à l’égard de la prochaine élection présidentielle. Il s’agissait principalement d’identifier les qualités attendues chez le prochain Président de la République, de comprendre la proximité perçue par les Français entre les propositions de la droite et de la gauche, ainsi que d’appréhender leur regard sur un éventuel gouvernement d’union nationale.

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

  • Les Français attendent principalement – spontanément – de leur prochain Président de la République qu’il soit « honnête », et ils verraient très positivement que celui-ci ait travaillé en entreprise avant de faire de la politique (90% bonne chose), qu’il se déclare prêt à travailler avec des personnalités de gauche comme de droite (77%), voire qu’il n’appartienne à aucun parti politique (73%).

 

  • La moitié des Français (50%) a aujourd’hui le sentiment que les propositions de la gauche et de la droite sont globalement proches, et une majorité relative (46%) estime d’ailleurs que ces deux sensibilités politiques se sont rapprochées au cours des dernières années

 

  • Si un « gouvernement d’union nationale » était mis en place, les Français souhaiteraient davantage que celui-ci intègre des personnalités de la société civile (85% le souhaitent) ou des chefs d’entreprise (73%) que des responsables politiques (66%), tandis que la présence éventuelle de syndicats divise les Français (50% favorables).

 

  • Parmi les deux tiers de Français souhaitant la présence de responsables politiques dans un « gouvernement d’union nationale », Les Républicains constituent la seule formation suscitant un relatif consensus positif (82% favorables à leur participation au sien d’un « gouvernement d’union nationale » parmi les Français), quand l’intégration du FN est souhaitée par près d’un Français sur deux (49%) ; quant à la présence de formations de gauche ou centristes, elle est certes souhaitée par une majorité de Français (75% pour le PS, 71% pour l’UDI, 70% pour le MoDem, 68% pour EELV), mais seulement par la moitié des sympathisants FN.

 

Dans le détail

Les Français attendent principalement de leur prochain Président de la République qu’il soit « honnête », et ils verraient très positivement que celui-ci ait travaillé en entreprise avant de faire de la politique, qu’il se déclare prêt à travailler avec des personnalités de gauche comme de droite, voire qu’il n’appartienne à aucun parti politique

 

Invités à citer spontanément la principale qualité qu’ils attendent chez le prochain Président de la République, les Français déclarent presque unanimement qu’ils souhaitent avant tout un chef de l’État « honnête ».

Cette attente prioritaire est partagée par toutes les familles politiques, de la gauche au Front National en passant par le centre et la droite. Qui plus est, il s’agissait aussi de la principale qualité attendue de la part des Français dans la perspective de l’élection présidentielle précédente, en 2012.
Cinq ans plus tard, l’honnêteté constitue donc toujours un critère structurant aux yeux des Français.

Rappelons toutefois que leur souhait d’un Président de la République « honnête » peut être entendu de façon très différente par les personnes interrogées : si certaines peuvent exiger l’absence de procédures judiciaires à l’encontre d’une personnalité, d’autres peuvent prêter davantage d’importance au caractère honnête du discours tenu à l’égard des Français (au sens de la sincérité).

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Outre l’honnêteté, l’expérience en entreprise apparaît comme un atout appréciable pour le prochain Président de la République : 90% jugent que cela serait une bonne chose s’il avait travaillé en entreprise avant de faire de la politique. 51% estiment même que cela serait une « très bonne chose ». Ce jugement est largement majoritaire dans toutes les catégories de population, et particulièrement unanime chez les sympathisants centristes.

Dans une moindre mesure, plus de 7 Français sur 10 qualifient positivement des éléments liés à une posture transpartisane :
77% affirment que cela serait une bonne chose si le prochain chef de l’État déclarait son souhait de travailler avec des personnes de gauche et de droite ; 73% s’il (ou elle) n’était membre d’aucun parti politique. De façon relativement attendue, les personnes ne se déclarant proches d’aucun parti politique portent un regard plus positif que la moyenne des Français sur ces deux hypothèses.

La moitié des Français a aujourd’hui le sentiment que les propositions de la gauche et de la droite sont globalement proches, et une majorité relative estime d’ailleurs que ces deux sensibilités politiques se sont rapprochées au cours des dernières années.

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1 Français sur 2 juge aujourd’hui que les propositions de la gauche et celles de la droite sont, dans l’ensemble, proches.

Ce diagnostic de proximité est plus largement partagé, probablement pour des raisons différentes, par les sympathisants du MoDem d’une part (67%) – qui peuvent se reconnaître dans diverses propositions formulées par la gauche comme par la droite – et par les personnes sans préférence politique d’autre part (56%) – qui expriment sans doute une distance simultanée de la gauche et de la droite.
46% des Français indiquent au contraire que ces deux sensibilités politiques sont éloignées, un sentiment davantage partagé par les sympathisants Les Républicains (57%) et par les personnes issues des foyers aux plus faibles revenus (54%).

 

En dynamique, une majorité relative de Français (46%) a le sentiment que les propositions de la gauche et de la droite se sont plutôt rapprochées au cours des dernières années, alors que 18% ont le sentiment que ces propositions se sont éloignées, quand 32% n’identifient pas de mouvement particulier.

Les sympathisants centristes, déjà plus enclins à considérer la gauche et la droite comme proches aujourd’hui, sont aussi plus nombreux à identifier une convergence à l’œuvre : 68% des sympathisants du MoDem et 64% de ceux de l’UDI jugent gauche et droite plus proches aujourd’hui que par le passé, ce qui témoigne à nouveau d’un sentiment de proximité avec ces deux familles politiques.

Les sympathisants du Front de Gauche sont également plus enclins à identifier un rapprochement (61%), mais cela exprime sans doute davantage leur regret de voir une partie de la gauche de gouvernement, et notamment le Parti socialiste, se rapprocher à leurs yeux de propositions défendues par la droite.

 

À l’inverse, les sympathisants du Front National ont un peu plus (25%, contre 18% en moyenne) le sentiment que la gauche et la droite se sont éloignées récemment : parmi différentes pistes d’explication, une minorité de sympathisants frontistes a peut-être le sentiment que la droite s’est récemment rapprochée de leurs positions, et donc éloignées de celles de la gauche. Ajoutons une critique forte de la gauche de la part des proches de cette formation politique. Enfin les personnes sans préférence partisane sont plus enclines à déclarer que les propositions de la gauche et de la droite ne se sont ni rapprochées, ni éloignées au cours des dernières années (38%, contre 32% en moyenne).

 

Si un « gouvernement d’union nationale » était mis en place, les Français souhaiteraient davantage que celui-ci intègre des personnalités de la société civile ou des chefs d’entreprise que des responsables politiques, tandis que la présence éventuelle de syndicats divise les Français.

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Si un « gouvernement d’union nationale » était mis en place à l’issue de l’élection présidentielle de 2017, 85% des Français souhaiteraient qu’il intègre des personnalités issues de la société civile, et 73% des chefs d’entreprise.

L’insertion du secteur privé dans le monde politique constitue donc une attente centrale des Français, qui sont seulement 66% à souhaiter la présence de responsables politiques, autant de membres d’association, et 50% de syndicalistes. Si l’intégration de la société civile suscite un relatif consensus parmi les Français, l’arrivée de chefs d’entreprise serait particulièrement appréciée par les sympathisants de la droite et du centre (91%), mais moins par ceux de gauche.

Ces derniers leur préfèrent des membres d’associations (82%), un profil nettement moins souhaité par les sympathisants de la droite et du centre (56%) comme du Front National (56%). La présence de responsables politiques est moins appréhendée positivement que la moyenne par les sympathisants frontistes (61%) et par les personnes sans préférence politique (59%), alors que le cas des syndicalistes clive : 64% des sympathisants de gauche sont favorables à leur présence dans un gouvernement d’union nationale, contre seulement 34% parmi les sympathisants de la droite et du centre.

 

Parmi les deux tiers de Français souhaitant la présence de responsables politiques dans un « gouvernement d’union nationale », Les Républicains constituent la seule formation suscitant un relatif consensus positif, quand celle du FN est souhaitée par un Français sur deux (y compris à droite) ; quant à la présence de formations de gauche ou centristes, elle est certes souhaitée par une majorité de Français, mais seulement par la moitié des sympathisants FN

 

Plus précisément, parmi les deux tiers de Français souhaitant la présence de responsables politiques, quelles sont les formations politiques dont l’on souhaiterait la présence dans un gouvernement d’union nationale ? La présence de la formation « Les Républicains » suscite un relatif consensus : 82% des Français y sont favorables, y compris 80% parmi les sympathisants de gauche et 77% parmi ceux du FN.

La présence du Parti socialiste est certes souhaitée par 75% des Français et 73% des sympathisants de la droite et du centre, mais par seulement 48% de ceux du Front National. Suivent les deux principales formations centristes, l’UDI (71%) et le MoDem (70%), même si la présence du MoDem est davantage souhaitée par les sympathisants de gauche (80%) que par ceux de la droite et du centre (73%).  L’intégration d’Europe Écologie Les Verts est souhaitée par 68% des Français (84% à gauche), celle de Debout La France par 57% (65% parmi les sympathisants FN) et celle du Front de Gauche par 53% (75% à gauche).

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L’association du Front National à un gouvernement d’union nationale fait aujourd’hui débat (49% favorables), y compris au sein de la droite et du centre (45% favorables), mais les sympathisants FN eux-mêmes y sont unanimement favorables (99%), voyant sans doute là une occasion d’accéder aux responsabilités à un niveau national.

De façon transversale, soulignons que les sympathisants frontistes sont systématiquement très partagés dès qu’il s’agit d’intégrer une formation centriste ou de gauche : les sympathisants FN ne sont jamais une majorité nette à souhaiter la présence de ces partis dans un gouvernement d’union nationale, qu’ils associent visiblement surtout à un gouvernement d’union de la droite.

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La note détaillée

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