Le vote des catholiques au 1er tour des élections municipales de 2014

Etude Harris Interactive pour La Croix

Paris, le 25 mars 2014 – Dans le cadre du 1er tour des élections municipales de 2014, Harris Interactive a analysé les résultats d’un sondage effectué ce dimanche auprès des personnes inscrites sur les listes électorales dans les communes d’au moins 1 000 habitants1 au regard de l’appartenance et de la pratique religieuses : les électeurs se déclarant catholiques – qu’ils soient pratiquants ou non pratiquants – ont-ils voté de la même manière que les autres exprimés ? La position des candidats concernant le mariage ouvert aux homosexuels a-t-elle joué un rôle important dans le vote de ces électeurs ?

Que retenir de cette enquête ?

  • Dans le cadre du 1er tour des élections municipales, 30% des Français catholiques ayant exprimé un vote indiquent avoir donné leur suffrage à une liste de Gauche (26% en faveur d’une liste PS ou Divers Gauche, 2% en faveur d’une liste Front de Gauche et 2% en faveur d’une liste EELV). 55% ont voté en faveur d’une liste de Droite ou du Centre, 5% pour une liste du Front National et 10% pour une autre liste. Comparés à l’ensemble des Français, les électeurs catholiques se sont donc davantage positionnés à Droite (55%, contre 46,5% en moyenne). Rappelons qu’en avril 2012, un tiers des personnes se définissant comme catholiques et s’étant exprimées lors du premier tour de l’élection présidentielle indiquaient avoir voté pour Nicolas Sarkozy, soit 6 points de plus que dans l’ensemble des exprimés2.

  • Peu de différences émergent entre les catholiques pratiquants réguliers et les catholiques pratiquants occasionnels : les premiers se sont un peu plus exprimés en faveur des listes centristes (7% contre 4% pour les catholiques pratiquants occasionnels) et moins d’1% d’entre eux ont donné leur voix aux listes de l’Extrême-Gauche ou du Front de Gauche. De nouveau, ces enseignements sont cohérents avec les résultats observés lors du 1er tour de l’élection présidentielle : les catholiques pratiquants réguliers avaient largement plus voté que le reste de la population pour le candidat du MoDem, François Bayrou (17% contre 8,8%) mais significativement moins pour celui du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon (3% contre 11%). Quant aux catholiques pratiquants occasionnels, ils se sont un peu plus exprimés en faveur des listes de l’UMP ou Divers Droite (53%) pour ce premier tour des élections municipales. Relevons que les scores du Front National confirment la progression du FN au sein de l’électorat catholique, déjà constatée en 2012, à l’instar de l’ensemble de la population.
  • En revanche, les électeurs qui se définissent comme catholiques mais ne se rendent pas aux offices religieux présentent un comportement électoral plus proche de l’ensemble des Français, avec toutefois une sous-représentation du vote frontiste : 40% se sont exprimés en faveur de la Gauche, 49% en faveur de la Droite ou du Centre, 3% en faveur du Front National, et 8% en faveur d’une autre liste. Les personnes ne se sentant proches d’aucune religion ont massivement voté en faveur des listes de Gauche (51% contre 32% pour la Droite et 4% pour l’Extrême-Droite).
  • L’année 2013 avait été marquée par les débats sur le « mariage pour tous ». Quel impact ces débats ont-ils eu sur le vote lors des élections municipales, première échéance électorale depuis les fortes mobilisations autour de la loi sur le mariage ouvert aux homosexuels ? 37% des Français ayant exprimé un vote lors de ce 1er tour des élections municipales déclarent que la position des candidats concernant le mariage homosexuel a joué un rôle important dans leur choix, dont 16% un rôle très important. Ce chiffre est en retrait de 4 points par rapport à ce que projetaient les électeurs en octobre dernier3. Parmi les catholiques, seuls les pratiquants réguliers déclarent avoir accordé plus d’importance que la moyenne à ce sujet (42%, dont 18% très important). Mais en moyenne, les catholiques français ayant exprimé un vote à ce scrutin y ont accordé moins d’importance que la moyenne des Français (33%, dont 14% très important). Au contraire, ce sont les personnes n’ayant aucune religion affichée qui indiquent le plus que la position des candidats sur ce sujet a pu jouer un rôle important dans leur choix de vote (45%, dont 18% très important). En octobre dernier, rappelons que c’était les sympathisants du Parti Socialiste et non de la Droite qui déclaraient accorder le plus d’importance à la position des candidats sur ce débat de société. Ainsi, la question du mariage ouvert aux homosexuels semble avoir eu davantage d’impact sur le vote des personnes les plus favorables à cette loi – qu’il s’agisse de voter en faveur d’un candidat ayant soutenu l’ouverture du mariage aux homosexuels, ou de sanctionner un candidat qui s’y était notoirement opposé.

1Dans le cadre de ce document, l’expression « les Français » désigne les personnes inscrites sur les listes électorales dans une commune d’au moins 1 000 habitants.
2Enquête Harris Interactive / La Vie réalisée en ligne le 22 avril 2012 en journée. Echantillon de 2 935 individus représentatif des personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon représentatif de la population française âgés de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e), et redressement sur le vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2012.
3Enquête Harris Interactive réalisée en ligne du 09 au 22 octobre 2013. Echantillon de 1 706 individus représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et vivant dans des communes de 1 000 habitants et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e)
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