Le regard des Français sur les organisations patronales

Une étude Harris Interactive pour FFB

 

Enquête réalisée en ligne du 16 au 18 janvier 2018. Échantillon de 1 001 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

À la demande de la Fédération Française du Bâtiment, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français sur leur perception des organisations patronales : quelle image ont-ils de ces institutions, notamment par rapport aux syndicats de salariés ? Quel regard portent-ils sur le mode de financement des organisations patronales, que ce soit actuellement ou dans l’idéal ? Enfin, quel rôle attribuent-ils aux organisations patronales à l’avenir ?

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Les organisations patronales disposent d’une image majoritairement négative (71% « mauvaise opinion »), se voyant attribuer une préoccupation excessive – car au détriment des salariés – pour le profit des grandes entreprises, dont la principale incarnation aux yeux des Français est aujourd’hui le MEDEF

 

  • Les organisations patronales disposent aujourd’hui d’une image plutôt négative auprès des Français : 71% d’entre eux affirment avoir une mauvaise opinion des syndicats d’employeurs, contre 29% en ayant une bonne opinion. Les jugements sont toutefois plus positifs de la part des jeunes (44% « bonne opinion » parmi les 18-34 ans) et des personnes se déclarant proches de la formation politique Les Républicains (50% bonne opinion). À titre de comparaison, les syndicats de salariés disposent d’une image meilleure quoique mitigée : 45% des Français en ont une bonne opinion, 55% une mauvaise. Ces syndicats de salariés sont également mieux perçus par les jeunes (57% bonne opinion), mais sont à l’inverse davantage valorisés par les sympathisants de gauche (68%).

 

  • Pour qualifier les organisations patronales avec leurs propres mots, les Français utilisent une tonalité plutôt critique, décrivant des institutions attachées à préserver leurs « profits » ou leurs « intérêts », souvent au détriment des « salariés ». Les personnes interrogées éprouvent également des difficultés à identifier des organisations patronales, qui sont souvent réduites à la figure emblématique du MEDEF.

 

 

Au-delà de ce regard général plutôt négatif, l’image des organisations patronales n’est pas vraiment structurée : seule une minorité de Français affirme bien connaître leur rôle (45%), leurs objectifs (44%) et moins encore leur mode de financement (22%) ; les avis restant très partagés quant à savoir si ces organisations sont utiles au bon fonctionnement des institutions (51% d’accord) ou si elles représentent bien les intérêts des entreprises (54% d’accord)

 

  • Les Français admettent aisément avoir une connaissance limitée des organisations patronales : seule une minorité de répondants affirme bien connaître leur rôle (45%), leurs objectifs (44%) et moins encore leur mode de financement (22%). Certes, le niveau d’information est plus élevé chez les personnes les plus diplômées et sympathisantes de la gauche – qui voient sans doute dans les organisations patronales un adversaire politique. Mais cette connaissance déclarée reste probablement superficielle. Au final, moins d’un Français sur dix va jusqu’à affirmer « très bien » connaître chacune de ces dimensions.

 

  • Une large majorité des personnes interrogées s’accordent sur deux affirmations au sujet des organisations patronales. D’une part, quand bien même leur mode de financement reste obscur aux yeux des Français, 77% postulent que les organisations patronales disposent au final de suffisamment de financements. D’autre part, 63% des Français estiment que les organisations patronales ne font pas de bonnes propositions pour améliorer l’économie française. Deux affirmations particulièrement partagées par les sympathisants de gauche, qui aident à comprendre leur posture critique à l’égard des syndicats d’employeurs. Les Français se montrent en revanche très partagés sur des affirmations valorisant le rôle des organisations patronales: 54% sont d’accord pour dire qu’elles représentent bien les intérêts des entreprises françaises (quand 45% ne sont pas d’accord), et 51% qu’elles sont utiles au bon fonctionnement des institutions (48% pas d’accord).

 

 

Les Français se déclarent très largement favorables au principe d’auto-financement des organisations patronales via les cotisations des adhérents, tandis qu’un fonds public évoque de nombreux inconvénients aux personnes interrogées : cotisation fiscale supplémentaire (79% d’accord), pouvoir excessif confié aux administrateurs (69%) et moindre indépendance des organisations patronales vis-à-vis de l’État (57%)

 

  • Invités, dans un premier temps, à se prononcer sur le principe de financement public des organisations patronales, les Français prennent clairement parti pour un auto-financement des syndicats d’employeurs, via les cotisations des adhérents : 80% des personnes interrogées choisissent cette option, contre seulement 16% privilégiant un financement public par un impôt collecté auprès des employeurs. Dans un second temps, les Français étaient informés de la situation actuelle, soit l’existence depuis 2015 du Fonds pour le financement du dialogue social. Leur préférence demeure : 79% des Français expriment le souhait de voir le système évoluer vers un auto-financement des organisations patronales, quand 19% souhaitent maintenir les financements publics dont elles disposent aujourd’hui. Le principe d’un auto-financement suscite donc un certain consensus, qui a la particularité de traverser les clivages politiques.

 

  • Toutefois, les sensibilités politiques reviennent vite au premier plan dès lors qu’il s’agit de comprendre ce qui peut structurer le regard des Français sur ce principe d’auto-financement. L’argument de la fiscalité reste consensuel et convainc un large socle de répondants : 79% sont d’accord avec l’idée qu’un financement public des organisations patronales engendre une cotisation supplémentaire pour les contribuables. L’idée qu’un fonds public donnerait trop de pouvoirs à ses administrateurs est approuvée par 69% des Français, avec une adhésion particulièrement forte de la part des sympathisants du Front National (78%). Le risque qu’un financement public réduise l’indépendance des organisations patronales vis-à-vis de l’État est identifié par 57% des Français : sur ce sujet, ce sont les sympathisants LR qui font preuve d’une sensibilité particulière (68% d’accord).

 

  • Quant aux arguments en faveur d’un financement public des organisations patronales, ils suscitent des réactions très mitigées: 51% des Français sont d’accord pour dire que cela permet une juste répartition des financements, 49% que cela assure une utilisation conforme des financements, 48% que cela garantit leur traçabilité et leur transparence. De façon transversale, ces affirmations en faveur d’un financement public recueillent des avis plus favorables de la part des jeunes, ainsi que des sympathisants du centre (LREM-MoDem) ou de la gauche (PS ou EELV).

 

 

Enfin, le rôle des organisations patronales n’est pas fondamentalement remis en question par les Français : seule une courte majorité souhaite voir leur rôle se réduire à l’avenir (52%), alors que 28% souhaitent qu’il reste aussi important qu’aujourd’hui, quand 18% aspirent même à ce qu’il augmente à l’avenir

 

  • À l’avenir, 30% des Français déclarent faire confiance aux organisations patronales pour faire des propositions économiques allant dans le bon sens. À nouveau, les jeunes et les sympathisants de droite expriment un avis plus positif que la moyenne.

 

  • Au final, en dépit d’une image globale relativement négative, le rôle des organisations patronales n’est pas fondamentalement remis en question par les Français : 28% souhaitent que leur rôle reste aussi important qu’aujourd’hui, quand 18% aspirent même à ce que leur rôle augmente à l’avenir. Seule une courte majorité (52%) préfèreraient voir leur rôle réduit. Une nouvelle fois, les sympathisants de droite font preuve d’un jugement davantage bienveillant à l’égard des organisations patronales.

 

  • Plus généralement, ce sont les partenaires sociaux dans leur ensemble qui voient leur rôle contesté mais pas unanimement rejeté: les syndicats de salariés recueillent la confiance de 44% des Français pour faire de bonnes propositions économiques. Surtout, une majorité leur souhaite de jouer un rôle identique (24%) voire plus important (36%) qu’aujourd’hui. Seules 39% des personnes interrogées considèrent que les syndicats de salariés devraient jouer un rôle moins important à l’avenir.

 

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