Le regard des Français sur le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales

Enquête pour La Lettre De La Citoyenneté

Enquête réalisée par téléphone du 7 au 9 septembre 2017. Échantillon de 1 005 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

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Depuis plus de vingt ans, La Lettre de la Citoyenneté publie une enquête barométrique pour suivre dans le temps le regard des Français concernant le droit de vote des étrangers résidant en France pour les élections locales et européennes. Dans son état actuel, la loi ouvre aux ressortissants de l’Union Européenne le droit de vote aux élections municipales et européennes se déroulant en France, mais cela ne concerne pas les résidents étrangers issus de pays n’appartenant pas à l’Union Européenne.

 

La vague 2016 du baromètre avait été réalisée en pleine campagne pour la primaire organisée par « Les Républicains » et leurs alliés. Parmi les principaux enjeux évoqués par les candidats, la question de l’intégration des immigrés s’était imposée comme une thématique centrale. Cette vague 2017 s’inscrivait dans un contexte relativement neutre en termes d’immigration, au début du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron, suite à l’annonce par le gouvernement d’Edouard Philippe des ordonnances visant à réformer le code du travail.

 

Que retenir de cette enquête ?

  • Une fois informés que les étrangers des pays de l’Union Européenne résidant en France ont le droit de vote aux élections municipales et européennes, 56% des Français se déclarent favorables à l’extension de ce droit aux étrangers non-membres de l’Union Européenne vivant dans le pays.

  • Ce chiffre reflète une nouvelle hausse (+2 points) par rapport à la dernière mesure réalisée en 2016, poursuivant la dynamique observée depuis 2015, sans pour autant retrouver le niveau historique atteint en 2011. Pour rappel, celui-ci était de 59% de Français favorables, soit la proportion la plus élevée recueillie depuis le début de ce baromètre en 1994.

  • Symétriquement, les Français sont également moins nombreux à être défavorables au droit de vote des étrangers (39%, -3 points par rapport à 2016). Les opinions semblent structurées, la part de personnes ne se prononçant pas est plutôt stable (5% en 2017, soit 1 point de plus qu’en 2016).

  • Dans le détail, le soutien à l’extension du droit de vote des résidents étrangers aux élections locales progresse parmi presque toutes les catégories de population et tout particulièrement parmi les jeunes – qui s’y montraient déjà plus favorables que la moyenne en 2016 (73%, +9 points) – mais aussi parmi les personnes âgées – qui expriment un regard plus mitigé (49%, +8 points).

 

Dans le détail :

56% des Français se déclarent favorables à l’extension du droit de vote aux élections municipales et européennes aux étrangers non-européens vivant sur le territoire français

56% des Français indiquent être favorables à ce que le droit de vote aux élections municipales et européennes ne concerne plus seulement les étrangers des pays de l’Union Européenne résidant en France mais soit étendu à l’ensemble des résidents étrangers, y compris ceux non-membres de l’Union Européenne. 19% y sont même très favorables et 37% assez favorables. À l’inverse, 39% se montrent opposés à cette proposition, dont 20% tout à fait opposés et 19% assez opposés.

 

 

Cette proportion est en hausse par rapport à la dernière mesure réalisée en 2016 (54% de Français favorables), sans pour autant retrouver le niveau de soutien enregistré en 2011 (59% favorables). Rappelons qu’au début de ce baromètre, moins d’un tiers des Français (32% en 1994) déclarait être favorable à cette idée. Peu à peu, cette proposition a progressé jusqu’à devenir majoritaire en 1999 (52%). Toutefois, cette adhésion n’a plus recueilli le soutien de plus d’une majorité de Français à deux reprises, la première fois à la suite des attentats du 11 septembre 2001 (40%), la seconde fois entre 2004 et 2005 (45% de Français favorables).

 

La mesure de 2011 avait marqué un pic de la courbe, près de six personnes sur dix (59%) se déclarant favorables à cette hypothèse, dans un contexte marqué à la fois par une situation économique fragile et la mise à l’agenda de ce projet par le Parti socialiste. Au début du quinquennat de François Hollande, qui s’était engagé sur ce projet dans le cadre de sa campagne électorale, le soutien des Français à cette mesure a d’abord reculé, en 2013 (-5 points) puis en 2014 (-7 points), avant d’amorcer un rebond en 2015 (+3 points), confirmé en 2016 (+4 points). La vague de 2017 poursuit donc cette dynamique. Qui plus est, les Français sont également moins nombreux que l’an passé à être défavorables au droit de vote des étrangers (39%, -3 points par rapport à 2016).

 

Dans le détail, on observe une nette progression du soutien à l’extension du droit de vote des résidents étrangers parmi les 18-24 ans (+9 points), qui fait plus que compenser la baisse observée l’an dernier (-8 points) : l’adhésion approche désormais les ¾ des jeunes (73%). À l’autre bout de la pyramide des âges, la proportion de personnes favorables progresse également chez les 65 ans et plus (49%, +8 points par rapport à 2016), tandis que les catégories d’âge intermédiaires restent stables (à plus ou moins 1 point). Comme l’an dernier, on constate aussi un nivellement entre les catégories aisées et les catégories populaires, qui expriment désormais un jugement équivalent (respectivement 57% et 57%, contre 58% et 54% en 2016, et 56% et 44% en 2015).

 

Sur le plan politique, l’adhésion progresse particulièrement parmi les sympathisants de la France Insoumise ou du PCF (76%, +6 points). Il est en revanche difficile d’observer des évolutions auprès des sympathisants « de gauche » ou « de droite » dans leur ensemble, en raison de l’irruption dans le débat public de la formation « La République En Marche ». Les sympathisants LREM, qui se montrent plus favorables que la moyenne des Français (60% contre 56%), comportent en effet dans leur rang des personnes qui se seraient reconnues l’an dernier dans des formations politiques diverses.

 

Le rapport

La note détaillée

 

 

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