Le regard des Français sur le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales

La lettre de la Citoyenneté - Baromètre – Édition 2016

Enquête réalisée par téléphone du 1 er au 3 septembre 2016. Échantillon de 1 011 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Depuis plus de vingt ans, La Lettre de la Citoyenneté publie une enquête barométrique pour suivre dans le temps le regard des Français concernant le droit de vote des étrangers résidant en France pour les élections locales et européennes. Dans son état actuel, la loi ouvre aux ressortissants de l’Union Européenne le droit de vote aux élections municipales et européennes se déroulant en France, mais cela ne concerne pas les résidents étrangers issus de pays n’appartenant pas à l’Union Européenne.

La vague 2015 du baromètre avait été réalisée alors que les déplacements de population occupaient le devant de l’actualité médiatique : l’accueil des « migrants » était alors au cœur du débat public. Si cette thématique persiste aujourd’hui, la rentrée 2016 a surtout été marquée l’intensification de la campagne pour la primaire organisée par « Les Républicains » et leurs alliés. Parmi les principaux enjeux évoqués par les candidats, la question de l’intégration des immigrés s’est imposée comme une thématique centrale. Invité sur le plateau de TF1 le mercredi 24 août 2016, l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy a ainsi répété son souhait d’ « assimilation des immigrés », par opposition à un processus d’ « intégration » jugé insuffisant.

Que retenir de cette enquête ?

  • Une fois informés que les étrangers des pays de l’Union Européenne résidant en France ont le droit de vote aux élections municipales et européennes, une courte majorité de Français (54%) se déclare favorable à l’extension de ce droit aux étrangers non-membres de l’Union Européenne vivant dans le pays.

 

  • Ce chiffre reflète une nouvelle hausse (+4 points) par rapport à la dernière mesure réalisée en 2015, elle-même déjà en hausse par rapport à 2014 (+3 points), sans pour autant retrouver le niveau historique atteint en 2011. Pour rappel, celui-ci était de 59% de Français favorables, soit la proportion la plus élevée recueillie depuis le début de ce baromètre en 1994.

 

  • Symétriquement, les Français sont également moins nombreux à être défavorables au droit de vote des étrangers (42%, -5 points par rapport à 2015). Les opinions semblent structurées, la part de personnes ne se prononçant pas est plutôt stable (4% en 2016, soit 1 point de plus qu’en 2015).

 

  • Dans le détail, le soutien à l’extension du droit de vote des résidents étrangers aux élections locales progresse parmi presque toutes les catégories de population. Malgré une baisse chez les 18-24 ans (64%, -8 points), les Français les plus jeunes y restent sensiblement plus favorable que les plus de 65 ans (41%, +1 point). Enfin la mesure reste nettement plus soutenue par les sympathisants de gauche (77%) que ceux de droite (43%), même si l’écart se resserre légèrement.

 

Dans le détail :

Une courte majorité de Français se déclare favorable à l’extension du droit de vote aux élections municipales et européennes aux étrangers non-européens vivant sur le territoire français

 

54% des Français indiquent être favorables à ce que le droit de vote aux élections municipales et européennes ne concerne plus seulement les étrangers des pays de l’Union Européenne résidant en France mais soit étendu à l’ensemble des résidents étrangers, y compris ceux non-membres de l’Union Européenne. 20% y sont même très favorables et 34% assez favorables. À l’inverse, 42% se montrent opposés à cette proposition, dont 23% tout à fait opposés et 19% assez opposés.

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Cette proportion est en hausse par rapport à la dernière mesure réalisée en 2015 (50% de Français favorables), sans pour autant retrouver le niveau de soutien enregistré en 2011 (59% favorables). Rappelons qu’au début de ce baromètre, moins d’un tiers des Français (32% en 1994) déclarait être favorable à cette idée. Peu à peu, cette proposition a progressé jusqu’à devenir majoritaire en 1999 (52%). Toutefois, cette adhésion n’a plus recueilli le soutien de plus d’une majorité de Français à deux reprises, la première fois à la suite des attentats du 11 septembre 2001 (40%), la seconde fois entre 2004 et 2005 (45% de Français favorables).

La mesure de 2011 avait marqué un pic de la courbe, près de six personnes sur dix (59%) se déclarant favorables à cette hypothèse, dans un contexte marqué à la fois par une situation économique fragile et la mise à l’agenda de ce projet par la Gauche. Au début du quinquennat de François Hollande, qui s’était engagé sur ce projet dans le cadre de sa campagne électorale, le soutien des Français à cette mesure a d’abord reculé, en 2013 (-5 points) puis en 2014 (-7 points), avant d’amorcer un rebond en 2015 (+3 points). La vague de 2016 confirme donc cette progression. Qui plus est, les Français sont aussi moins nombreux que l’an passé à être défavorables au droit de vote des étrangers (42%, -5 points par rapport à 2015, -2 par rapport à 2014).

 

Dans le détail, on observe une progression du soutien à l’extension du droit de vote des résidents étrangers dans presque toutes les catégories d’âge à l’exception des 18-24 ans (-8 points), où l’adhésion se rétablit toutefois au-dessus du niveau observé en 2014 (61%). La proportion de personnes favorables progresse particulièrement chez les 25-34 ans (66%, +10 points par rapport à 2015) et les 35-49 ans (57%, +11 points). On peut aussi remarquer une réduction de l’écart entre les CSP+ et le CSP- (respectivement 58% et 54% contre 56% et 44% en 2015).

 

Sur le plan politique, les sympathisants de gauche restent davantage favorables à la mesure que ceux de droite et du centre (77% contre 43%). Toutefois, le soutien progresse au-delà du socle de soutien historique de la gauche, notamment parmi les sympathisants « Les Républicains (35%, +10 points) et chez les personnes sans préférence partisane (+9 points).

 

En savoir plus

La note détaillée

Le rapport

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