Le regard des Français sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis Sondage Harris Interactive pour Grazia

Le regard des Français sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis

Sondage Harris Interactive pour Grazia

 

Enquête réalisée en ligne du 28 au 30 mars 2012. Echantillon de 1 195 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 6 avril 2012 – A la demande de Grazia, Harris Interactive a réalisé une enquête auprès des Français sur le regard qu’ils portent sur deux évolutions juridiques souhaitées par un certain nombre d’intervenants dans le débat public concernant le cannabis: d’une part, sont-ils favorables à la dépénalisation de sa consommation, qui supprimerait les sanctions pénales existantes envers le consommateur ? Et d’autre part, sont-ils favorables plus largement à la légalisation du cannabis, qui en autoriserait la culture et le commerce ?

 

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

 

  • Six Français sur dix se déclarent opposés à une dépénalisation de la consommation de cannabis, soit un peu plus qu’en juin 2011 : seuls 36% indiquent y être favorables (dont 10% « tout à fait favorables »), quand 61% affirmant au contraire y être opposés (+3 points), dont 37% se disent même « très opposés ».

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  • Les Français se déclarent également majoritairement hostiles à l’éventualité d’une légalisation du cannabis : seuls 29% indiquent y être favorables (8% « tout à fait favorables »), contre 68% déclarant y être opposés, dont 42% affirmant même y être « tout à fait opposés », les deux attitudes apparaissant ainsi largement corrélées.

 

  • Les sympathisants de Gauche sont plus nombreux que la moyenne à souhaiter tant la dépénalisation (59%) de la consommation du cannabis que sa légalisation (44%), tandis que les sympathisants de Droite s’y montrent particulièrement opposés (respectivement 82% et 84% opposés). Plus précisément, une majorité absolue des sympathisants d’Europe Ecologie – Les Verts et du Front de Gauche se montre favorable à ces deux évolutions juridiques (respectivement 70% et 55%), même si la légalisation fait davantage débat au sein de ces catégories. Notons que si les personnes ayant l’intention de voter pour Eva Joly à la prochaine élection présidentielle émettent des opinions proches de celles exprimées par les sympathisants écologistes, les électeurs déclarés de Jean-Luc Mélenchon se montrent sensiblement moins favorables à chacune de ces deux perspectives d’évolution que les sympathisants du Front de Gauche, signe que le coprésident du Parti de Gauche rassemble au-delà de son socle « naturel » de sympathisants.

 

  • Qu’il s’agisse de la dépénalisation de la consommation ou d’une légalisation plus générale, certaines catégories de population se montrent plus hostiles à une diminution des sanctions : les personnes âgées. Ainsi, seules 31% des personnes âgées de 65 ans et plus se déclarent en faveur de la dépénalisation et 21% en faveur de la légalisation. Notons que ce sont les 18-24 ans qui, sans être majoritairement « pour », constituent la frange de population la plus favorable à la dépénalisation de la consommation (44%) mais qu’en revanche, ils ne sont pas plus que la moyenne favorables à la légalisation. On retrouve cette différence marquée chez les femmes, qui sont 35% à se déclarer en faveur de la dépénalisation (soit presque autant que les hommes), et moins d’un quart à approuver la perspective d’une légalisation (24% contre 34%) des hommes. Si l’âge et le sexe influent sur les réponses, le statut de parent semble en revanche peu jouer sur le regard porté par les Français sur ce sujet : seuls les parents ayant au moins un enfant âgé de 18 ans ou plus se déclarent plus opposés que la moyenne à la dépénalisation de la consommation de cannabis et à sa légalisation, sans doute parce qu’ils ressentent davantage le risque que leur enfant majeur soit concerné par une consommation de cannabis. Enfin, notons que ces hypothèses sont un peu mieux perçues par les membres des catégories supérieures (43% et 33%) que par ceux des catégories populaires (38% et 29%).

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