Le regard des Français sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis Sondage Harris Interactive pour 20 Minutes

Le regard des Français sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis

Sondage Harris Interactive pour 20 Minutes

Enquête réalisée en ligne les 16 et 17 octobre 2012. Echantillon de 1 142 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Paris, le 18 octobre 2012 – A la demande de 20 Minutes, Harris Interactive a réalisé une nouvelle1 enquête auprès des Français pour interroger le regard qu’ils portent sur deux évolutions juridiques envisageables concernant la consommation de cannabis en France : la dépénalisation de la consommation et la légalisation du produit. Cette enquête a été réalisée suite à la déclaration du Ministre de l’Education Nationale Vincent Peillon, qui suggérait un débat sur le dispositif législatif concernant la consommation de cannabis2, et après la déclaration du Premier ministre Jean-Marc Ayrault lundi 15 octobre, qui assurait que le gouvernement ne prévoyait pas de dépénaliser la consommation de cannabis3 . Elle s’inscrit dans un contexte de diffusion d’études scientifiques abordant les conséquences de la consommation de cannabis notamment chez les adolescents.

 

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

 

  • L’opposition à une dépénalisation de la consommation de cannabis s’est renforcée depuis mars dernier, puisque deux Français sur trois y sont désormais hostiles : seuls 33% indiquent y être favorables (dont 11% « tout à fait favorables »), soit 3 points de moins qu’il y a quelques mois, quand 65% affirment au contraire y être opposés (+4 points), dont 43% se disent même « très opposés » (+6 points).
  • De façon plus prononcée qu’en mars dernier, les Français se déclarent également majoritairement opposés à l’éventualité d’une légalisation du cannabis : seuls 26% indiquent y être favorables (8% « tout à fait favorables »), soit une baisse de trois points par rapport à la précédente enquête, contre 72% déclarant y être opposés (+4 points), dont 47% affirmant même y être « tout à fait opposés ». On observe toujours une forte corrélation entre le fait de rejeter la dépénalisation de la consommation de cannabis et le refus de la légalisation du produit.
  • Les sympathisants de Gauche sont toujours plus nombreux que la moyenne à souhaiter tant la dépénalisation (55%) de la consommation du cannabis que sa légalisation (42%), même si dans des proportions légèrement inférieures (respectivement -4 et -2 points) tandis que les sympathisants de Droite y restent particulièrement opposés (respectivement 82% et 86% opposés, soit des proportions plutôt stables). Plus précisément, une majorité absolue des sympathisants d’Europe Ecologie Les Verts (67%, soit -3 points) et du Front de Gauche (68%, soit une hausse de +6 points) se montre toujours favorable à une dépénalisation de la consommation, même si la légalisation du cannabis n’est désormais plus majoritairement approuvée que par les sympathisants écologistes (61%, +6 points).
  • Aussi bien sur la dépénalisation de la consommation que sur une légalisation plus générale, les personnes âgées témoignent à nouveau d’une hostilité forte à une diminution des sanctions. Ainsi, seules 26% (-5 points) des personnes âgées de 65 ans et plus se déclarent en faveur de la dépénalisation et 24% (+3 points) en faveur de la légalisation. Notons que les 18-24 ans, sans être majoritairement « pour », restent la frange de population la plus favorable à la dépénalisation de la consommation (41%, -3 points) mais qu’en revanche, ils deviennent même moins favorables que la moyenne à la légalisation (23%, -6 points). L’écart de perception entre les hommes et les femmes se réduit, puisque que les hommes sont désormais 28% à se déclarer favorables à une légalisation du cannabis (-6 points), pour 23% des femmes (-1 point). Le statut de parent semble néanmoins influencer davantage le regard porté par les Français sur ce sujet : les parents ayant au moins un enfant âgé de plus de 5 ans se montrent quasi systématiquement plus opposés que la moyenne à la dépénalisation de la consommation de cannabis et à sa légalisation. Enfin, notons que la perspective d’une dépénalisation reste mieux perçue par les membres des catégories supérieures (38%, soit -5 points) que par ceux des catégories populaires (31%, soit -7 points), mais que ces deux catégories portent désormais un regard similaire sur la légalisation du cannabis : 26% s’y déclarent favorables, et 72% opposés.

 

1 Une enquête sur ce sujet avait déjà été réalisée en ligne du 28 au 30 mars 2012 par Harris Interactive pour Grazia, auprès d’un échantillon national représentatif de 1 195 personnes, selon la méthode des quotas et redressement.
2 Dimanche 14 octobre, dans le cadre de l’émission « Tous Politiques » (France Inter/Le Monde), Vincent Peillon avait déclaré souhaiter « que l’on puisse avancer sereinement sur le débat de la dépénalisation », qui constituait selon lui « un sujet majeur ».
3 Lundi 15 octobre, les services du Premier ministre ont assuré à l’occasion d’une conférence de presse : « le Premier ministre et Vincent Peillon se sont parlé au téléphone lundi matin, il n’y aura pas de dépénalisation du cannabis ».

En savoir plus :

Le communiqué de presse

L’ensemble des résultats

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