Le potentiel électoral de Dominique Strauss-Kahn avant / après « l’affaire du Sofitel » Sondage Harris Interactive pour Marianne

Le potentiel électoral de Dominique Strauss-Kahn avant / après « l’affaire du Sofitel »

Sondage Harris Interactive pour Marianne

Enquête réalisée en ligne du 4 au 6 juillet 2011. Echantillon de 1147 individus inscrits sur les listes électorales issus d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Paris, le 8 juillet 2011 — A la demande de Marianne, Harris Interactive a réalisé un sondage auprès d’un échantillon d’inscrits sur les listes électorales afin de mesurer l’impact de « l’affaire DSK » sur son potentiel électoral. Il s’agissait, après les derniers rebondissements de l’affaire – la mise en cause de la crédibilité de la plaignante, la libération sur parole de Dominique Strauss-Kahn – d’appréhender l’ampleur des conséquences de l’affaire pour l’ancien directeur général du FMI et d’identifier les catégories de population parmi lesquelles on observe les plus importants décrochages.

 

Que retenir de cette enquête ?

  • 38% des inscrits indiquent qu’ils auraient pu certainement (18%) ou probablement (20%) voter pour Dominique Strauss-Kahnau 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 avant le déclenchement de l’affaire le 14 mai dernier. Ils sont aujourd’hui 26% à déclarer qu’ils pourraient encore voter pour l’ancien directeur général du FMI, dont 9% avec certitude.
  • Ainsi, parmi les électeurs potentiels d’avant « l’affaire du Sofitel », 64% affirment toujours envisager de voter pour Dominique Strauss-Kahn à l’heure actuelle (24% certainement et 41% probablement) tandis que 35% déclarent qu’aujourd’hui ils ne voteraient probablement pas ou certainement pas pour lui. Les femmes ne se montrent pas nettement plus sévères à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn que les hommes : ainsi, la proportion d’anciennes électrices potentielles qui ne voteraient plus aujourd’hui pour Dominique Strauss-Kahn est de 38%, contre 32% chez les hommes.
  • En revanche, les raisons invoquées par les hommes et les femmes pour justifier ce changement d’intention diffèrent quelque peu : en effet, si tous font majoritairement référence à « l’affaire », les femmes utilisent davantage le registre de la moralité et du rapport aux femmes, tandis que les hommes évoquent davantage le rapport de Dominique Strauss-Kahn à l’argent et ses conséquences, à savoir l’éloignement des préoccupations des Français.

 

Dans le détail :

 

38% des répondants déclarent aujourd’hui qu’ils auraient pu, avant « l’affaire Dominique Strauss-Kahn », voter pour lui au 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 (dont 18% certainement et 20% probablement). Cette proportion atteignait même 45% parmi les individus âgés de 18 à 24 ans, 60% parmi les sympathisants de Gauche et 74% parmi les sympathisants socialistes. Précisons que cette question diffère d’une intention de vote. Il s’agit là d’interroger sur un potentiel de vote dans l’absolu et non en relatif. On le sait, les électeurs peuvent envisager de voter pour plusieurs candidats avant de parfaire leur choix.

 

Lorsqu’on leur demande si, à la date d’aujourd’hui, ils voteraient pour Dominique Strauss-Kahn, seuls 26% répondent qu’ils en auraient toujours l’intention, dont 9% certainement et 17% probablement, soit une baisse de 12 points. 71% ne voteraient pas pour lui et 47% affirment qu’ils ne le feraient certainement pas. Le potentiel électoral de Dominique Strauss-Kahn a donc été impacté par l’affaire ayant éclatée à New-York, 35% de ses anciens électeurs potentiels s’étant détournés de lui.

La proportion de personnes susceptibles de voter pour Dominique Strauss-Kahn a nettement baissé chez les jeunes de 18 à 24 ans (28%, -17 points), les femmes (27%, -13 points), les habitants de région parisienne (28%, -14 points), les sympathisants de Gauche (41%, -19 points) et les sympathisants socialistes (49%, -25 points). Notons donc que si, comme on pouvait s’y attendre, le potentiel de Dominique Strauss-Kahn a baissé, l’ancien dirigeant du FMI conserve un important socle électoral à Gauche.

 

Par ailleurs, notons que l’on n’observe pas réellement de réactions différenciées – au moins en termes de niveau – de la part des hommes et des femmes : ainsi 38% des anciennes électrices potentielles déclarent aujourd’hui qu’elles ne voteraient probablement pas (21%) ou certainement pas (17%) pour Dominique Strauss-Kahn, tout comme 32% des hommes (17% probablement pas et 15% certainement pas). Cependant lorsqu’on s’intéresse un peu plus précisément, à travers une question ouverte, aux raisons invoquées par les unes et par les autres, on constate que les registres de justification, s’ils se recoupent en grande partie, comportent quelques spécificités. Ainsi, lorsqu’on comptabilise les citations, on remarque que les propos des enquêtés recoupent essentiellement trois dimensions :

  • Le sexe, dont l’addiction serait la marque d’une absence de maîtrise du responsable politique (66%) ;
  • L’argent, dont la profusion est perçue comme antinomique d’une personne de Gauche (18%) ;
  • Enfin, une dimension relative aux affaires en cours, qui nuiraient à la réputation et la crédibilité de Dominique Strauss-Kahn, et donc de la France, si celui-ci devait être élu (16%).

 

Si, dans le détail, les éléments relatifs au sexe sont pratiquement autant cités par les hommes que par les femmes (ces dernières faisant manifestement davantage référence à une absence de respect de la « gent » féminine), les éléments relatifs à l’argent et l’incapacité à comprendre les problèmes des Français sont nettement plus mentionnés par les hommes que par les femmes.

 

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