Le patient-sachant, un patient éclairé et multicanal en quête d’interactivité

Quelles spécificités chez les patients souffrant d’un cancer ?

L’étude a été réalisée par Harris Interactive du 12 au 16 Septembre 2019 auprès du Grand public (n= 2148) interrogé selon la méthode des quotas sur l’âge, le sexe, la CSP et les régions, auquel ont été extraits les résultats d’une population de patients à maladie bénigne ponctuelle (n= 1690) et de patients avec une maladie chronique (n=1346).

 

Paris, le 4 février 2020,

 

À l’heure où le consommateur devient de plus en plus acteur et expert, et où les outils amènent à plus d’autonomie et d’interaction entre les individus et les marques, Harris Interactive s’est interrogé sur cette tendance concernant le secteur de la Santé. Quelle est la relation du patient à sa maladie ? Est-il sachant, connaisseur, expert, voire influenceur de la prescription ? Y a-t-il un seul ou plusieurs profils de patients sachants et quels comportements adoptent-ils vis-à-vis de leur médecin ?

Avec notre outil agile Harris 24, nos experts ont interrogé 2148 Français ; parmi eux 1690 sont des patients souffrant de maladies bénignes ponctuelles et 1346 patients souffrant de pathologies chroniques dont 64 patients atteints ou ayant été atteints d’un cancer (parmi les cancers les plus représentés : cancer du sein, de la prostate, du poumon et cancer colorectal).

 

A l’occasion de la journée mondiale du cancer, nous avons voulu comprendre les spécificités de ces patients par rapport à l’ensemble des patients à maladie chronique.

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?
  • 9 patients sur 10 déclarent se renseigner sur leur maladie et les traitements. Des recherches via un contact humain (professionnel de santé, entourage, association), la presse puis internet, et focalisées sur 2 dimensions : les conséquences de leur cancer (77% vs 51% chez les patients chroniques) et l’état actuel de la recherche concernant les futurs traitements (39% vs 25%).
  • 94% ont confiance en leur médecin qui a posé le diagnostic et 36% (vs. 23% des patients chroniques) se disent très satisfaits de la manière dont l’annonce de leur maladie a été faite par le professionnel de Santé. Les moins satisfaits déplorent un manque de tact, manque de temps et d’explications de la part du professionnel de Santé.
  • 59% des patients souffrant de cancer reçoivent de la documentation remise par le praticien à l’issue du diagnostic, 8 patients sur 10 en prennent connaissance.
  • 67% vont chercher des informations supplémentaires après le diagnostic du cancer, notamment pour comprendre de manière plus approfondie la maladie mais aussi pour rassurer leur entourage (51%).

 

En regardant de plus près les 5 catégories de patients chroniques que notre étude a permis d’identifier, les patients souffrant d’un cancer se répartissent ainsi :

  • Une dominance de « Bons élèves » (39% vs 29% parmi l’ensemble des patients chroniques ) : avec une attitude plus passive et ne jurant que par les professionnels de Santé (médecins et pharmaciens), ils suivent scrupuleusement leurs conseils.
  • Les « Apprentis Patients-Sachants » (30% vs 32%) : séniors souvent retraités, ils réalisent de multiples recherches sur des sujets variés avant tout pour eux-mêmes. Ils accordent une grande importance à la caution médicale concernant les informations trouvées. En effet ils trouvent une certaine satisfaction à échanger avec les professionnels de santé sans pour autant les challenger.

 

  • Les « Surbookés » (16% vs 15%) : plutôt middle age et CSP+, ils n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à leur maladie. Capables de challenger leur médecin pour trouver des solutions thérapeutiques très rapidement, leurs recherches sont très auto-centrées et pragmatiques : le savoir doit être au service d’une efficience.
  • Les « Patients Sachants » (11% vs 14%) : jeunes actifs ayant ressenti de manière plus positive l’annonce du diagnostic, ils sont en recherche d’informations en mode multicanal tout en accordant un fort niveau de confiance envers les professionnels de santé. Ils sont moteurs pour eux et pour les autres : acquérir et transmettre l’information dans une démarche très proactive.
  • Les « Résignés » (5% vs 11%) : plutôt jeunes et sans emploi, l’annonce de la maladie est un coup dur et ils accusent le coup. Ils sont dans une forme de désillusion et de démotivation illustrées à travers 2 besoins : du soutien psychologique et le regain de confiance envers les professionnels de santé.

 

Population légèrement plus âgée que la population chronique (62.5 ans vs 50.8 ans), leurs attentes sont semblables à celles observées chez les autres patients chroniques en termes d’informations (notamment sur la manière de gérer le traitement) et de conseils. Par-contre, ils sont moins enclins à partager avec d’autres patients. Ils sont par exemple seulement 3% à utiliser des applications mobiles dans le cadre de leur maladie.

 

Ces enseignements sont directement tirés de notre étude auprès de patients chroniques et également disponibles sur différentes aires thérapeutiques majeures dont le cancer.

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