La sexualité des Français – Vague 2

Enquête Harris Interactive pour XLoveCam

Enquête réalisée en ligne du 6 au 11 mai 2022. Échantillon de 1 518 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 22 août,

 

Le sexe à l’heure du numérique : une révolution ?

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Une libération des mœurs qui n’annule pas tous les tabous

Les Français ont très nettement le sentiment d’une libération de la parole autour du sexe : pour près de 7 personnes sur 10, il est aujourd’hui plus facile de parler de sexualité que par le passé. Aujourd’hui, le sexe fait partie des conversations des Français, et pas uniquement dans l’intimité du couple. 60% de la population indique aborder souvent ou de temps en temps ce sujet en dehors du couple, un comportement plus fréquent chez les générations les plus jeunes que chez leurs aînés : simple effet d’âge ou véritable évolution générationnelle ? Probablement une combinaison des deux. Cependant, le sujet reste plutôt délicat : seuls 35% des Français trouvent « très facile » de parler de sexualité au sein même du couple (un chiffre qui chute à 16% en dehors du couple), et peut également susciter des complexes. Ainsi, plus des ¾ des Français déclarent avoir déjà été complexés par un aspect de leur vie sexuelle, le plus souvent par leur corps (surtout chez les femmes) ou par leurs performances (surtout chez les hommes), mais également par des troubles sexuels (chez les deux). Mais même si le sexe ne semble pas affranchi de tout tabou à l’heure actuelle, les Français voient volontiers la sexualité comme un lieu de tolérance et de liberté : ainsi, pour 87% d’entre eux, aujourd’hui chacun est libre de mener sa sexualité comme il l’entend.

 

La vie (sexuelle) est un long fleuve tranquille ?

Dans quelle mesure les Français sont-ils satisfaits de leur vie amoureuse et de leur sexualité ? Pour la plupart, ils portent un regard plutôt positif sur ces deux aspects de leur vie personnelle (respectivement 70% et 69% se déclarent satisfaits). Néanmoins, en intensité, les Français se déclarent un peu plus pleinement heureux de leur vie amoureuse (53% lui donnant une note comprise entre 8 sur 10 et 10 sur 10), que de leur vie sexuelle (45%). Ces jugements diffèrent nettement selon la situation amoureuse des interrogés, les personnes en couple se montrant nettement plus satisfaites de leur situation que les personnes célibataires, en particulier quand il s’agit de noter leur vie sentimentale. Avec le temps, on note néanmoins que la satisfaction sexuelle des couples décline légèrement.

Dans l’ensemble, les Français ont le sentiment de se trouver dans une forme de « normalité » dans leurs désirs et fantasmes sexuels : 73% voient volontiers leur propre sexualité comme étant « classique », un adjectif qui cité même plus souvent qu’« épanouie » (69%) ou « libérée » (63%), et qui résonne chez l’ensemble des générations. Concernant leur expérience passée, les 2/3 des Français se considèrent comme étant expérimentés en matière de sexualité, et sont d’ailleurs une minorité à souhaiter essayer de nouvelles pratiques sexuelles (38%). Si les hommes affirment plus souvent se sentir expérimentés que les femmes, ils sont également plus nombreux à vouloir renouveler leur répertoire sexuel (49%, contre 28% chez elles). Aussi, ce sont les jeunes et les jeunes couples qui sont les plus curieux de nouvelles pratiques (50%), devant même les célibataires (42%). Les célibataires, eux, souhaitent surtout connaître de nouveaux partenaires (53%).

 

Panorama des pratiques sexuelles déclarées des Français

Interrogés sur leurs pratiques, 60% des Français déclarent avoir des relations sexuelles avec un partenaire au moins une fois par mois, quand les 40% restants indiquent en avoir moins souvent ou jamais. Parmi les pratiques les plus fréquentes, la pénétration apparaît en tête (87% des Français déclarant l’avoir déjà pratiquée), devant le sexe oral (environ 7 Français sur 10 ont déjà été impliqués dans une fellation ou un cunnilingus) et la masturbation avec un partenaire (63%). Des pratiques qui mènent à l’orgasme régulièrement pour 85% des Français en couple, avec un écart notable entre les hommes (92% indiquent y aboutir chaque fois ou souvent) et les femmes (79%). Une différence homme-femme dans la fréquence des orgasmes donc, qui a des reflets dans la libido : en couple, les femmes sont nettement majoritaires à désigner leur partenaire comme ayant le plus de désir sexuel (70%), quand les hommes se désignent eux-mêmes nettement comme les plus en demande (78%).

Si de nombreux Français sont en couple, cela ne les empêche pas de recourir à la masturbation seul(e), et 1 personne sur 2 déclare se masturber au moins une fois par mois. Là encore, la disparité entre les sexes est grande, puisque 86% des hommes indiquent s’être déjà masturbés contre 64% des femmes. Au global, la fréquence des orgasmes obtenus par la masturbation seul(e) est proche de celle des orgasmes obtenus en couple. On note aussi que les sources du plaisir sexuel des femmes diffèrent nettement selon qu’elles sont seules – l’orgasme est alors obtenu le plus souvent par stimulation externe du clitoris (69%)– ou avec un partenaire – la stimulation vaginale est alors largement plus source de plaisir (37% et 39% pour la stimulation clitoridienne).

 

Le numérique révolutionne-t-il notre intimité ?

L’irruption du numérique exerce une influence non négligeable sur les comportements sexuels, c’est en tous cas un sentiment partagé par les Français (62%). Et dans les faits, ils sont nombreux à exploiter les possibles qui leur sont permis par le numérique. Notamment, la pornographie sur Internet semble particulièrement entrée dans les mœurs : aujourd’hui, 47% de la population avoue avoir déjà visité un site pornographique. Les échanges de sextos ou de « nudes » avec un partenaire sont un peu plus minoritaires, et davantage restreints aux générations les plus jeunes. Par ailleurs, les Français ne semblent pas poser de jugements de valeur sur ces nouvelles pratiques, dont 65% indiquent qu’elles ne représentent pour eux ni un enrichissement, ni un appauvrissement de leur sexualité.

Quant aux sites et applications de rencontre, 38% de la population déclare y avoir déjà eu recours, une proportion qui atteint 52% chez les moins de 35 ans. Néanmoins, pour la grande majorité des Français, y compris chez les utilisateurs, ces sites n’offrent qu’une option supplémentaire pour faire des rencontres (85%), et sont loin d’être un passage obligé (14%). Car si ces sites et applications permettent de faciliter les rencontres aux yeux des Français (60%), ils peuvent rendre plus difficiles d’autres aspects de la vie amoureuse (notamment la fidélité, plus difficile à conserver aujourd’hui pour 46% de la population).

 

Un regard curieux mais distant sur les sites de « live cam »

Moins connus que les sites de rencontres, les sites de « live cam » ont néanmoins aujourd’hui une certaine notoriété : ainsi, près d’1 Français sur 2 indique avoir déjà entendu parler du concept de ces sites. Très nettement, les « live cam » sont plus connues des hommes (65%) que des femmes (35% seulement). Parmi les néophytes, 12% indiquent un certain intérêt pour ces plateformes (18% chez les hommes, et davantage chez les hommes les plus jeunes), plus souvent dans l’agglomération parisienne qu’ailleurs. Après une courte présentation du principe des sites de « live cam », les Français leur reconnaissent certains bénéfices : notamment, la grande diversité de modèles qu’ils peuvent proposer, ainsi que la possibilité d’exprimer librement ses désirs pour l’utilisateur. Ils sont nettement plus sceptiques à propos de l’idée d’un échange entre le modèle et l’utilisateur, et peinent parfois à croire à l’authenticité de ces échanges et du lien qui peut se créer.

 

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