La réforme de la formation des masseurs-kinésithérapeutes

Etude Harris Interactive pour L’Ordre des masseurs kinésithérapeutes

Paris, le 10 septembre 2014 – A la demande de L’Ordre des Masseurs-kinésithérapeutes, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français sur une éventuelle réforme de la formation des kinésithérapeutes. Comme jugent-ils les arguments en faveur d’une reconnaissance de la kinésithérapie comme une science médicale ? Quel regard portent-t-ils à l’égard du projet de réforme d’accès à la formation de kinésithérapie ?

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

  • Les Français expriment une adhésion quasi unanime aux arguments en faveur d’une reconnaissance de la kinésithérapie comme une science médicale. En effet, 90% des Français estiment que cela permettrait d’encadrer les pratiques et d’éviter les dérives (dont 44% de « oui, tout à fait »), 87% que cela contribuerait à garantir la sécurité des soins dispensés par les professionnels (dont 40% de « oui tout à fait ») et 81% que ça les rassurerait (dont 28% de « oui, tout à fait »). Les femmes, les personnes peu diplômées ou déclarant avoir déjà consulté un masseur kinésithérapeute partagent davantage l’ensemble de ces positions.
  • Interrogés sur le maintien ou non d’un « numerus clausus » pour l’accès à la formation de kinésithérapie, près des 2/3 des Français estiment que cette procédure doit être maintenue car « elle permet de garantir la qualité des professionnels diplômés et des soins proposés aux patients » (66%).A l’inverse, seulement 1/3 des Français déclare que ces processus de sélections doivent être abandonnés dans la mesure où ils « constituent un frein pour de nombreux étudiants à accéder à la profession ». Si les personnes de moins de 35 ans et de niveau inférieur au bac revendiquent davantage le maintien de cette sélection (71% et 70% respectivement), les 50-64 ans et les Français dont le diplôme est supérieur à bac+2 se positionnent quant à eux davantage en faveur son abandon (37% et 35% respectivement). En dépit du contexte de fort taux de chômage, notamment parmi les jeunes, les Français semblent donc privilégier la qualité des soins prodigués à une possible création d’emplois.
  • Le jugement positif sur le maintien du numérus « clausus » se conjugue à une adhésion à des arguments légitimant l’aspiration des masseurs kinésithérapeutes au grade de Master (bac+5), bien qu’il s’agisse plutôt d’une adhésion de principe. Les Français estiment que cette réforme permettrait d’aligner « le statut des kinésithérapeutes sur celui des orthophonistes et des sages-femmes » (86%), de « garantir une plus grande qualité des soins aux patients » (81%), mais aussi de « permettre à ce corps médical d’être reconnu à l’international et d’accéder à la recherche » (80%). Les femmes et les personnes peu diplômées portent un regard plus positif sur ces dimensions. Si la question de la comparaison aux orthophonistes et aux sages-femmes joue au bénéfice des kinésithérapeutes, les représentations ne sont sans doute pas très structurées, puisqu’aucun argument ne se détache. Ainsi, compte tenu de la complexité du système de formation, les Français se positionnent davantage sur une position de principe. Enfin, seul 1/3 des Français estiment que le grade de licence (bac+3) serait suffisant pour les kinésithérapeutes (33%). On observe que les personnes indiquant n’avoir jamais consulté de masseur-kinésithérapeute partagent davantage cette position (41%), tandis que les personnes ayant déjà été en contact avec des kinésithérapeutes sont moins nombreux (seulement 31%) à minimiser le niveau de cette formation.

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