La réaction des Français aux propos d’Eric Cantona Sondage Harris Interactive pour l’Humanité

La réaction des Français aux propos d’Eric Cantona

Sondage Harris Interactive pour l’Humanité – 09/12/2010

 

Enquête réalisée en ligne par l’institut Harris Interactive le 7 décembre 2010. Echantillon de 1004 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé et taille d’agglomération.

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A la demande de l’Humanité, Harris Interactive a réalisé une enquête auprès d’un échantillon représentatif de Français. Il s’agissait, à la suite des propos d’Eric Cantona et de la « polémique » ayant suivi, de connaitre l’opinion des Français. On le sait, les retraits en banque ont été, ce mardi 7 décembre, marginaux. Reste qu’un écart peut se faire jour entre comportements et opinion. En France, plus que dans d’autres pays, les actions collectives non relayées par le politique ne trouvent qu’un faible écho. Ainsi, à la différence des pays Anglo-Saxons, le boycott ne fait pas partie des modalités d’actions privilégiées des Français. Et les appels en ce sens, même lorsqu’ils s’inscrivent dans une période d’émotion, ne trouvent pas d’écho comportemental. Qu’en est-il précisément du jugement porté sur « l’appel » d’Eric Cantona ?

 

  1. 47% des Français considèrent que l’appel d’Eric Cantona est « une bonne idée »…A la question suivante : « Le footballeur Eric Cantona a récemment appelé les Français à retirer l’argent qu’ils avaient sur leurs comptes en banque afin de créer une « panique bancaire ». Jugez-vous cette idée très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise… », 47% des Français considèrent qu’il s’agit d’une très bonne (14%) ou plutôt bonne (33%) idée.
    Les jeunes actifs, les personnes issues des catégories populaires, ainsi que les sympathisants de Gauche accueillent favorablement cette proposition.
    Les personnes âgées, les Français issus des catégories supérieures ainsi que les sympathisants de Droite la jugeant mauvaise.
  2. …l’appel plus que la pratique réelle étant valoriséLes 47% des Français estimant que la proposition d’Eric Cantona est une bonne idée, mettent en avant trois arguments permettant d’éclairer leur réponse : tout d’abord le fait que « C’est un bon moyen de pousser les dirigeants des banques à une remise en cause du système bancaire » (48%), ainsi que « C’est un bon moyen de pousser les dirigeants politiques à une remise en cause du système économique » (47%), enfin « Les banques sont responsables de la crise économique actuelle » (41%). On le voit c’est plus la prise de position d’Eric Cantona qui satisfait cette frange de population que la pratique qui pourrait être engendrée par les citoyens. La prise de parole apparaît ainsi être comme une forme de verbalisation d’un sentiment partagé.
    Notons que 52% des sympathisants de Gauche (première réponse de leur part) mobilisent l’argument de la remise en cause du système économique, tandis que ceux se situant à Droite sur l’échiquier politique vont plus tourner leur regard vers les dirigeants des banques.
    Relevons enfin que la possibilité de mener une action citoyenne est moins mise en avant par les Français favorables aux propos de l’ancien footballeur et surtout que 4% seulement d’entre eux envisagent une panique dont les conséquences seraient bonnes pour les Français.
  3. …la panique bancaire étant crainte par les personnes jugeant l’idée mauvaiseEn suivant la même logique, 69% des personnes en désaccord avec la proposition d’Eric Cantona mobilisent comme premier argument « Cela risque de créer une panique dont les conséquences ne seront pas bonnes pour les Français ». Deuxième élément structurant le positionnement : « C’est avant tout aux responsables politiques de prendre leurs responsabilités » (43%). On retrouve ici une expression française : le politique, dans un contexte de crise, a un rôle à jouer. Peu de Français jugeant l’idée mauvaise estiment pour autant qu’il n’est pas nécessaire de remettre en cause le système économique ou le système bancaire et, a fortiori, que les banques ne sont pas responsables de la crise économique actuelle.
    L’écho rencontré dans l’opinion, tout comme les éléments relatifs à la réticence, se structurent ainsi pour partie autour des mêmes arguments : responsabilité des banques dans la crise, appel au politique. Et en aucun cas, la volonté de créer une « panique » bancaire. Dirigeants des banques comme responsables politiques sont ainsi appelés à intervenir pour limiter les effets de la crise économique.

 

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Résultats détaillés

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