La maltraitance des enfants – Vague 3

Enquête Toluna - Harris Interactive pour l'Enfant Bleu

Enquête réalisée en ligne du 04 au 07 novembre 2022. Échantillon de 1064 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 28 novembre 2022,

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

  • Les Français portent sur la maltraitance un regard toujours empreint de pessimisme : une très large majorité juge le phénomène fréquent (76%, +4 points depuis 2014), traversant tous les milieux sociaux (90%) et dont la disparition est loin d’être à l’ordre du jour. Et, quoiqu’ils perçoivent à quel point le mouvement #Metoo et l’ouverture de l’espace médiatique à la parole des victimes peuvent jouer en faveur d’une libération des discussions autour des maltraitances durant l’enfance (78%), les Français considèrent toujours le sujet comme tabou dans la société (73%).

 

  • Néanmoins, le changement de contexte et l’ouverture des débats sur les maltraitances, renforcés par une législation active en France notamment au regard des « violences éducatives ordinaires » ont modifié certaines représentations. D’abord, le jugement à l’égard de l’action des pouvoirs publics sur le sujet, moins sévère que par le passé : 34% estiment qu’ils agissent suffisamment, soit toujours une nette minorité, mais une augmentation notable, de +6 points par rapport à 2014. Surtout, les évolutions de la société ont changé le regard sur la définition de la maltraitance des enfants. Jugée beaucoup plus facile à définir que par le passé (48%, +15 points depuis 2014), la maltraitance est bien davantage reconnue dans de nombreux gestes ou comportements adoptés par les adultes à l’égard des enfants. Même si les Français établissent une hiérarchie dans ces comportements similaire aux années passées (les fessées ou les chantages sont par exemple bien moins considérés comme très graves que les violences sexuelles ou l’absence de soins), la quasi-totalité des comportements testés comme sont jugés davantage « très graves » qu’ils ne l’étaient en 2014. Les Français sont ainsi désormais à 21% à déclarer que donner une fessée à un enfant est « très grave » (+16 points), 33% à trouver « très grave » l’utilisation d’enfant pour des activités commerciales comme la publicité (+18 points) ou encore 64% à estimer que ne pas garantir la bonne hygiène d’un enfant est « très grave » (+ 21 points). Autant de points qui soulignent des changements dans les représentations sociales à l’égard de la définition et du statut de certains gestes ou comportements entre adultes et enfants.

 

  • Interrogés sur leur propre enfance, 24% des Français relatent des événements assimilables à de la maltraitance grave, un chiffre impressionnant et en augmentation de 10 points depuis 2014, dont l’évolution doit être comprise dans un double mouvement : un contexte de libération de la parole (qui conduit davantage les personnes à s’ouvrir sur leur statut de victime) et un contexte de prise en compte grandissante de ces enjeux (qui conduit à mieux prendre conscience de certains actes et de leur portée, amenant davantage de personnes à se considérer comme victimes). Dans le détail, on note que les femmes déclarent plus que les hommes avoir subi des maltraitances pendant l’enfance (26% contre 20%), notamment du fait d’une confrontation plus fréquente à des maltraitances d’ordre sexuel (19% contre 14%). Parmi ces personnes se déclarant victimes de maltraitances graves, le silence est toujours de mise : 25% seulement indiquent les avoir dénoncées à l’époque des violences. Un chiffre encore relativement bas, mais en progression (+6 points par rapport à 2017), signe qu’effectivement, certaines paroles se libèrent. Et avec des conséquences hautement positives : 83% de ceux qui en ont parlé indiquent que les maltraitances se sont arrêtées au moins en partie suite aux révélations, dont 45% qu’elles se sont totalement arrêtées.

 

  • Nombreux à déclarer des expériences personnelles liées à des maltraitances durant l’enfance, les Français sont également nombreux à en soupçonner dans leur entourage : 47% des estiment probable, voire certain, qu’il y ait dans leur entourage au moins une personne ayant été victime de maltraitance durant l’enfance. A l’image de 2017, les soupçons sont généralement plus forts dans l’entourage indirect (28% pensent qu’il y a eu des personnes victimes de maltraitance pendant l’enfance chez leurs collègues, 28% chez leurs voisins) que dans le cercle proche (25% parmi les amis proches, 24% parmi la famille élargie, 23% parmi la famille proche) voire intime (9% dans le foyer). En miroir, le soupçon qu’il y a eu au cours des dernières années des enfants victimes de maltraitances dans son entourage concerne près d’un tiers des Français (31%), qui, la plupart du temps, indiquent être intervenus pour faire part de leurs soupçons (86%, +7 points), le plus souvent, auprès d’autres adultes ou des enfants victimes eux-mêmes.

 

  • Davantage de prise de conscience, davantage d’ouverture, semblent ainsi avoir sensibilisé les Français à la fois à la nécessité dialoguer, voire d’intervenir dans les cas de maltraitances présumés. L’ouverture de la discussion sur le sujet apparaît ainsi comme primordiale à tous, et ce, dès le plus jeune âge : les Français se déclarent quasi-unanimement favorables (87%) à ce que la maltraitance soit abordée systématiquement avec les élèves dans le cadre de l’école et 69% des parents (+9 points) indiquent avoir eu des échanges avec leurs enfants sur la question.

 

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