La famille en mutation ? Qu’en pensent les Français ?

Etude Harris Interactive pour La Parisienne

Enquête réalisée en ligne entre le 13 et le 16 novembre 2015. Échantillon de 1 858 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

 

Les rappels sont issus de l’étude réalisée par Harris Interactive pour LCP-AN en février 2014 que vous pouvez consulter en cliquant ici.

De l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe aux débats entourant la proposition de loi relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant, le quinquennat du président François Hollande aura été marqué par une évolution du corpus juridique relatif à la famille et à ses nouvelles formes.
Dans ce contexte, La Parisienne a sollicité Harris Interactive afin de réaliser une étude auprès d’un échantillon représentatif de Français afin de mieux comprendre leur rapport à leur famille et à la famille, ainsi qu’investiguer leur manière d’appréhender les éventuelles mutations de la cellule familiale.

Que retenir de cette enquête ?

Une famille définie par l’affect qui occupe une place significative dans la vie des Français, mais dont l’importance apparaît en recul dans la société au cours des dernières décennies

  • Spontanément, les Français invités à se prononcer sur la famille évoquent des dimensions très majoritairement positives, au premier rang desquelles « l’amour». Par ailleurs, sont fréquemment évoqués les lens intrafamiliaux de « solidarité », de « soutien » et « d’entraide », et d’autres sentiments tels que le « bonheur », la « joie ». Notons, enfin, le recours fréquent au terme « enfants » qui apparaît ainsi au cœur des représentations que les Français se font de la famille.

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  • Invitée à choisir entre les membres de leur famille et leurs amis, une majorité de Français indique se sentir plus proche de sa famille (70%, et même 75% parmi les personnes ayant des enfants), quand 29% d’entre eux optent au contraire pour leurs amis. Ce choix, bien que minoritaire, concerne tout de même un tiers des célibataires (33%) et des personnes âgées de 35-49 ans (34%).

 

  • D’un point de vue plus projectif, près d’1 Français sur 2 (49%) considère que l’importance accordée aujourd’hui à la famille est moindre qu’il y a 30 ans, une proportion particulièrement élevée parmi les personnes peu ou pas diplômées (53%), sans enfants (52%) ou s’estimant proches du Front National (59%). Par ailleurs, si 12% des Français estiment que la famille a aujourd’hui plus d’importance qu’il y a 3 décennies (et même 17% des parents et 17% des sympathisants du Parti socialiste), plus d’un tiers d’entre eux (38%) n’identifient pas d’évolution sur ce point.

 La relation à ses parents et ses beaux-parents apparaît comme équilibrée et positive

  • S’ils sont particulièrement nombreux à percevoir un recul de l’importance de la famille au cours des dernières années, les Français affichent néanmoins, d’un point de vue personnel, une solidarité envers leurs parents, 64% d’entre eux dont leurs ascendants sont encore en vie se disant prêts à les héberger de façon permanente s’ils en avaient besoin. Notons que cette opinion s’avère particulièrement partagée par les personnes aux revenus les plus modestes (73%), par celles étant particulièrement proches de leurs parents (77% parmi celles qui leur rendent visite quotidiennement) ainsi que par ceux ayant moins d’attaches familiales propres (69% des célibataires sans enfants). A l’inverse, les plus âgés (49% des 65 ans et plus), ayant par conséquent des parents entrant dans le grand âge, ainsi que les personnes en couple sans enfants (39%) affichent plus de réserves, étant plus nombreux que la moyenne à ne pas envisager une telle cohabitation.

 

  • D’un point de vue d’adulte, 1 Français ayant ses deux parents sur 2 indique avoir une relation aussi bonne avec son père qu’avec sa mère, alors que 32% affichent une préférence pour la relation maternelle (et tout particulièrement la relation mère-fille, 36%) et seulement 15% pour la relation paternelle.

 

  • Cette relation que l’on imagine plutôt positive avec ses propres ascendants s’applique également à la famille de son conjoint : 85% des Français en couple affirment en effet avoir une bonne relation avec leur belle-famille (et même un tiers – 32% – une très bonne relation). Cette relation semble d’autant meilleure que le conjoint intégré à la belle-famille est âgé (91% parmi les 65 ans et plus) ou aisé socialement (89% des CSP+ et des possesseurs d’un diplôme supérieur à Bac+2). Par ailleurs, notons que les hommes affirment avoir une meilleure relation avec leur belle-famille que les femmes (90% contre 79%). A l’inverse, 15% des personnes en couple qualifient cette relation de mauvaise, une proportion qui atteint même 19% parmi les catégories populaires, 24% parmi ceux dont le revenu mensuel ne dépasse pas 1 200 euros nets et 23% au sein des familles recomposées.

Les enfants apparaissent au cours des débats portant sur la famille, bien que les personnes vivant au sein de familles recomposées adoptent des positons plus singulières

 

  • Le nuage de mots présenté plus haut montre le lien intime que les Français tracent entre la famille et la paternité/maternité. Invités à s’exprimer sur leur propre enfance, 3 Français non enfant unique sur 4 affirment que leurs parents leur ont accordé la même attention et la même affection qu’aux autres membres de leurs fratries (76%) et 75%). Néanmoins, 13% d’entre eux perçoivent une moindre attention de la part de leurs parents vis-à-vis de leur éducation, et même 16% en ce qui concerne l’affection qui leur a été portée. Seuls respectivement 10% et 16% des Français estiment avoir bénéficié d’une meilleure attention en termes d’éducation et d’affect.

 

  • En tant que parent cette fois, si respectivement 83% et 88% des Français considèrent qu’il est facile de faire preuve d’une certaine équité en matière d’éducation et d’affection pour des enfants ayant les mêmes parents, la situation paraît plus compliquée dans le cadre de familles recomposées. En effet, et la différence est spectaculaire, seuls 20% des Français pensent qu’il est facile d’être équitable en ce qui concerne l’éducation d’enfants n’étant pas issus des mêmes parents biologiques, et 41% qu’il est facile de faire preuve de la même affection pour ces mêmes enfants. Notons néanmoins que les Français vivant dans le cadre de familles recomposées sont un peu plus nombreux à trouver facile l’atteinte de cette égalité (26% en ce qui concerne l’éducation et 63% pour l’affection portée aux enfants).

 

  • 72% des parents affirment qu’ils se voient vivre toute leur vie avec le père/la mère de leurs enfants (jusqu’à 78% parmi les CSP+) dont 36% l’affirment avec certitude. A l’inverse, 11% d’entre eux ne partagent pas cette opinion, proportion qui atteint 14% parmi les catégories populaires, alors que 17% indiquent n’être déjà plus en couple avec l’autre parent.

 

  • La question du legs à la fin de sa vie constitue un autre domaine dont l’adaptation aux évolutions des structures familiales modernes pose question. Aujourd’hui, 91% des parents affirment leur volonté d’épargner afin de laisser un héritage à leurs enfants, bien que seuls 51% indiquent le faire réellement et que 40% avouent le souhaiter sans que cela se concrétise dans les faits. Sans surprise, cette dernière catégorie s’avère particulièrement importante parmi les catégories populaires (48%), les personnes dont le foyer ne bénéficie pas plus de 1 200 euros nets mensuels (59%), et dans les familles monoparentales (51%). A l’inverse, 8% affirment ne pas souhaiter épargner dans le but de laisser un héritage à leurs enfants.

 

  • Les parents actuellement en couple se prononcent très majoritairement pour une transmission de leur éventuel héritage à leurs enfants et au conjoint en vie (69%), au détriment des deux autres solutions proposées, c’est-à-dire le legs intégral à leur conjoint (13%, 20% parmi les hommes et 27% parmi les plus âgés) ou à leurs enfants seuls (17%, 25% parmi les femmes et 22% parmi les catégories populaires). Notons que les parents vivant au sein de familles recomposées privilégieraient leurs enfants à leur partenaire dans 37% des cas.

Les Français apparaissent majoritairement favorables à différentes réformes concernant la famille, notamment la création d’un statut légal de beau-parent

 

  • Ces évolutions des structures familiales ont convaincu l’exécutif à ouvrir un débat aboutissant à la prise de mesures législatives qui devront être davantage en phase avec la réalité et la diversité de la famille aujourd’hui. Invités à se prononcer sur certaines pistes, les Français adoptent une position majoritairement favorable à la création d’un statut de beau-parent pour les familles recomposées (79%, en hausse de 7 points par rapport à février 2014). Notons un soutien particulièrement important de la part des 25-34 ans (86%), des parents en couple (83%) et des sympathisants du Parti socialiste (87%). Notons également que 88% des personnes vivant au sein de familles recomposées y sont favorables.

 

Deuxième proposition testée, l’autorisation de la procréation médicalement assistée (PMA) recueille le soutien de 65% des Français (en hausse de 8 points depuis février 2014), et notamment de 73% des femmes, ainsi que des jeunes (77% des moins de 35 ans et 74% des 35-49 ans) et des sympathisants socialistes (77%).

 

Enfin, l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe est soutenue, elle aussi, par une majorité de Français (59%), et tout particulièrement par les femmes (65%), les moins âgés (73% des moins de 35 ans et 67% des 35-49 ans), ainsi que par les plus diplômés (63%) et les personnes s’estimant proches du parti socialiste (80%).

 

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La note détaillée

Le rapport

 

 

 

 

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