La discrimination dans l’accès aux stages

Enquête Harris Interactive pour la Maison des Potes

Enquête réalisée en ligne les 20 et 21 juin 2019. Échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

En 2014, Harris Interactive et le magazine Pote à Pote, interrogeaient pour la première fois les Français sur la question de l’accès aux stages des lycéens. Pour lutter contre les discriminations entre lycéens dans l’accès aux stages au sein des entreprises, ils se montraient majoritairement favorables à la prise de plusieurs mesures. Cinq ans plus tard, comment ont évolué les perceptions des Français sur le sujet ?

Télécharger le rapport

 

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

 

  • À nouveau cette année, les Français soutiennent massivement la lutte contre la discrimination entre lycéens et se prononcent en faveur de différentes mesures. La plus plébiscitée, très concrète, repose sur une plus grande implication des établissements scolaires, 87% se montrant favorables à ce qu’il soit imposé à ces établissements de trouver des lieux de stage pour leurs élèves en CAP, Bac pro ou BTS. L’anonymisation des CV examinés par les employeurs, afin que la sélection pour les entretiens d’embauche se repose uniquement sur la base des diplômes et de l’expérience, recueille également l’adhésion de 84% des Français. Les Français se montrent également favorables à la mise en place d’une politique valorisant davantage les stages au sein des entreprises : 82% soutiennent l’idée de rémunérer le rôle de tuteur de stage (en finançant cette rémunération par les fonds de formation) et 81% accueilleraient favorablement des formations obligatoires pour apprendre aux employeurs à recruter sans discrimination.

 

  • Ces mesures, déjà majoritairement encouragées par les Français en 2014, sont aujourd’hui encore davantage appréciées : +5 points pour l’obligation pour les établissements scolaires de trouver des stages, +10 points pour la rémunération du rôle de tuteur de stage, +7 points pour les formations des recruteurs à la lutte contre les discriminations. Le consensus s’étend ainsi au fil des années. Un consensus qui par ailleurs, se fait au sein de toutes les catégories de la population française, les divergences restant marginales (les personnes issues des catégories populaires ou les femmes se montrant par exemple légèrement plus favorables à ces différentes mesures, proches de la République en Marche ou du Modem se prononçant un peu moins en faveur des mesures contraignantes pour les entreprises, etc.) et ce quelle que soit la nationalité d’origine des répondants (les deux parents nés français ou non).

 

  • Les Français font ainsi part d’un volontarisme certain pour lutter contre les discriminations des lycéens, dans un mouvement plus unanime que s’il s’agissait d’appliquer ces mesures à l’ensemble de la population. L’anonymisation des CV, qui emporte l’adhésion de 84% en ce qui concerne l’accès aux stages des lycéens, était un peu moins bien perçue l’an dernier lorsqu’on l’appliquait dans le monde du travail en général, 76%[1] des Français s’y montraient alors favorables. Surtout, selon les catégories de population, les Français se montraient alors plus divisés (les hommes ou les personnes proches de l’extrême droite s’y montrant alors plus défavorables), quand pour les lycéens, l’adhésion à cette mesure s’avère davantage unanime.

[1] Etude réalisée par Harris Interactive pour Maison des Potes les 23 et 24 octobre 2018 auprès d’un échantillon national représentatif de 1048 personnes âgées de 18 ans et plus.

 

Télécharger le rapport

Share