Intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle Sondage Harris Interactive pour Le Parisien / Aujourd’hui-en-France

Intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle

Sondage Harris Interactive pour Le Parisien / Aujourd’hui-en-France

 

Enquête réalisée en ligne par l’institut Harris Interactive les 19 et 20 avril 2011. Echantillon de 926 individus inscrits sur les listes électorales issus d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé(e) et taille d’agglomération et vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2007.

 

Paris, le 21 avril 2011 – A la demande du Parisien/Aujourd’hui-en-France, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français inscrits sur les listes électorales. Il s’agissait de procéder à des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle.

A près d’un an de l’échéance électorale, Harris Interactive a mesuré les rapports de force dans le cadre du premier tour de ce rendez-vous électoral. Ce type d’enquêtes se heurte, notamment, à deux types de difficultés : une reposant sur la définition de l’offre politique, une seconde sur l’interprétation des résultats.

  • Concernant l’offre politique, celle-ci demeure incertaine jusqu’à l’obtention (et la validation par le conseil constitutionnel) des « 500 signatures ». Et l’offre électorale au sein de chaque formation politique est loin d’être assurée. L’incertitude la plus manifeste reposant au sein du Parti Socialiste, quatre hypothèses ont été soumises aux Français : Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, François Hollande et Ségolène Royal. L’incertitude repose actuellement nettement sur le candidat soutenu par Europe Ecologie – Les Verts. Au vu de l’actualité, l’option Nicolas Hulot a été retenue. Tout comme celle de Jean-Louis Borloo et non d’Hervé Morin.
  • Concernant l’interprétation des résultats on ne peut que rappeler l’intérêt de l’outil, mais également la nécessaire retenue qu’il faut adopter. Intérêt car il s’agit d’une méthode permettant de suivre, dans leur dynamique, les évolutions de l’opinion. Et de voir, ici, quelques jours après des prises de parole fortes, les réactions (ou l’absence de réaction) des Français. Il faut rappeler que ces intentions de vote n’ont pas de vocation prédictive. Et qu’elles doivent être lues comme un instrument de compréhension et d’analyse.

 

Cette enquête intervient alors que les cotes de popularité et de confiance de Nicolas Sarkozy sont au plus bas depuis son élection en 2007. Notons que cette enquête n’a pas véritablement pu prendre en compte les éventuels effets du déplacement de Nicolas Sarkozy dans les Ardennes et ses prises de position sur les primes qu’il souhaite voir versées à un certain nombre de salariés, pas plus que l’intervention de Ségolène Royal sur RTL.

 

Que retenir principalement de cette enquête ?

  1. Que Dominique Strauss-Kahn apparaît comme la personne, parmi les candidats socialistes, créditée des intentions de vote les plus marquées ;
  2. Qu’en cette période de pré-campagne, Ségolène Royal apparaît quelque peu distancée parmi les autres candidats potentiels à la primaire socialiste, François Hollande et Martine Aubry.
  3. Que, parmi les trois personnalités ayant, au cours de ces derniers jours, exprimé avec force leur tentation (ou volonté) d’être candidat à la présidentielle, Jean-Louis Borloo bénéficie actuellement d’un crédit électoral non négligeable. De leur côté, ni Nicolas Hulot ni Dominique de Villepin ne créent, dans l’instant, de « choc ».

 

Dans le détail, cette enquête fait apparaître que :

  • Dominique Strauss-Kahn apparaît toujours aujourd’hui, à un an de l’élection, comme le candidat socialiste susceptible d’obtenir le plus de suffrages. Il recueille ainsi 30% des intentions de vote, alors que dans les configurations dans lesquelles ils sont testés, François Hollande en recueille 22% et Martine Aubry 21%. Dans l’hypothèse d’une candidature de Ségolène Royal, cette dernière obtient 15% des suffrages, les candidats du Centre mais également les autres candidats de Gauche réalisant de meilleurs scores dans cette configuration.
  • Marine Le Pen conserve un socle d’intentions de vote assez stable, puisqu’elle obtient selon les hypothèses entre 21% (hypothèse Dominique Strauss-Khan) et 23% (hypothèses François Hollande et Martine Aubry) des suffrages. Elle réalise ses meilleurs scores chez les personnes âgées de 50 ans et plus (entre 24% et 27%). Notons d’ailleurs que dans les quatre hypothèses, elle capte au moins un quart des suffrages des électeurs de premier tour de Nicolas Sarkozy en 2007. Quelle que soit l’hypothèse envisagée, les catégories populaires déclarent plus un vote en sa faveur que les catégories supérieures.
  • Dans les quatre configurations soumises aux enquêtés, Nicolas Sarkozy obtient un score variant entre 19% et 20%. Il pâtit notamment des bons scores réalisés par Jean-Louis Borloo, dont la présence médiatique a été conséquente ces derniers temps, et qui obtient entre 7% et 10% des intentions de vote (dont entre 13% et 16% de celles des sympathisants de Droite).Dominique de Villepin, quant à lui, recueille entre 3% et 6% des intentions de vote et François Bayrou entre 4% et 7%. Ces trois candidats recueillent moins de suffrages potentiels dans l’hypothèse d’une candidature de Dominique Strauss-Kahn (ce dernier bénéficie même de 30% des suffrages des électeurs de Bayrou en 2007), alors qu’ils réalisent leur meilleure performance dans le cas d’une candidature de Ségolène Royal.
  • Nicolas Hulot obtient entre 5% et 8% des suffrages. Le candidat écologiste semble donc moins porté par l’annonce récente de sa candidature que Jean-Louis Borloo. Notons qu’il ne recueille qu’un tiers des suffrages des sympathisants des Verts/Europe Ecologie dans l’hypothèse Martine Aubry (contre 40% dans le cas François Hollande, 42% dans le cas Dominique Strauss-Kahn et 52% dans le cas Ségolène Royal).

 

On le voit, dans un contexte où les candidatures (ou potentialités de candidatures) pour l’élection présidentielle de 2012 ont été nombreuses – on peut citer dans la période récente François Hollande, Jean-Louis Borloo, Nicolas Hulot et Dominique de Villepin -, les Français montrent une assez forte sensibilité à la personnalité des candidats représentant une force politique. Si les trois premières personnalités mentionnées bénéficient, à des degrés divers, de la conjoncture, des tendances déjà observées se confirment : socle électoral assez étendu et stable de Marine Le Pen, affirmation de Dominique Strauss-Kahn comme candidat socialiste réalisant un score élevé dès le premier tour, et enfin le Président de la République, Nicolas Sarkozy, recueillant environ un cinquième des intentions de vote.

 

En savoir plus :

Share