Étude européenne sur la sédentarité – Attitude Prévention

Un sondage Harris Interactive pour Attitude Prévention

Enquête réalisée en ligne du 13 au 23 avril 2018. 8 échantillons de 500 personnes chacun, représentatifs des Français, Espagnols, Finlandais, Portugais, Allemands, Hollandais, Britanniques et Italiens âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et activité de l’interviewé(e).

 

Attitude Prévention a confié à Harris Interactive la réalisation d’une étude internationale pour mesurer et comprendre le développement d’un mode de vie sédentaire chez les Européens, au détriment d’une activité physique ou sportive pourtant recommandée par les autorités de santé.

Menée simultanément dans 8 pays européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Portugal, Finlande et Pays-Bas), cette enquête visait à répondre à de multiples questions : combien de temps les habitants passent-ils assis chaque jour en moyenne ? Pendant leur temps libre, dans quelle mesure les Européens privilégient-ils des loisirs sédentaires à des occupations plus actives ? Ont-ils conscience des risques entraînés par une sédentarité excessive ? Ont-ils le sentiment d’avoir accès à suffisamment d’infrastructures leur permettant de pratiquer des activités physiques ou sportives ? Quel effet incitatif aurait un développement de ces infrastructures ?

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Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

Le niveau de sédentarité est hétérogène selon les pays européens et étroitement corrélé au type de loisirs privilégiés par les uns et les autres pendant leur temps libre, comme l’illustrent deux exemples antagonistes : importance du sport en Finlande, fréquentation des pubs et pratiques culturelles au Royaume-Uni
  • Lors d’un jour habituel de semaine, les Européens ne déclarent pas tous passer le même nombre d’heures assis – que ce soit à un bureau, dans les transports, chez eux, etc. Finlandais et Néerlandais se montrent particulièrement peu sédentaires, avec respectivement 5h50 et 6h13 passées en position assise. Dans la plupart des autres pays, les habitants passent en moyenne entre 7h00 et 7h30 assis : c’est notamment le cas en Espagne (7h11), en Allemagne (7h18), au Portugal (7h19), en France (7h24) voire en Italie (7h32). En revanche, un pays détonne par sa sédentarité nettement plus prononcée : en moyenne, les Britanniques affirment rester plus de 8h assis un jour habituel de semaine (8h13). Logiquement, il existe une corrélation étroite entre le type d’activité professionnelle exercé et le nombre d’heures passées assis : les actifs travaillant essentiellement debout déclarent passer environ 5 heures par jour en position assise, contre souvent près de 9 heures chez ceux qui passent leur journée de travail assis.
  • Quel que soit le temps passé au travail – qui ne concerne bien sûr que les personnes exerçant une activité professionnelle –, le fait de rester assis est aussi intimement lié aux loisirs privilégiés par les habitants des différents pays pendant leur temps libre. Certes, dans la quasi-totalité des pays européens, les 3 activités de loisirs préférées sont identiques : navigation sur Internet, promenade et visionnage de films, émissions ou séries. Soit 2 activités « sédentaires » contre un seul loisir supposant une activité physique.
  • Mais au-delà de cette tendance européenne, des différences nettes entre pays apparaissent. Si les Finlandais restent relativement peu assis chaque jour, c’est sans doute lié à leur appétence pour le sport pendant leur temps libre : ils sont significativement plus nombreux que la moyenne à préférer un sport d’extérieur (35%) ou une activité physique d’intérieur (21%), soit des proportions 2 à 3 fois supérieures à celles observées au Royaume-Uni, par exemple. Les Britanniques, à l’inverse, sont nettement plus enclins que la moyenne à fréquenter des restaurants ou des bars (30%), se rapprochant en cela des Espagnols (29%) et des Néerlandais (34%). Mais les habitants du Royaume-Uni sont également plus nombreux à privilégier des activités culturelles : lecture (40%) ou cinéma/théâtre (16%).
  • Les habitants des pays latins, quant à eux, expriment une préférence plus marquée pour la promenade : cette inclination se vérifie à la fois en Espagne (52%), au Portugal (57%) mais aussi en France (51%) voire en Italie (50%). Autre particularité des Italiens, qu’ils partagent avec les Allemands : un goût plus prononcé pour le « shopping » (37% en Italie et même 48% en Allemagne, soit le 2ème loisir le plus cité).
Si le lien entre sédentarité et obésité ou maladies cardiovasculaires est acquis aux yeux des Européens, les conséquences sur la santé psychologique (anxiété, dépression), sur le diabète et surtout sur les cancers sont moins bien identifiées – sauf auprès des Finlandais, qui sont une majorité absolue à connaître tous les risques causés par la sédentarité
  • Interrogés sur les risques occasionnés par la sédentarité pour la santé, les Européens témoignent d’un niveau d’information qui varie grandement selon les pays concernés. Certes, une écrasante majorité des répondants, dans tous les pays, estime que le fait de rester trop souvent assis ou allongé augmente les risques d’obésité et de maladies cardiovasculaires : ces conséquences sont bien identifiées par le grand public.
  • En revanche, les avis sont plus partagés concernant l’impact de la sédentarité sur l’état psychologique (risques de dépression ou d’anxiété) et sur les risques de diabète : dans la plupart des pays, environ 6 répondants sur 10 établissent un lien direct entre ces risques et le fait de rester trop longtemps assis. Les Allemands se montrent particulièrement sceptiques sur l’effet mental de la sédentarité : 40% seulement estiment que cela augmente les risques de dépression ou d’anxiété. Enfin, les conséquences sur le développement de cancers (du sein, du colon, etc.) sont plutôt mal identifiées par les Européens : il n’y a guère qu’en Finlande qu’une majorité de répondants établit un lien entre ce risque et la sédentarité. De façon plus générale, les Finlandais constituent d’ailleurs la population la plus sensibilisée à l’ensemble des risques causés par la sédentarité : une courte majorité d’entre eux (52%) estime que le fait de rester trop longtemps assis ou allongé augmente tous les risques évoqués ci-dessus.
En Espagne, au Portugal et surtout en Italie, les habitants regrettent une insuffisance des infrastructures encourageant l’activité sportive près de chez eux, affirmant qu’ils pourraient être incités à faire davantage d’exercice si les installations se développaient près de chez eux ; tandis qu’en Allemagne, en Finlande et aux Pays-Bas, les infrastructures sont déjà jugées suffisantes et l’effet incitatif serait probablement plus limité
  • Les Européens étaient ensuite interrogés sur le niveau d’infrastructures existant à proximité de chez eux pour permettre des activités physiques et sportives. Avec tout d’abord, un constat : les habitants des pays du Nord de l’Europe se montrent très largement satisfaits des infrastructures disponibles aujourd’hui. Qu’il s’agisse d’espaces adaptés aux activités de plein air (parcs, jardins, etc.), de terrains ou salles de sport ou encore d’infrastructures encourageant les modes de déplacement doux (trottoirs, pistes cyclables, etc.), la Finlande, l’Allemagne et les Pays-Bas semblent particulièrement bien pourvus : au moins les trois quarts des habitants estiment avoir accès à suffisamment d’installations de ce type près de chez eux. Le sentiment est un peu plus mitigé au Royaume-Uni. Surtout, les pays méditerranéens témoignent d’un manque de structures : en Italie, en Espagne, au Portugal voire en France, moins de 6 personnes sur 10 jugent avoir accès à suffisamment de trottoirs/pistes cyclables ou à suffisamment de terrains/salles de sport.
  • Et logiquement, lorsque les habitants d’un pays identifient un manque d’infrastructures à proximité de chez eux, ils sont plus nombreux à penser qu’un développement des installations les inciterait concrètement à une activité physique ou sportive plus poussée. En Espagne, au Portugal et surtout en Italie, plus de deux personnes sur trois estiment qu’elles feraient davantage d’activités physiques si elles avaient accès à davantage d’infrastructures : parcs ou jardins, trottoirs ou pistes cyclables, terrains ou salles de sport. En revanche, dans les pays où les habitants se déclarent particulièrement bien servis en installations (Pays-Bas, Finlande, voire Allemagne), l’effet incitatif d’un développement des infrastructures apparaît plus faible.
Quel que soit le pays européen, les jeunes ont une attitude différente de leurs aînés à l’égard de la sédentarité : passant plus de temps assis chaque jour, ils se déclarent particulièrement enclins à regarder des films ou séries et davantage sensibilisés aux risques psychologiques
  • Tout au long de l’enquête, les personnes âgées de moins de 35 ans expriment un regard singulier sur la question de la sédentarité, qui se distingue nettement des Européens plus âgés (50 ans et plus). Tout d’abord, excepté en Finlande et aux Pays-Bas, les moins de 35 ans affirment passer environ 8 heures assis chaque jour. Tandis que leurs aînés indiquent plus souvent passer seulement 6 à 7 heures assis.
  • Ce temps plus important passé assis fait écho à la typologie d’activités privilégiées par les jeunes pendant leurs loisirs : de façon plus marquée encore que pour la moyenne de la population, ceux-ci privilégient le fait de regarder un film, une émission ou une série (souvent à hauteur de 50%). Ils sont également plus nombreux que la moyenne à préférer assister à une séance de cinéma ou de théâtre et fréquenter des restaurants ou des bars. Leurs activités favorites ne sont pas intégralement sédentaires pour autant, puisque les jeunes se montrent un peu plus enclins à pratiquer une activité physique d’intérieur ou à jouer eux-mêmes de la musique. Par contraste, les personnes âgées de 50 ans et plus se distinguent par leur préférence plus marquée envers des activités calmes, voire solitaires : lecture et promenade.
  • Enfin, les Européens les plus jeunes se déclarent plus sensibles que leurs aînés à un développement des infrastructures encourageant l’activité physique : les moins de 35 ans affirment davantage qu’ils seraient incités à faire plus d’exercice si les installations adaptées se développaient à proximité de chez eux.
  • Ces différences générationnelles constituent le critère d’analyse le plus clivant au sein des Européens. Au sujet de la sédentarité, les différences entre hommes et femmes apparaissent comme minimes : ces dernières sont certes un peu plus nombreuses à privilégier des activités culturelles, commerciales ou d’intérieur ; elles estiment un peu plus que les hommes que la sédentarité est porteuse de risques pour la santé ; elles se déclarent un peu plus incitées à l’activité physique par la perspective d’un développement d’infrastructures. Mais les réponses entre hommes et femmes au sein de chaque tranche d’âge restent relativement homogènes, de même qu’entre différentes catégories sociales.

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