Enquête sur l’attitude des Français vis-à-vis de la corruption

Enquête Toluna Harris Interactive pour Transparency International et la Fondation Jean-Jaurès

Enquête réalisée en ligne du 25 au 30 octobre 2023. Échantillon de 1500 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 9 décembre,

 

Depuis 2016 Transparency International, la Fondation Jean Jaurès et Toluna Harris Interactive réalisent un baromètre sur l’attitude des Français face à la corruption en France. Cette 4ème vague d’enquête s’attache à mesurer les évolutions concernant la perception de l’étendue de la corruption en France et cherche également à mettre en regard les expériences vécues par les Français. Dans quelle proportion les Français pensent-ils que les personnes exerçant du pouvoir sont aujourd’hui corrompues ? Dans quelle mesure ont-ils le sentiment d’avoir déjà été confrontés à des actes ou des situations relevant de la corruption ? Quels sont à l’heure actuelle les acteurs et les institutions de confiance pour incarner la lutte contre la corruption en France ? Dans quelle mesure jugent-ils efficaces les règles actuelles visant à une plus grande transparence de la vie publique ?

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

  • Le sentiment de corruption des personnes exerçant des responsabilités est très largement partagé, bien qu’en recul depuis la dernière mesure. 87% des Français estiment que ces personnes sont corrompues (dont 43% qu’une grande partie d’entre elles le sont). Un niveau très élevé mais en baisse de 4 points depuis la dernière mesure de 2019 et 8 points depuis la mesure de 2017. On observe ainsi depuis 2016 un recul du sentiment de corruption pour la plupart des catégories testées. Si plus de 6 Français sur 10 estiment que les élus et dirigeants politiques comme les députés et sénateurs (68%), les députés européens (67%) et le pouvoir exécutif (64%) sont corrompus, ces niveaux sont également en baisse de 5 à 6 points depuis 2019.

 

  • Cette perception de corruption élevée en France s’incarne également dans leur vécu personnel, plus d’un tiers des Français indiquant qu’on lui a rapporté un acte de ce type.

 

  • Les Français se sentent peu à l’aise avec l’idée de signaler un acte de corruption : si près de 7 Français sur 10 indiquent qu’ils signaleraient un acte de corruption s’ils en avaient connaissance, seuls 1/4 le ferait « certainement ». Une position qui traverse de manière homogène toutes les catégories de population, que ce soit en termes de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelles et de niveau de diplôme. A l’inverse 3 Français sur 10 déclarent qu’ils ne le signaleraient probablement ou certainement pas, ces derniers mettant principalement en avant le fait de ne pas souhaiter dénoncer mais également qu’un tel signalement n’aurait probablement pas d’effet. Pour autant, les deux acteurs ayant le rôle le plus important selon les Français pour lutter contre la corruption sont à la fois les lanceurs d’alerte et la justice.

 

  • Lorsqu’on leur présente un certain nombre de situations étant considérées comme des actes ou tentatives de corruption concernant des personnalités politiques ou des dirigeants d’entreprises, les Français considèrent la plupart d’entre elles comme étant « graves » voire « très graves », en particulier lorsqu’il y a un cas d’enrichissement personnel ou versement de pots de vins. Au niveau individuel, les Français se montrent particulièrement sensibles aux comportements cherchant à frauder l’administration fiscale (qui sont considérés comme particulièrement graves). Ils se montrent en revanche plus partagés quant au fait de payer en liquide des travaux de manière non déclarée (51% estimant que cela est grave contre 48% pensant le contraire).

 

  • Enfin, en matière de corruption en politique, les Français se montrent partagés quant aux condamnations judiciaires d’hommes ou de femmes politiques : 1/4 estiment que ces condamnations sont plus sévères que par le passé, 1/4 qu’elles le sont moins et 1/2 qu’elles ne sont ni plus ni moins sévères. Ils estiment néanmoins en majorité que les règles de transparence de la vie publique pour les responsables politiques ne sont pas assez strictes (61%).

 

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