Élections départementales 2015 : qui sont les élus des nouveaux conseils départementaux ?

Analyse Harris Interactive de données publiées par le Ministère de l’Intérieur

Paris, le 1er avril 2015 – À l’issue du deuxième tour des élections départementales, dimanche 29 mars, la composition des nouveaux conseils départementaux est désormais connue, même si leur présidence reste encore incertaine dans plusieurs départements où aucune majorité absolue ne se dégage. Suite au scrutin, Harris Interactive a renouvelé l’analyse conduite sur le profil des candidats au premier tour de ce scrutin, qui étaient répartis en 9 096 binômes présents au sein de 2 054 cantons.
Au final, parmi les 18 192 candidats en lice, 4 108 ont été élus et siègent aujourd’hui dans un conseil départemental. Quelques jours avant le premier tour, l’analyse Harris Interactive des candidats avait notamment mis en évidence des profils différents des candidats selon leur étiquette politique, que ce soit en termes d’âge, de catégorie sociale ou de secteur d’activité : ces tendances observées parmi les candidats sont-elles toujours valables au final auprès des élus ?

Quels sont les principaux enseignements de cette analyse ?
  • L’âge moyen des élus (54 ans) est supérieur à la moyenne des candidats (51 ans), avec une différence de plus de 3 ans entre les hommes et les femmes (55 ans et 5 mois contre 52 ans et 2 mois). Cette dynamique s’observe dans la quasi-totalité des formations politiques, où la moyenne d’âge des élus est non seulement supérieure à celle des candidats, mais aussi relativement homogène (comprise entre 53 et 55 ans). Seuls les élus du Front National se distinguent, puisque la moyenne d’âge des élus frontistes est équivalente à la moyenne d’âge des candidats (un peu plus de 49 ans dans les deux cas). Cette spécificité s’explique sans doute par la très faible expérience du parti de Marine Le Pen dans les anciens Conseils Généraux, où il ne disposait que d’un seul élu ; la moyenne d’âge des candidats sortants étant de 58 ans et 10 mois contre 50 ans et 7 mois pour les autres candidats.
  • Le fait d’être conseiller général sortant a constitué un atout majeur pour être (ré)élu conseiller départemental à l’issue de ce scrutin. En effet, les conseillers généraux sortants ne représentaient que 12% des candidats, mais représentent plus d’un tiers (36%) des élus. Au final, 64% des nouveaux conseillers départementaux sont donc des « nouveaux » conseillers départementaux, mais ce renouvellement est beaucoup plus important parmi les femmes (83%) que parmi les hommes (45%).
  • L’analyse des candidatures de premier tour avait mis en lumière le décalage entre le profil socio-économique des candidats et la moyenne de la population française, avec notamment une forte sur-représentation des cadres et professions libérales (28%) parmi les candidats, au détriment notamment des ouvriers (seulement 2%). Ce déséquilibre s’est encore accentué auprès des élus, qui sont plus d’un tiers (36%) à être issus des cadres et professions libérales, alors que, rappelons-le, cette catégorie ne représente que 9% de la société française. A l’inverse, si la population française majeure est composée à 14% d’ouvriers, ceux-ci ne représentent qu’une proportion infime des élus dans les conseils départementaux (seulement 18 élus sur 4 108, soit moins de 1%). En termes politiques, la sur-représentation des cadres et professions libérales est particulièrement marquante parmi les élus de Gauche (33%) ou de Droite (38%), mais beaucoup plus mesurée parmi les élus du Front National (14%), qui sont à hauteur de 31% constitués de personnes exerçant une fonction d’employé et à 19% une profession intermédiaire. En revanche, la quasi-absence d’élus issus du milieu ouvrier est valable quelle que soit l’étiquette politique (moins de 1% à Gauche, 1% à Droite, 2% au Front National).
  • Plus précisément, parmi les élus occupant une activité professionnelle, 64% travaillent dans le secteur privé et 36% dans le secteur public, soit une proportion proche de celle observée parmi les candidats (respectivement 65% et 35%). Néanmoins, les élus proches de la Gauche sont issus pour moitié du secteur public (50%), tandis que ce statut ne concerne que moins d’un tiers des élus de la Droite (27%) ou du Front National (31%).
  • Les résultats du scrutin ont ainsi dessiné un conseil départemental archétypal, composé en majorité d’élus de Droite, avec près d’un tiers de conseillers généraux sortants, dont la structure est bien sûr entièrement paritaire. Certains départements présentent néanmoins des assemblées au profil très singulier : le Conseil Départemental de l’Aude est composé de 36 élus de Gauche pour seulement 2 de Droite ; à l’inverse, l’assemblée des Yvelines voit exclusivement siéger des conseillers départementaux de Droite (42 sur 42 sièges) ; tandis que le Front National est le mieux représenté dans le Vaucluse, département où il n’obtient toutefois que 6 élus sur 34, soit deux fois moins que la Gauche (12 élus) ou la Droite (12 également).
  • Au final, le profil des élus dans les nouveaux conseils départementaux amplifie encore les distorsions traditionnellement associées au personnel politique national, déjà observables parmi les candidats de premier tour. Le profil socio-économique des conseillers départementaux est particulièrement frappant, avec une présence disproportionnée de cadres et professions libérales et une absence quasi-totale d’ouvriers. De plus, le renouvellement promis par la réforme du mode de scrutin fonctionne bien mieux pour les femmes que pour les hommes, dont plus d’un sur deux était déjà conseiller général du département avant le scrutin.
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