Du bien vivre au bien vieillir – Enquête 2/3

Enquête Harris Interactive pour les zOOms de l'Observatoire Cetelem

Enquête réalisée en ligne les 17 et 18 octobre 2022. Échantillon de 1 090 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Paris, le 14 novembre,

 

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Que retenir de cette enquête ?

 

Une vieillesse sans âge ?

  • Difficile de donner un âge à la vieillesse. En tout cas, lorsqu’on demande aux Français à partir de quel âge on est « vieux », 50% se refusent à donner une réponse chiffrée. Chez ceux qui s’y risquent, les âges donnés sont très disparates : ainsi, 15% situent le « seuil » de la vieillesse avant 60 ans, tandis que 24% le placent après 80 ans. En moyenne, on estime que l’âge de la « vieillesse » correspond à 68 ans. Mais cette estimation dépend fortement de l’âge (allant de 58 ans en moyenne chez les moins de 35 ans à 74 ans chez les 65 ans et plus). Aussi, seules 18% des personnes interrogées ont cité un nombre inférieur à leur propre âge, et se considèrent donc comme faisant partie des « seniors ».

 

  • Être « vieux » ou non dépend aussi du contexte social. Dans le cadre du travail, et plus particulièrement de l’entreprise, le « seuil » de la vieillesse est plus précoce aux yeux des Français. En effet, ceux qui se prononcent sur la question estiment, en moyenne, qu’on est considéré comme « vieux » dans une entreprise dès 54 ans. Cette fois-ci, plus d’1/4 des actifs interrogés (28%) se placent eux-mêmes parmi les « seniors » dans le cadre d’une entreprise.

 

  • On peut donc se sentir jeune dans un certain contexte, mais plus âgé dans un autre…. Signe que la vieillesse n’est pas qu’une question d’âge. En effet, aux yeux des Français, il s’agit bien plus d’une question d’état d’esprit (85%) ou d’état de santé (81%) que d’âge chronologique (50%). Une vision des choses particulièrement partagée par les Français eux-mêmes plus âgés : ainsi, chez les 65 ans et plus, 91% associent la vieillesse à un état d’esprit, 85% à un état de santé, et seulement 34% à l’âge chronologique. Les plus jeunes, eux, accordent nettement plus d’importance à l’âge (73% chez les 18-24 ans).

 

L’âge mûr, synonyme de bonheur ?

  • Si les Français rechignent à donner un âge à la vieillesse, ils associent en revanche certaines caractéristiques à cette période de la vie, et expriment une image de la maturité qui s’avère très optimiste. En effet, pour eux, être « vieux », c’est avant tout pouvoir transmettre aux autres son expérience de la vie (88%), avoir plus de recul sur les choses (85%), et avoir plus de temps pour soi (83%) et pour ses proches (81%). Des traits d’image qui, dans l’esprit des Français, viennent même avant les aspects physiques du vieillissement (se sentir diminué physiquement ou avoir des rides, des cheveux blancs). Si certains aspects plus négatifs sont également majoritairement associés à la vieillesse (c’est considérer que les choses étaient mieux avant (71%), ne plus comprendre les jeunes (62%), ou encore avoir une vie sociale moins remplie (51%)), les Français refusent d’associer âge et déconnexion de la société. Seule une minorité de Français (environ 4 sur 10) estiment que la vieillesse conduit à un désengagement des questions de société (intérêt pour l’actualité, souci pour le climat) – une perception qui est un peu différente chez les plus jeunes, davantage critiques.

 

  • Ainsi, malgré quelques ombres au tableau, les Français témoignent à première vue d’une image relativement heureuse de la vieillesse. Par ailleurs, ils indiquent apprécier la compagnie de leurs aînés, en particulier, lorsqu’ils font partie de leur famille : 90% déclarent apprécier de passer du temps avec des personnes considérées comme « âgées » de leur famille, et près d’1 personne sur 2 indique passer du temps avec ces dernières au moins une fois par semaine. Et même lorsqu’elles n’appartiennent pas directement à leur famille, une nette majorité de Français (84%) indique apprécier la compagnie de personnes âgées.

 

Se sentir vieillir : des sentiments ambivalents

  • Témoignant d’une image positive de l’âge mûr, les Français se montrent relativement sereins face à la perspective de leur propre vieillissement. 71% d’entre eux affirment être sereins (mais seulement 16% s’estiment très sereins) quand 29% avouent se sentir anxieux. Aussi, ces sentiments ne diffèrent que peu selon l’âge des interrogés : qu’on ait moins de 25 ans ou plus de 65 ans, on se sent plus souvent serein qu’anxieux à l’idée de vieillir (respectivement, 68% et 74%). En revanche, hommes et femmes ne manifestent pas le même regard sur leur propre vieillissement : si 80% des hommes se disent sereins, seules 63% des femmes en disent de même. Aussi, on note que les parents se montrent moins anxieux que ceux qui n’ont pas d’enfants.

 

  • Cette sérénité est d’autant plus compréhensible lorsqu’on observe dans le détail les sentiments que les Français associent à différentes étapes de vie qui ont pu marquer leur avancée en âge. Certaines sont très nettement bien vécues : l’accès à la propriété, l’installation en couple, le fait d’avoir des enfants, des petits-enfants, le fait de développer un goût pour une nouvelle activité auparavant peu appréciée, etc. Pour tous ceux qui les ont expérimentées, ces étapes représentent des aspects heureux dans le fait de prendre de l’âge. Seulement, d’autres sont moins bien accueillies, reflétant les ambiguïtés d’une sérénité face à l’avancée en âge qui reste relative. Si l’apparition de signes extérieurs de l’âge, le fait de ne plus comprendre certains mots ou expressions utilisés par les plus jeunes sont des marqueurs d’âge que les Français acceptent encore bien, ils vivent beaucoup plus mal de voir apparaître des douleurs liées à l’âge ou de premiers troubles cognitifs comme des trous de mémoire ou une difficulté à trouver ses mots.

 

  • L’avancée en âge n’est donc pas exempte de difficultés et de craintes qui continuent à habiter les Français. Quels sont ainsi les aspects les plus redoutés par l’avancée de l’âge ? En premier lieu, la diminution de leurs capacités physiques (déplacements, motricité), sensorielles (ouïe, vue, etc.), et mentales (mémoire, etc.), avec le risque de dépendance que cela entraîne. Ainsi, 42% des Français indiquent surtout redouter le risque de devenir dépendant, une crainte plus forte encore chez les 65 ans et plus (58%). Cette perspective inquiète nettement davantage que le risque d’isolement (15%) ou les changements dans l’apparence physique (14%). Si l’on craint de devenir une charge pour ses proches (29%), on craint moins souvent de devenir une charge pour la société dans sa globalité (via le financement de la retraite, via les dépenses de santé, etc., 9%).

 

Le vieillissement de la société, entre défi et opportunité

  • Les Français attachent de l’importance au sort de leurs aînés. Aussi, ils portent un jugement assez défavorable sur la place qu’on réserve aux seniors dans la société actuelle. En effet, même après la crise du Covid-19, 2/3 des Français (66%) considèrent qu’on ne se préoccupe pas assez de la santé des seniors en général. Et les autres aspects de la vie des seniors semblent encore davantage laissés pour compte aux yeux des Français. En effet, 68% d’entre eux regrettent qu’on ne se préoccupe pas assez de l’opinion des seniors, 71% de leur santé mentale et 75% de leur situation financière. Comme on l’a vu, peu de Français associent la vieillesse avec le fait d’avoir davantage d’argent, ou de pouvoir aider financièrement ses proches. Au contraire, la vieillesse leur apparaît plutôt comme une période préoccupante du point de vue financier, ce que confirment les seniors eux-mêmes. Aussi, par rapport aux Français plus jeunes, les 65 ans et plus trouvent surtout qu’on ne se préoccupe pas assez de leur situation financière (82%) et de leur opinion (81%) – une opinion partagée, certes mais de manière beaucoup moins intense au sein des générations plus jeunes.

 

  • Le vieillissement de la population à venir est vu à la fois comme un défi – celui de repenser le modèle social, l’héritage, etc. – et comme une opportunité – celle d’enrichir la société par les liens et la transmission entre les générations. Mais aujourd’hui, les Français sont mitigés quant à la préparation de la société face à cette évolution démographique : seuls 46% jugent que celle-ci est bien anticipée (38% seulement chez les 65 ans et plus qui sonnent particulièrement l’alerte). Si les Français se montrent largement attachés aux institutions actuelles permettant de prendre en charge la vieillesse, ils jugent souvent que celles-ci sont insuffisamment préparées au vieillissement de la population à venir. En effet, 92% indiquent être attachés à la présence d’une protection sociale, et 90% à la présence d’hôpitaux publics et gratuits en France. Même le système de retraites par répartition est largement plébiscité (80%). Mais concernant chacune de ces trois institutions, à peine une moitié de Français jugent qu’elle est aujourd’hui bien préparée au vieillissement de la population (respectivement, 55%, 45% et 44%).

 

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