Dix leçons inédites sur la séquence électorale 2014

Etude Harris Interactive pour Balises

Paris, le 11 juillet 2014 – En partenariat avec la société de conseil et de communication « Balises », Harris Interactive a mis en place un dispositif spécifique à l’occasion des dernières élections européennes de 2014. Harris Interactive a interrogé un large échantillon représentatif de la population française, composé de plus de 6 000 personnes, le dimanche-même du scrutin européen. Cette taille d’échantillon élargie permettait ainsi d’obtenir un niveau de détail particulièrement fin sur les résultats de l’enquête par catégories et sous-catégories de population.

Après une analyse approfondie des données collectées, Harris Interactive propose ainsi de revenir sur la séquence électorale qui s’est achevée avec les élections européennes de 2014. Avec le recul, dix enseignements inédits se dégagent de cette enquête.

Que retenir de cette analyse de la séquence électorale 2014 ?

  • Les personnes qui se définissent comme « classe modeste » (indépendamment de leur condition sociale réelle) font preuve d’un comportement électoral très défavorable aux partis de gouvernement et favorable au Front National, tandis que les membres auto-désignés de la « classe aisée » accordent principalement leur choix au PS, à l’UMP ou au Centre.
  • Le premier comportement électoral des jeunes est, de très loin, l’abstention. Qui plus est, les jeunes ne présentent pas aujourd’hui un profil les faisant tendre vers la droite ou le Front National. Les jeunes électeurs frontistes présentent un profil très spécifique : masculins, issus des catégories populaires ainsi que motivés par une adhésion de fond au programme du FN, et non simplement par un vote « contestataire » de rejet des partis de Droite comme de Gauche.
  • Dans leur ensemble, on le sait les ouvriers votent davantage en faveur du Front National que la moyenne des Français (43% contre 25%), mais le vote Front National est moins fort parmi les ouvriers travaillant dans des usines, tandis qu’il est particulièrement prégnant parmi les autres ouvriers.
  • Le « mariage pour tous » n’a pas eu d’effet déterminant sur les derniers résultats électoraux : le vote Front National ou à Droite ne s’est pas structuré sur ce critère mais sur l’immigration et l’insécurité. De même, la faible mobilisation à Gauche n’est pas corrélée à ce débat. Les abstentionnistes se positionnant à Gauche sur l’échiquier politique sont quasi-unanimement favorables au mariage pour tous.
  • Les Français font part d’un état esprit très largement négatif, le découragement et l’inquiétude alimentant le vote Front National. Ceux qui se disent « indignés » ne sont pas ceux que l’on croit : ils ont un profil plutôt âgé, issus des catégories supérieures et non des jeunes précaires.
  • Peu de Français font confiance à notre système démocratique : cette confiance est certes majoritaire parmi les électeurs socialistes et écologistes, mais nettement minoritaire parmi tous les autres électorats, et tout particulièrement parmi celui du Front National.
  • Par rapport au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, une majorité absolue des électeurs de François Hollande comme de Nicolas Sarkozy se sont abstenus aux élections européennes de 2014. Mais l’électorat socialiste s’est aussi particulièrement dispersé, tandis que les électeurs de Nicolas Sarkozy concentrent leur vote sur la Droite, le Centre ou le Front National.
  • Les femmes expriment une forme de distance à l’égard de la politique : elles se sont abstenues davantage que les hommes aux élections municipales comme aux européennes, tout particulièrement parmi les jeunes femmes à la position socioéconomique fragile, et sont plus nombreuses à ne se reconnaître dans aucun parti, aucune sensibilité politique.
  • Les électeurs d’Europe Ecologie aux élections européennes de 2009 se sont particulièrement dispersés à l’occasion du scrutin européen de 2014. Aujourd’hui, l’électorat écologiste présente un profil clairement ancré à Gauche, qui porte un regard beaucoup plus positif que la moyenne sur sa situation personnelle.
  • L’électorat de la « Gauche de la Gauche », du Front de Gauche à Lutte Ouvrière en passant par le NPA, s’est peu mobilisé aux élections européennes de 2014, notamment par rapport à l’élection présidentielle de 2012. Ces électeurs sont motivés par un souci de justice et d’égalité, mais se montrent peu confiants pour l’avenir.

En savoir plus :

Share