L’habitat, « De la maison cocon à la maison ruche : symbolique et usages de l’habitat » – Thème 1

Enquête 1/3 – Février : « Demain tous colocataires ? Des usages multiples de l’habitat »

Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 14 au 16 février 2017. Échantillon de 1 014 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

Les zooms de L’Observatoire Cetelem s’intéressent aux nouveaux modes de vie et proposent d’investir un grand thème en trois temps, sollicitant l’avis des Français au travers de trois vagues de sondage. Les zooms viennent ainsi compléter et enrichir le dispositif d’observation et d’études existant de L’Observatoire Cetelem.

 

La première édition des zooms de L’Observatoire Cetelem porte sur l’habitat, un thème à la fois central dans la vie des Français et un précieux indicateur de l’évolution des modes de vie. À cette occasion, L’Observatoire Cetelem a sollicité Harris Interactive pour réaliser un premier sondage sur « Demain tous colocataires ? Des usages multiples de l’habitat » : quelle perception ont les Français de l’habitat ? sont-ils attachés à leur logement ? De quelle manière envisagent-ils la colocation, le télétravail ou la location entre particuliers ? Deux autres sondages suivront en mars et avril pour compléter l’étude.

 

Que retenir de cette enquête ?

 

  • Plus de 8 Français sur 10 se déclarent attachés à leur logement, et font référence à des adjectifs positifs car il représente pour eux un endroit agréable, confortable, intime; même s’ils évoquent aussi des aspects plus négatifs, tels que le coût ou encore souvent sa surface jugée trop petite.

 

  • Les Français se montrent plus tranchés et traditionnels quant à leurs représentations du logement actuel que dans un exercice de projection. Aujourd’hui, ils perçoivent d’abord le logement comme étant un bien à léguer, alors que demain celui-ci pourrait être utilisé de manière différente : pour travailler, partager, cohabiter.

 

  • Seul 1 Français sur 5 déclare vivre ou avoir déjà vécu en colocation. Les freins identifiés sont le manque d’intimité et le besoin d’être indépendant.

 

  • Les Français se montrent plus favorables au télétravail : 36% déclarent travailler ou avoir déjà travaillé depuis leur domicile, même s’ils mettent en avant le besoin de conserver une limite entre vie privée et vie professionnelle.

 

  • La location entre particuliers plait davantage aux catégories les moins favorisées, appréhendée sous l’angle de l’avantage économique, avant d’être un effet de mode.

 

  • S’ils restent assez traditionnels dans le rapport actuel à leur logement, les Français se montrent ouverts à une multiplication des usages de l’habitat.

 

Dans le détail …

Les Français se montrent attachés à leur logement, davantage perçu comme un bien à léguer qu’un lieu de partage et de cohabitation actuellement, même s’ils se montrent ouverts à cette perspective

 

  • Pour comprendre et appréhender au mieux les représentations qu’on les Français de l’habitat, ces derniers ont été invités à évoquer de manière spontanée ce à quoi fait écho leur logement aujourd’hui. Ainsi, les Français font assez nettement référence à des adjectifs positifs pour décrire leur logement. Il est « agréable », « confortable », « bien », et font également part d’un sentiment de bien-être lorsqu’ils sont chez eux. Ils s’y sentent en sécurité.Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (5)Cependant, la plupart des Français font également référence à des adjectifs plus nuancés, voire négatifs. Leur logement est parfois caractérisé de « cher », car cela représente une dépense importante, ou alors un investissement conséquent, fruit de toute une vie pour certains. D’autres font également référence aux coûts importants des travaux liés à l’investissement d’un logement. De manière générale, ils restent très positifs quant à la perception de leur logement, perçu globalement comme un lieu de réconfort.
  • Les Français font ainsi preuve d’un attachement fort à leur logement. Plus de 8 Français sur 10 se déclarent attachés à celui-ci (83%), dont 36% même « très attachés ». On observe que les personnes âgées de plus de 65 ans sont plus nombreuses que la moyenne à témoigner de cet attachement (92%), tout comme les personnes habitant une maison individuelle (88%) ou les propriétaires (90%).Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (7)À l’inverse, 16% des Français déclarent ne pas être attachés à leur logement, davantage parmi les 25-34 ans (22%), les personnes logeant en appartement (21%) ou étant locataires (28%).    
  • Mais quelles représentations ont les Français du logement de manière générale aujourd’hui, et comment l’imaginent-ils demain ? Interrogés d’abord sur leurs représentations actuelles du logement, les personnes interrogées ont ensuite été invitées à se projeter : comment voient-elles le logement de demain ?D’une manière générale, les Français se montrent plus tranchés concernant leurs représentations actuelles du logement que dans l’exercice de projection. En effet, près des 2/3 des Français déclarent se représenter d’abord leur logement aujourd’hui comme étant un bien à préserver pour le léguer à ses enfants (63%), alors qu’ils se montrent plus « traditionnels » sur les autres usages possibles de celui-ci.Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (12)Ainsi, 40% estiment qu’actuellement le logement peut être associé à une maison / appartement dont les pièces à vivre peuvent changer de fonction, alors qu’ils sont plus nombreux à estimer cela pour le logement de demain (51%). 38% indiquent qu’actuellement le logement correspond plutôt à un lieu où vivent plusieurs générations, alors qu’ils sont 45% à l’estimer pour demain.Le télétravail quant à lui est bien plus largement associé au logement de demain (54%) qu’au logement actuel (37%). Dans une moindre mesure, 3 Français sur 10 estiment qu’actuellement le logement peut être un bien de location, pour améliorer ses revenus, alors que 43% l’estiment pour demain. Pour finir, s’ils sont moins d’un quart à indiquer que le logement d’aujourd’hui correspond à un lieu partagé par plusieurs personnes n’ayant pas de lien de parenté (23%), ils sont 37% à le considérer pour demain.On le voit, prédomine encore actuellement une vision relativement traditionnelle du logement, avec toutefois la conscience voire la disposition des Français à envisager une diversification des usages de l’habitat dans un avenir plus ou moins proche.Du point de vue des différentes catégories de population, une tendance de dégage : les plus jeunes se montrent davantage ouverts que les autres catégories à envisager le logement de manières diverses. Le logement n’est plus principalement perçu comme étant un bien à léguer, mais davantage comme étant un lieu où l’on peut cohabiter, travailler, et partager.

    Au-delà de ce constat, on voit que la dimension économique est importante. Les personnes les plus jeunes, les moins favorisées ou les locataires sont plus enclines à envisager des usages multiples de leur logement comme autant d’opportunités que les catégories les plus aisées moins séduites dans l’ensemble par ces diversifications fonctionnelles du lieu de vie.

 

  • Quels seraient les nouveaux usages du logement ? Un lieu pour cohabiter ? Un endroit pour travailler ? Une nouvelle source de revenus ? Les évolutions actuelles de la société laissent à penser que le logement pourrait prendre différentes fonctions, mais qu’en pensent les Français ? Ces derniers ont été invités à se prononcer sur trois usages différents : la colocation, le télétravail et la location entre particuliers via les plateformes communautaires, et cette étude permet d’aller au-delà des stéréotypes.

Des usages multiples de la maison : une certaine réserve de la part des Français à pratiquer la colocation ou la location entre particuliers, mais plus une plus grande ouverture à l’égard du télétravail

  • Si seul 1 Français sur 5 (20%) déclare vivre ou avoir déjà vécu en colocation ou, 1/3 des Français se déclare favorable au principe. Contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord, les Français âgés entre 25-34 ans et 35-49 ans sont plus nombreux que la moyenne à déclarer vivre / avoir déjà vécu en colocation (respectivement 29% et 26%), ainsi que les catégories les plus aisées (31%). À l’inverse, 79% des Français déclarent n’avoir jamais vécu en colocation et se montrent assez réticents à cette idée. On observe cela davantage parmi les personnes âgées (89% parmi les 65 ans et plus), les personnes peu diplômées (92%), les propriétaires (82%) ou encore les personnes interrogées qui déclarent habiter en maison individuelle (83%). Au-delà de l’avantage économique qu’elle peut représenter, la colocation s’apparente en creux au symbole d’une période de vie, où le partage et les rencontres sont favorisées par les études et où la colocation prend tout son sens.Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (14)Si dans les faits peu de Français font part d’une expérience de colocation, 49% des Français pourraient cependant envisager de vivre avec leurs petits-enfants, 47% avec leurs enfants en couple. D’un point de vue personnel, les Français se montrent assez partagés quant à l’expérience de colocation, avec des amis célibataires (40% pourraient l’envisager), 34% pourraient l’envisager avec une personne âgée. Enfin, moins d’un Français sur cinq pourrait envisager de cohabiter avec un couple sans enfant (20%) ou avec enfant (12%).
  • Invités à évoquer de manière spontanée les raisons pour lesquelles elles ne pourraient pas envisager de vivre en colocation, les personnes réticentes à la colocation se montrent unanimes : le besoin d’indépendance et d’intimité émergent comme les principaux freins. En écho aux représentations spontanées associées au logement (intimité, liberté, espace privé), ces personnes ne souhaitent pas avoir à conjuguer leurs envies avec celles d’autres personnes.
  • Quelle posture adoptent les Français quant au télétravail ? 36% des Français déclarent avoir déjà travaillé ou travailler depuis leur domicile, 58% se déclarent favorables au télétravail. Les hommes et les catégories les plus aisées sont plus nombreux que la moyenne à déclarer travailler / avoir déjà travaillé depuis leur domicile (42% et 54% respectivement, contre seulement 31% de femmes).Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (20)À l’inverse, 63% des Français indiquent n’avoir jamais travaillé depuis chez eux. Tout comme pour la colocation, les personnes réticentes au télétravail ont été invitées à évoquer de manière spontanée quels sont les freins à cette pratique. La plupart des personnes réticentes à travailler de chez elles mettent en avant l’importance de conserver une frontière entre leur vie privée et leur vie professionnelle. En effet, leur logement s’apparente à un lieu intime, privé, de liberté, qu’il convient de préserver. D’autres évoquent le fait que leur profession n’est pas adaptée au télétravail.

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  • En dépit d’une médiatisation du principe de location entre particuliers via des plateformes communautaires du type Airbnb, attestant d’une pratique indéniablement croissante, dans les faits, les Français sont peu nombreux à déclarer le faire ou l’avoir déjà fait. Seuls 5% des Français déclarent louer ou avoir déjà mis en location via une plateforme communautaire leur logement, 9% en avoir l’intention, et globalement 14% se montrent favorables au principe.Dans le détail, les 25-34 ans (8%), les catégories populaires (7%), les locataires (7%) ou les personnes habitants en HLM (11%) sont plus nombreuses que la moyenne à déclarer mettre leur logement en location ou l’avoir déjà fait. Les catégories les moins favorisées apparaissent comme les plus enclines à recourir à cette pratique, pour arrondir leurs fins de mois plus que pour suivre la « tendance ». On observe également que les Parisiens ont davantage tendance à déclarer louer ou avoir loué leur logement à des particuliers (9%), le tourisme favorisant naturellement cette pratique.Les Français réticents à la location entre particuliers ont été invités à évoquer de manière spontanée les freins à cette pratique. De manière unanime, ils mettent en avant le manque de confiance de voir des inconnus vivre dans leur logement. On retrouve ici leurs perceptions du logement, l’idée d’un endroit intime, privé, qu’il est souhaitable de préserver de toute forme « d’intrusion ».

Ruche ou cocon ?

  • Après avoir évoqué leurs pratiques personnelles et ce qui pourrait les freiner dans ces usages multiples du logement, les Français ont été interrogés sur leur perception générale des nouveaux usages de l’habitat. D’un point de vue général et non plus personnel, ils se montrent plus enclins à les appréhender.Harris-colocataires-Habitat-Cetelem (28)En effet, si ces pratiques restent peu répandues, les Français accueillent favorablement les différents usages potentiels de l’habitat : 3 Français sur 4 jugent positivement le télétravail, 75% estimant que son développement est une bonne chose, 70% la location entre particuliers, 66% la colocation ou encore 65% la cohabitation intergénérationnelle.Le décalage entre une adhésion élevée à ces usages potentiels et une mise en œuvre moins répandue que la moyenne est particulièrement prégnante auprès des PCS+ et des personnes déclarant un niveau d’attachement important à leur logement.Pour finir, si l’ensemble des pièces du domicile semble être propice au partage ou à la cohabitation, la chambre reste un lieu privilégié part près des ¾ des Français (74%), symbole de l’intimité, point d’ancrage très central des représentations des Français à l’égard de leur logement.

 

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