Bilan 2012 et perspectives 2013 : des Français qui regagnent légèrement en optimisme par rapport à l’an passé

Bilan 2012 et perspectives 2013 : des Français qui regagnent légèrement en optimisme par rapport à l’an passé

Etude Harris Interactive pour RTL

Enquête réalisée en ligne du 26 au 28 décembre 2012. Échantillon de 1529 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, à partir de l’access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

A la demande de RTL, Harris Interactive a réalisé, pour la quatrième année consécutive, une étude concernant le bilan que les Français tirent de l’année écoulée ainsi que leurs projections pour l’année à venir, aussi bien au niveau individuel que collectif. Que retenir de cette vague d’enquête qui s’est tenue environ six mois après la prise de fonction du nouveau gouvernement ?

 

  • La proportion de Français tirant un bilan positif de l’année écoulée pour eux et pour leurs proches est légèrement supérieure à celles relevées les précédentes années, et s’établit à 52% (+3 points par rapport à 2010 et 2011), quand 46% déclarent au contraire que 2012 a été une année négative. Ainsi, cette année marquée par les élections et le changement du parti au pouvoir ne marque pas de véritable rupture, les Français demeurant très partagés sur la lecture de l’année 2012, mais on observe néanmoins une légère amélioration.
  • Les Français sont également un peu moins pessimistes que l’année dernière quant à l’avenir, sans pour autant que l’on revienne à une majorité se déclarant optimiste comme en 2009 et 2010. Ainsi, 49% des Français se déclarent optimistes pour eux et pour leurs proches lorsqu’ils envisagent l’année 2013 (+5 points) quand 50% se disent pessimistes (-5 points). Les personnes se déclarant « très pessimistes » sont cependant chaque année plus nombreuses, elles représentent cette année 10% de l’échantillon (+3 points) alors que les « très optimistes » ne constituent que 3% des personnes interrogées.
  • Si François Hollande et le Ministre du travail, Michel Sapin, ont déjà annoncé que le chômage risquait de s’accentuer au cours des douze prochains mois, les Français assignent néanmoins au gouvernement comme priorité absolue la lutte contre le chômage (84%, +7 points par rapport à 2011). Notons toutefois que seuls 11% des Français (+2 points) se montrent optimistes sur ce point. On observe également que les Français souhaitent que le gouvernement mette l’accent sur le système social (73%, +7 points), la croissance économique (70%, +13 points) et le pouvoir d’achat (69%, +4 points) mais cultivent peu d’espoirs de voir la situation s’améliorer dans ces différents domaines d’actions en 2013 (respectivement 17%, 15% et 14%, chiffres légèrement en hausse par rapport à l’année passée).
  • Notons que contrairement à la fin de l’année 2011, une courte majorité de Français se montre optimiste quant à la sauvegarde de l’Euro (52%, +11 points), la menace de la disparition de la monnaie unique semblant moins prégnante qu’il y a douze mois. Une proportion un peu plus forte de Français se déclare également optimiste quant à la construction européenne (38% +5 points). Autre progression à souligner : 40% des Français se déclarent optimistes sur l’évolution de la situation de l’école, soit 14 points de plus que l’année dernière. En revanche, ils sont moins nombreux à se dire optimistes sur l’environnement (31%, -5 points), la présence de représentants d’Europe Ecologie – Les Verts au gouvernement ne semblant pas suffire à rassurer sur ce point.

Dans le détail :

Un bilan 2012 mitigé, mais légèrement meilleur que celui de l’année 2011

En ce début de mandat de François Hollande, l’heure n’est pas à l’enthousiasme de la part des Français, mais on observe néanmoins une lecture un peu plus positive de l’année écoulée que pour 2011, et ce en dépit de la conjoncture économique morose et de la montée du chômage dans le pays. Ainsi, 52% des Français (+3 points) estiment que l’année 2012 a été pour eux une année positive, mais seulement 2% « très positive », quand 46% (-4 points) considèrent au contraire que cette année a été négative, dont 10% « très négative ». On n’observe donc guère de retournement des tendances, les Français demeurant très divisés sur la perception de leur situation et celle de leurs proches. Reste une lecture légèrement plus positive qui concerne toutes les catégories de population, et particulièrement les plus jeunes (68% chez les 18-24 ans, soit une hausse de 9 points et 63% chez les 25-34 ans, soit une hausse de 4 points).

 

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Notons que les électeurs de François Hollande au 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 sont 61% à dresser un tableau positif de leur année, contre 53% des électeurs de Nicolas Sarkozy, 49% des électeurs de François Bayrou, 46% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 45% des électeurs de Marine Le Pen.

Un pessimisme un peu moins répandu qu’en 2011, mais toujours davantage qu’en 2009 et 2010

On le voit, les Français, comme les années précédentes, sont partagés sur le bilan à tirer de l’année 2012. De même, ils hésitent sur le sentiment prédominant à l’orée de cette année 2013 : 49% (+5 points) se déclarent optimistes contre 50% (-5 points) pessimistes. Notons que seuls 3% font preuve d’un fort optimisme quand 10% se montrent très pessimistes. Ainsi, les sentiments sont un peu plus mitigés qu’en 2011, où le pessimisme prédominait, mais on ne retrouve pas pour autant les taux d’optimisme mesurés en 2009 (60%) ou en 2010 (53%).

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Le retour de la Gauche au pouvoir, quelques mois après, ne suscite visiblement pas de forts mouvements d’espoirs , tout au plus une vision un peu plus positive de l’avenir qui concerne surtout les plus jeunes : ainsi, 81% des 18-24 ans déclarent être optimistes pour 2013 (+12 points), tout comme 64% des 25-34 ans (+7 points). Notons que l’année dernière, c’était cette dernière tranche d’âge qui se montrait particulièrement touchée par le pessimisme ambiant, avec une baisse de 22 points sur l’optimisme. On assiste donc à un léger regain d’optimisme chez ces jeunes adultes, sans toutefois renouer avec les taux précédemment observés. Cette progression de l’optimisme concerne davantage les hommes (46%, +6 points) que les femmes, qui demeurent néanmoins plus optimistes que leurs homologues masculins (51%, +2 points), et davantage les Franciliens (51%, +7 points) que les habitants de province (48%, +3 points). Quant aux catégories supérieures, elles apparaissent de nouveau un peu plus optimistes que les catégories populaires (52% contre 49%), tout comme les plus diplômés par rapport aux peu ou pas diplômés (55% contre 37%), et les plus aisés par rapport aux ménages les plus modestes (60% contre 35%).

Enfin, si l’on s’intéresse aux réponses données à cette question en fonction du vote au 1er tour de la dernière élection présidentielle, on constate que, là encore, les électeurs de François Hollande se distinguent par un plus fort taux d’optimisme (58%) quand les électeurs du candidat de l’UMP (43%) ou de la candidate FN (37%) se montrent au contraire particulièrement pessimistes. A l’inverse, l’année dernière, 52% des sympathisants de Droite se déclaraient optimistes contre 43% des sympathisants de Gauche, les sympathisants frontistes faisant déjà état d’un pessimisme marqué (39%).

Si un quart (25%) des personnes qui indiquent avoir vécu une mauvaise année 2012 pour eux ou pour leurs proches se dit confiant à l’orée de 2013, 29% de ceux qui ont bénéficié d’une année 2012 positive craignent que cela ne soit plus le cas en 2013.

Les Français font du chômage, du système social, de la croissance économique, du pouvoir d’achat et des déficits publics les priorités du nouveau gouvernement, mais se montrent toujours près majoritairement pessimistes sur ces dossiers

 

Alors que la crise économique perdure, les Français assignent principalement au gouvernement, et dans des proportions de plus en plus élevées, les priorités suivantes : la lutte contre le chômage (84%, +7 points), la protection du système social (73%, +7 points), la croissance économique (70%, +13 points), la sauvegarde du pouvoir d’achat (69%, +4 points) ou encore la réduction des déficits publics et de la dette (68%, +5 points). Ces cinq dimensions sont les seules désignées comme prioritaires par plus de deux Français sur trois. Pourtant, peu croient possibles, en dépit du changement de majorité, des avancées concernant ces domaines en 2013. Ainsi, 11% se déclarent optimistes pour l’évolution du chômage en 2013 (soit seulement 2 points de plus que l’année dernière), 17% concernant le système social (+3 points), 15% concernant la croissance économique (stable), 14% concernant le pouvoir d’achat (+3 points) ou encore 18% concernant la réduction des déficits publics (+5 points).

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Ainsi, même les électeurs de François Hollande, et les personnes pourtant optimistes pour l’année 2013, ne semblent pas considérer le gouvernement en mesure d’agir sur ces priorités économiques, puisque moins d’un tiers d’entre eux se déclare optimistes sur ces points. Certes, les jeunes de moins de 25 ans se montrent un peu plus optimistes que leurs aînés sur ces questions, mais cela reste dans des proportions très minoritaires. Et les membres des catégories populaires se montrent particulièrement peu optimistes sur le front de l’emploi (8%) et en matière de protection sociale (12%).

 

La monnaie unique et la construction européenne suscitent un peu plus d’optimisme que fin 2011

 

Si les Français demeurent très inquiets sur les questions économiques, notons en revanche qu’ils sont moins nombreux cette année à craindre une disparition de l’euro. En effet, 52% se déclarent optimistes quant à la sauvegarde de la monnaie unique (contre 44% pessimistes), soit une proportion en hausse de 11 points par rapport à l’année dernière. Les jeunes de moins de 35 ans mais aussi les personnes âgées de 65 ans et plus sont les plus optimistes sur ce point. De même, la construction européenne est envisagée avec optimisme par 38% de la population, soit 5 points de plus que l’année dernière, les jeunes de 18 à 24 ans étant même près d’un sur deux (45%, +9 points) à se déclarer optimistes à son sujet.

Toutefois, notons que ces deux sujets ne constituent guère des priorités pour les Français, y compris chez les plus jeunes, avec respectivement 37% et 24% des répondants considérant qu’il devrait s’agir là de domaines d’action prioritaires pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Ces proportions chutent même à 27% et 12% chez les électeurs de Marine Le Pen. De fait, il s’agit par conséquent des deux seuls sujets, avec le nucléaire, où la proportion d’optimistes dépasse celle de personnes estimant qu’il s’agit là de sujets prioritaires.

 

Les Français se montrent plus optimistes pour l’école, le logement et la sécurité, mais moins pour l’environnement

Élément encourageant pour la majorité, 59% des Français désignent l’éducation et l’école comme un domaine d’action prioritaire du gouvernement et 40% indiquent être optimistes à ce sujet, soit une proportion en hausse de 14 points. Le Président François Hollande et le Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, qui ont fait de l’éducation une des priorités du nouveau gouvernement, semblent ainsi avoir suscité un certain regain d’optimisme à ce sujet, bien que le regard critique demeure majoritaire. Les jeunes de 18 à 24 ans (48%), les plus diplômés (46%) et les électeurs de François Hollande (57%) se montrent plus optimistes que la moyenne au sujet de l’école.

Notons que 54% des Français (+5 points) font du logement un domaine d’action prioritaire pour François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault quand 25% (+4 points) pensent que la situation va s’améliorer dans ce domaine en 2013. Dans le même temps, l’insécurité, qui devient de plus en plus un sujet de préoccupation pour les concitoyens (57%, +12 points), n’est pas davantage perçue comme un point faible du nouveau gouvernement que de l’ancien. Ainsi, 29% déclarent être optimistes quant à l’évolution de la situation en termes de sécurité en 2013, soit une proportion en hausse de 6 points par rapport à la mesure réalisée à la fin de l’année 2011. Ainsi, les proportions d’optimistes sont en légère progression sur ces deux dimensions par rapport à la précédente enquête, mais nuançons cette tendance positive par le fait qu’elles demeurent très minoritaires.

De plus, en dépit de la présence de ministres écologistes au gouvernement, les Français se montrent très majoritairement pessimistes sur les questions environnementales, et ce encore plus qu’en 2011. Ainsi, on note une progression de ces sujets dans l’opinion en tant que priorités du gouvernement mais une baisse de la croyance dans des avancées possibles. 33% (+5 points) désignent l’environnement et l’écologie comme un domaine d’action qui devrait être prioritaire pour le gouvernement, mais seuls 31% (-5 points) se déclarent optimistes sur ce point pour 2013. De même, 19% désignent le nucléaire comme une priorité du nouveau gouvernement, soit une proportion en hausse de deux points par rapport à l’année dernière, mais ils sont un peu moins nombreux à être optimistes à ce sujet (39%, -4 points). Notons que les jeunes de 25 à 34 ans et les membres des catégories supérieures sont un peu plus optimistes sur la question environnementale que la moyenne de la population, alors qu’au contraire, les 18-24 ans se montrent peu optimistes pour l’environnement, en recul par rapport à la précédente enquête. Quant aux électeurs d’Eva Joly au 1er tour de l’élection présidentielle, ils se montrent particulièrement pessimistes à la fois sur le nucléaire (19%) mais aussi plus largement sur l’environnement (23%), signe que la présence de certains représentants d’Europe Ecologie Les Verts au gouvernement ne les rassurent pas sur ces dimensions.

 

Les questions sociétales figurent au « second plan » des préoccupations

Enfin, notons que les questions sociétales sont d’une importance toute relative aux yeux des Français par rapport au poids des inquiétudes économiques. Alors même que l’interrogation ne mettait pas en concurrence les différentes dimensions mais offrait la possibilité aux interviewés de se positionner sur chacune d’entre elles et donc potentiellement de toutes les désigner comme prioritaires, on note bien la distanciation des Français par rapport à différents dossiers sur lesquels s’est positionnée ou interrogée la nouvelle majorité. Ainsi, les Français ne font guère de l’autorisation de l’euthanasie active (20% et 47%), du mariage (9% et 24%) ou de l’adoption (8% et 23%) pour les couples homosexuels ou encore du droit de vote des étrangers (3% et 21%) des dossiers prioritaires ou même importants du gouvernement. Même les plus jeunes, certes un peu plus nombreux à désigner le mariage et l’adoption pour les homosexuels comme des priorités, relèguent ces aspects au deuxième plan, loin derrière les actions économiques. On constate donc un contraste fort entre l’exposition médiatique soutenue dont ont bénéficié les débats politiques sur ces différents sujets, et l’importante très mesurée que les Français y attribuent.

En outre, les Français sont un peu moins préoccupés par les inégalités sociales (47%, -5 points) même s’ils sont un peu plus optimistes à ce sujet (17%, +6 points). Même les électeurs de François Hollande, qui les désignent pourtant comme un domaine d’action prioritaire (65%), ne sont qu’un quart à croire que les inégalités vont se réduire dans le courant des douze prochains mois.

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La note détaillée

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